‹ Histoire de la Sicile sous la domination des NormandsChapitre 32 sur 49 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

SOnUIRE:

i duc Roger ordonne de grandes réjouissances publiques en l'honneur de la miraculeuse translation du corps de sainte Agathe. — 11 fait une levée de troupes considérables. — « Appelle à lui tous ses partisans. — Destruction du château fort d'Humfroy. — - Le duc envahit tour à tour les principautés de Tarente et d'Otrante. — Siège de Brindisi. •» Défense désespérée des habitants. ^^ Roger ranime le courage abattu de ses troupes. — Prise de la ville. — Générosité du duc Roger. — Reddition d'un grand nombre de places fortes. — Le Pape, à la nouvelle des succès du duc Roger, lève une armée considérable et marche à sa rencontre. •» Nouvelle ambassade du duc au souverain Pontife. — Les deux armées se trouvent en présence. — Roger évite de livrer bataille. — 11 fatigue l'armée pontificale par des marches continuelles. — Maladies et désordre dans l'armée du souverain Pontife. — Honorius , voyant la défection qui se prépare , envoie en secret de« ambassadeurs au duc Roger. — 11 consent à reconnaître Roger duc de Pouille. — Mécontentement des partisans du souverain Pontife. — Entrevue du Pape et du duc Roger devant la ville de Bénévent. ^^ Le duc reçoit l'investiture du duché de Pouille. — La ville de Troïa refuse de prêter serment de fidélité. — Siège de cette ville. — Sa résistance. — Roger est forcé de lever le siège. — Il retourne à Saleme. — S'embarque pour la Sicile. — Grande joie que cause son retour. — * H retourne en Pouille où de nouvelles séditions se sont déclarées. — Il marche sur Brindisi , principal foyer de la révolte. — 11 renonce à s'en rendre maître. — Prise et destruction de Castrum, — - Défec-

tiun (le Robert de Grant-Ménil devant Monte- Alto, — Celte place be rend au duc ainsi que d^ autres. — Le comte Tancrède de GoQversano, Grimoatde, prince de Bari, et Geoffroy, comte d'Andria, sesoaroetteDt successivemeot à Roger. — Celui-ci leur ordonne de raccompagner an siège de Troïa. — Conslemation des habitants de celte ville. — Ils appellent à leur secours Robert, prince de Capcue. — Robert refuse. - Ranulphe jure de défendre la ville contre le duc Roger. — Celui-ci, apprenant la résolution de Ranulphe, le menace de dévaster ses domaioes.

— Ranulphe abandonne Troïa et se soumet au duc. — Siège de Troia.

— Cette ville se rend. «^ Injuste oppression des hauts barons de la Pouille sur leurs vassaux. — Assemblée solennelle à Amalfî. - Discours de Roger. — Projet d'une organisation intérieure régulièrement établie.

— Serment des barons réunis. — Retour de Roger en Sicile- — Déloyaulé du seigneur de Grant-Ménil. — « âa rébellion. — Roger passe le détroit, marche contre Grant-Ménil et lui fait déposer les armes. — Il réclame des Saler nitains la remise de leur eittdeUe. - Refus de ceui*^.- Ro^r s'en eoipare psr la forée. — RaTage sur les terres de comte d^Oriaae. — Soumistion de oe seigneur. ^ Roger fait élever des citadelles dans Troia et Aaialli. -^ Bohéroood étant mort sans héritier mâle, k duc rêve la posêeisioa de la prindpsttté d'Amioehe. — RaimMdf comte de Poitou, loi eit préféré. — Position brillante du nouveau dae de Pouille an milien des souveraiiis de f Europe. — Ses grandes riebeises.

— Roger envie la oouronne royale. -^ Premier conseil teno à Païenne. •« Les hsTOOS de Sietle engsgent le duc Roger à prendre le titre de roi.

— Second ooaseil pour le coiironMoient de Roger tenu à Saleme. - Dissentiment des historiens — Deux covromenients. *- Chrooiqae de saint Éhemiê du B^U. •— Mort d'HoDorius. — Schisme de YÊ^ne. - Le Pape et l'antipape. •«- Roger prend parti pcmr Anaclet. ^-^ Entrevue entre le dvo et l'antifMipe. *~ Troisième conseii tenu à Païenne. - Bref pontifical* -«- CérénoBies du eour«iBBeinént. — Gortége royal, fêtes publiques. — Grande pompe déployée par Roger. — Le prince de Capoae lui met la eourenne sur la tête. -*- Chapelle de tmc9rmÊta. - Intérieur du palais. — Palerme , résidence royale.

Le duc Roger était trop habile politique, il sav^t surtout trop bieu tirer parti de& moindres évé

ueinents pour ne point profiter de ce hasard miraculeux qui venait à son aide, et relevait l'énergie de ses soldats en ranimant la confiance. La terreur avait disparu , les parolas foudroyantes du souverