I>ES SARRASINS
El 8I0ILE.
SOOAIRE :
USdleen 82*7. — Aperçu général.— Michel-le-Bègue, empereur d^Oricnt» ' donne \e commandement des arroérs en Sicile à Euphéinius. — Euphéimuseràîivc uiiejeune fille appelée Omoniza. — Condamnation du général grec— Il se révolte, s^échappe de la Sicile avec les siens et se rend en Afrique. — Il propose aux Sarrasins d'envahir la Sicile. — Débarquemenl des Sarrasins en Sicile. — Défaite de Platta. — Siège de Syracuse. -Eupbémias assassiné. — Prise de Païenne. — L'empereur envoie le Patrice Âdrianus au secours de Syracuse. — Prise de Syracuse. — Horrible famine. — - Cruautés des Sarrasins. — Lettre du moine Théodose. - Domination des Sarrasins. — Divisions intestines. — Lutte des émirs siciliens avec les califes d'Afrique. — Résumé rapide.
Nous passerons aussi rapidement qu'il nous sera possible sur l'invasion des Sarrasins en Sicile, parcourant à vol ^d'oiseau leur domination sur cette ile, qui ne commença réellement qu'en 879 ; nous nous arrêterons à l'an 1038, lors de la première apparition des Normands en ce pays, époque à laquelle commence cette histoire.
HI^TQ^IIK I>K i^A SICILE. (827. — 1039.) 8
plqsque n'avaient pu faire leqrs armées pendant les siècles précéiients.
Sans adopter îeî , corame réelle , toutps les fables plus ou moins dramatiques inventées et écrites surEuphémîus, ou JEutifmius ainsi que l'appellent quelques Uîstpriens ; nous rapportons le fait fç| qu'il est cQpsîgné dans plusieurs écrits authentiques, aTec tous ses détails, parce qu'il nous a paru d'aborfj porter le cacliet énergique de cette époqqe, et ensuite parce que ce fait, si peu important qu'jl paraisse en lui-même, acquiert pour Thistorien ijn grand poids par ses conséquences et se$ résultat^ immédiats, qv|i furept Tinvasion des Barbares et leui domination sur la Sicile.
Ea 827, Mîcbel-Je-Bègpe jetait pmpereur ^'Qrient; le cpraïpa?^dement deç ^rméfBs eij Sicile av^t été donné à Mp général appelé Euphémi^3. Qq^îqu'issu d'une noble famille de la Qfpce, c'était un homme de mœurs çpmmunes et J)asses, sft rapprochant de la niauv^ise partie du peuple par SjÇ^ goûts et ses pencbant$ ; brave çol.dat, cppipap prps: que tous Tétaient à cette époque où la vie de chapun était Tenj eu nécessaire de cette pj^rtie sanglante qui sejoiuait chaque jonr-IJ gc prit de grande passion
pour une jeune fille (l'anonyme salernîtain l'appelle Omoniza) ; pour elle, il adoucit ses mœurs rudes et sauvages;ramourrérélaàcecœurblaséparlaguerre, le sang et la débauche, ces nobles trésors qui relèvent l'homme presque à son insu , quelque bas qu'il soit tombé en lui-même. Il demanda la jeune fille pour son épouse ; elle lui fut accordée. Quelque temps après, malgré la promesse solennelle faîte à Euphémius, la jeune Omoniza fut promise aussi à un autre.
Furieux d'un tel affront, le général grec se rendit la nuit près du monastère où l'on avait enfermé sa fiancée, et après avoir pris toutes ses mesures pour que nul ne pût le surprendre ou l'arrêter en ses desseins , aidé de gens à lui, il escalada le monastère et pénétra dans la cellule de la jeune fille.
Le lendemain on trouva vide la cellule de la jeune Syracusaine.
Ce fut pour le monastère un scandale terrible qui se répandit d'échos en échos par toute la ville, et ne s'arrêta qu'à la porte de la maison où demeuraient les frères de la jeune Omoniza.
Tous deux se regardèrent d'abord sans pouvoir prononcer une parole; chacun des deux semblait
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atteodre le premier mot qui sortirait de la bouche de son frère ; car nî Fun ni l'autre n ctait écrase comme on l'est d'ordinaire à l'annonce d'un grand malheur; ils avaient la tête haute , les joues pâles, mais le regard fier.
L'ainé des deux se leva tout-à-coup par un mou- Tement brusque :
• Frère, dit-il, nous aurons justice si Dieu est Dieu 5 et s'il regarde du haut du ciel ce qui se fait sur la terre. »
Puis obéissant à la même pensée, tous deux prirent leurs épées et sortirent ; mais ils ne purent rencontrer Euphémîus. Alors ils s'embarquèrent et allèrent à Constantinople demander justice à l'empereur.
Michel-le-Bègue les accueillit très-favorablement; et sans se souvenir que celui contre lequel il voulait sévir était le commandant en chef de ses armées en Sicile, qu'il était un rude et audacieux homme de guerre , il ordonna qu'Euphémius fût arrêté, qu'il eût le nez coupé, et qu'il fût ainsi conto pieds nus par toutes les rues de Syracuse pour servir à tous d'exemple public.
Euphémius n'attendit pas rexécution de ce ter-
B knSTOIRE DE LÀ SICILE. (827. ^ 1Ô38.]
Hble arrêt, et passa en Afrique arec tous ceux qu'il put téunîr autour de lui (i).
Un historien du temps raconte qu'avant son départ pbur l'Afrique , Euphéinius tenta une révolte en Sicile et défit le patricien Fotînu^ , gouverhfeuir de cette île. Uii aventurier italien, du nom de Flatta , s'était joint à lui ; mais la discorde vint bientôt se placer entre etix d'eux, et eti faire deux ennemis implacable^, deux rivaux acharnés.
Les Sarrasins éblouis par les belles promesses dii général grec, entraînés surtout par la pensée depiiendre pied en Sicile, résolurent une expéditioii à la tête de laquelle sç mit l'émir. — Ce fut le signal de nouveaux combats , de nouvelles luttes , et la Sicile sévit encore rejetée dans un abîme de guerres interminables. Son énergie ne lui fit pas faute. Elle combattit comme elle avait toujours combattu. — Noble et rare courage! car de quelque côté que vînt la victoire ou la défaite^ une domination étrangère devait peser sur elle. Dans aucun cas l'indépendance, ce puissant levier pour les
(1) Muratori, — ^Eufcmio co'suoifamigli slmbarcô e portatoin Africa|tante speraDze diede a quel re niaomettano délia conquista délia Sicilia, che in fàtto botidussie qde' baitari bolà.
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nations comme pour les hommes. Le souvenir du passé enseveli sous la poussière des morts, mais non pas oublié , lui disait ce que serait pour eDe le présent , et ce que devait être l'avenir ; et cepeiH dantelle combattait, car ses enfants avaient le cœur grand et fort.
Le premier acte des Sarrasins , lors de leur débarquenoent en Sicile, fut la défaite de Platta qui avait entraîné dans son parti une forte portion de la Sicile* Sans ressources et sans espoir, cet aventurier se retira à Castro Giovanni (Kafariana), puis ensuite enCalabre où il trouva la mort. Les sarrasins continuèrent leur invasion. Déjà ils avaient appris à se méfier d'Euphémius : traître à son pays. Grec combattant les armées grecques, il n'inspirait aucune confiance à 1 émir qui le tenait avec soin à l'écart. Eupbémius ne tarda pas à s'apercevoir de la mauvaise disposition du chef sarrasin à soû égard , et n'osant pas se déclarer ouvertement contre lui, il méiitaît dqà une nouvelle trahison, engageait secrètement les Syracusains à se défendre vigoureusement, et leur en facilitait les moyens.
Une nouvelle armée grecque fut envoyée contre es infidèles. Dès-lors l'invasion sarirasine fit des pra-
grès immenses ; les barbares s'emparèrent de plusieurs villes, laissant à cbacun de leurs pas les traces de la plus sanglante cruauté ; puis ils vinrent assiéger Syracuse. C'était devant cette ville que le sort réservé aux traîtres attendait Euphémius (1).
Le siège durait depuis quelque temps, lorsqu'un matin^ aux premières clartés du jour naissant, on vit un groupe d'hommes sortir de Syracuse; la petite troupe marchait lentement, sans armes, la tête penchée sur la poitrine en signe de désolation ; ils arrivèrent ainsi aux avant-postes : là , avec toutes les marques de la plus grande soumission et du plus profond respect, ils demandèrent à parler au général Euphémius. On les accompagna jusqu'à sa tente. Au moment d'entrer, deux d'entre eux qui paraissaient être les chefs se séparèrent du groupe et furent bientôt introduits devant Euphémius , qui était nonchalamment étendu sur un tapis, et qu'entourait (dit la chronique) comme un voile, la fumée odorante des parfums d'Orient.
A la vue des envoyés de Syracuse , son cœur am-
(1) Quelques chroniques indiquent Castrogiovanni au lieu de Syraâtue, mais Novairo, Malaterra , Gregorio disent que les Uisloricns byzantins font passer ce fait à Syracuse»
bilieux bondit de joie et d'orgueil. — D'un geste, il congédia les soldats qui étaient dans sa tente, et fit signe aux Syracusaîns qu'ils pouvaient lui expliquer le motif de leur visite. Ceux-ci s'inclinèrent jusqu'à terre, s'agenouillèrent tous deux sur le bord du tapis en croisant leurs mains sur leur poitrine ; et appelant Euphémius empereur de la Sicile, le sui>plièrent, au nom de la ville éplorée, d'avoir pitié de ses habitants , de les secourir et de les protéger ; puis , tout-à-coup et avant qu'Euphémius eût pu faire un seul mouvement, ils s'élancèrent sur lui, et pendant qu'un des deux étouffait ses cris, l'autre, le saisissant par les cheveux, lui coupa la tête.
Euphémius ne poussa qu'un gémissement sourd, inarticulé ; et les deux hommes, cachant sous leurs vêtements la tête ensanglantée et les armes dont ils s'étaient servis, quittèrent la tente et s'éloignèrent rapidement du camp des Grecs avec leurs compagnons.
Ce fut le signal d'une résistance désespérée , et pendant près d'un demi-siècle, les nouveaux conquérants se virent disputer le terrain pied à pied.
Palerme (Balirmu) tomba au pouvoir des Sarrasins en 832 et devint le centre de leurs opérations. Suc-
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cessîvement et les années suivantes, les villes les plus importantes ouvrirent leurs portes aux Sarrasins. — Syracuse (Sarkusa) et Taormine (Tauromana) restaient pour ainsi dire seules au pouvoir de l'empereur d'Orient. — La première de ces villes fit une défense héroïque, et préféra les plus horribles tourments à la pensée de se rendre aux Sarrasins. L'empereur, voyant lui échapper ce dernier débri de sa souveraineté en Sicile, envoya le patricien Adrianus à la tête d'une flotte puissante ; mais Adrianus, frappé de terreur par les récits de l'invasion toujours croissante des infidèles, se réfugia dans le port de Geracus dans le Péloponèse et n'osa pas en sortir.
Pendant ce temps, les Syracusains se défendaient avec un courage admirable, quoique le nombre des assiégeants fut cent fois supérieur à celui des assiégés.
Il est impossible de rien trouver de plus dramatique et de pins douloureux à lire que la relation du moine Thcodose , écrite à Léon , archidiacre de la ville de Palerme , du fond de la prison où il avait été jeté après la prise de Syracuse. Aussi nous en rapportons ici textuellement les principaux passa-
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ges, en cherc liant à laisser dans la traduction la triste naïveté du récit (1).
«Nous avons été vaincus, mais après un grand «nombre d'assauts nocturnes et d'embûches de la tpart de nos enneonis ; après avoir eu nos murailles «ébranlées tonte la journée par des machines dres- «sées contre elles ; après un orage terrible de pierres «lancées contre nos forteresses; après les coups re- « doublés de ces inventions à tête de tortue, destruc- «tiondes villes, et des travaux que Ton a])pellesou- «terrains: car ceux qui étaient chargés du siège «n^oubliaient rien de ce qu'ils croyaient favorable à Ueur entreprise, et, enflammés dudésirde s'empa- « rer de la ville, ils combattaient avec une opiniâtreté « acharnée.
«Après avoir souffert avec résignation la faim • pendant plusieurs jours, en ne vivant que d'herbes; « après nous être nourris, par le manque de toute «chose, de ce qu'il y a de plus repoussant, nous en
(1) Historia Theodosii monachi Epistola ad Leonem archidiaconam de S)Tacusanae urbis expugnalioiic. — Garusii bibliolhcca. Hisloria Sicilix. Voir pour le texte i les noies à la fia du volume , N" 1,
• fûmes réduits (chose horrible à couvrir d'un oter-
• ne! silence) à manger des enfants, n'ayant pas hor-
• reur de nous alimenter de là chair humaine. Spec-
• tacle épouvantable ! Mais qui pourra rapporter
• avec dignité ces scènes effroyables? Nous ne nous
• étions point abstenus avant cela du cuir et de la « peau des buffles, cherchant tout ce qui semblait de- « voir apporter quelque soulagement à une faim dé- «vorante; et nous préparions comme un repas « splendide des débris d'os rongés , nourriture «étrange et répugnante au reste des mortels (à « quoi la faim , portée à ses dernières limites , ne « pousse-t-elle pas les humains!)
•Plusieurs d'entre nous écrasaient les os des bê- « tes et les mêlaient avec de l'eau que nous four- « nissait en abondance la fontaine d'Aréthuse ; « c'était avec cela que des hommes aussi misérables « étaient obligés d'apaiser leur faim. — Une petite « mesure de blé coûtait déjà cent cinquante et même « deux cents écus d'or. — Une bête de somme se « vendait trois cents écus d'or, et parfois quinze et « vingt écus une seule tête de cheval. La chair de « l'àne faisait nos délices.
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iCequi arriva de plus affreux , c'est que la fa- •mine fut suivie par la peste (horrible douleur!) et iparlamaladie du f^ï^zw^s, ainsi appelée à cause de lia contraction des nerfs ; cette maladie surtout fai-
• saitde nombreuses victimes. A quelques-uns, un
• coup d'apoplexie paralysait une partie du corps;
id'aulres moiaraîent tout-à-coup: et il y en avait
«qui, surpris par ce même mal , étaient privés de
«tout mouvement. D'autres encore, enflés comme
«des outres, présentaient aux regards un spectacle
«horrible, jusqu'à ce que la mort les enlevât : car
«elleaussi obéissait au commandement divin, et par
«ce commandement s'arrêlait en chemin et ne déli-
«™tque lentement les malheureux de leurs horri-
«bles tourments.
«Après la prise de Syracuse, le préfet de la ville, « patricien distingué, s'était enfermé dans une forte- «resse,il fut pris vivant avec soixante-dix hommes, «et huit jours après , fut mis à mort. Il supporta «son supplice avec une force et un courage sublime, «ne laissant pas apercevoir le plus léger indice «de crainte ; il ne lui échappa rien d'indigne de son •caractère.
« Cela ne doit en rien étonner, puisqu'aucune « proposition, aucun pacte ne purent Tamener à tfa- « hir la cause de la ville , pour l'intérêt de sa sûfeté « personnelle. Quoique plusieurs d'entre lesSyracu- « sains ne se contentassent pas seulement d'approu- « ver ce dessein, mais voulussent même y aider, il • préféra mourir avec honneur, afin de veiller sur « le salut de ceux qui étaient avec lui, et à l'exemple « du Christ, offrir la tête d'un seul pour la rédemp- « tion de tous, plutôt que de concevoir une pensée «indigne de sa noblesse. L'allégresse avec laquelle a il subit son supplice excita une grande admiration « même sur celui qui était l'auteur de sa mort.
« Je ne dois pas non plus passer sous silence les « jcruautés barbares exercées contre Nicêtus ; « guerrier très-instruit dans l'art militaire et d'un « grand courage. Pendant tout le temps qu'avait « duré le siège, il avait vomi chaque jour de gran- « des imprécations contre Mahomet, respecté par «toute cette nation, comme le plus grand pro- « phète. Lorsque les bourreaux retendirent à terre, <f il dit seulement ces mots : « Seigneur, j'implore « ta clémence ! » Us ccorchèrent le malheureux
HISTOIRE PE LA SICILE. (827. — iOaS.) i5
t depuis le haut de la poitrine jusqu'à la fin du f corps ; ils lui déchirèrent, en plusieurs fois, les en- I trailles par morceaux, et, après avoir arraché avec f leurs mains le cœur de cet homme qui respirait en- I çore, ils le déchirèrent avec leurs dents plus que «cruellement ;puis, ils le jetèrent à terre, Técrasè- «rent à coups de pierres et enfin rassasiés, Taban- I donnèrent.
«Dans la même prison furent jetés et mêlés avec «nous des Éthiopiens , des Hébreux, des Lombards « et aussi des chrétiens de différents pays , parmi «lesquels se trouvait Tévêque de Melito , homme «très-saint, enchaîné aux deux pieds avec des « ferrements.
« Et toi, ô mon cher et vénérable chef, rappelle- « toi ton pauvre Théodose, rends le Seigneurclément « et favorable, pour qu'il apaise tous ces orages, qu'il « les écrase, qu'il les anéantisse et qu'il change notre « captivité, stVw^ torrens in austro. Ainsi soit-il! »
Ce fut le dernier coup de hache qui sépara l'empire d'Orient de la Sicile, ce fut le dernier gémissement de cette lutte acharnée , et les vainqueurs , devenus bourreaux, ne ménagèrent ni le S3pg ni
les tortures. Les vautours d'Afrique enveloppaient cette pauvre île de leurs serres cruelles. — Tout était dit pour elle.
Ce fut donc en 879 que s'établit définitivement en Sicile la domination des Sarrasins ; mais la cruauté des oppresseurs ne pouvait être soufferte avec résignation, ce furent des révoltes sans cesse renaissantes, des efforts infructueux, du sang versé, des forteresses rasées, des villes détruites. — Ainsi les habitants de Girgenti (G iargent a) emportent sur les Sarrasins une victoire signalée ; mais bientôt, assiégés eux-mêmes, ils se rendent à la condition de conserver la vie sauve ; la population , dispersée, erre au loin sur le flanc des montagnes et le long des rives de la mer, les chefs de la révolte sont pris, embarqués, dit-on, pour l'Afrique; mais en pleine mer, le bâtiment s'entrouvre, et tous périssent.
Puis ensuite vinrent les divisions intestines entre les Sarrasins eux-mêmes , les tentatives nouvelles des empereurs d'Orient , la lutte de l'émir sicilien avec les califes d'Afrique, jusqu'au jour où les Normands, débarquant en Sicile , changèrent la face
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des choses, et renversèrent la balance des partis rivaux par le seul poids de leur épée.
Là se termine cette période dont nous n'a- TODS voulu esquisser que les traits principaux.
Quelque triste, quelqu'orageuse et bouleversée qu'ait été dans le passé la destinée du peuple sicilien, quelque terribles et douloureuses que dussent être les épreuves cachées dans l'avenir, cette domination des Barbares doit justement passer pour la plus cruelle et la plus sanglante. — Domination aveugle et sanguinaire que ne venait point éclairer et adoucir le christianisme.
Us laisseront toujours des sillons néfastes dans le champ du passé ceux qui n'auront point pour marcher devant eux et avec eux la religion, ce flambeau des peuples, ce frein redoutable et éternel des passions, qui a conservé dans les siècles au milieu des tempêtes humaines, des crimes et des impiétés, son éclat pur et splendide.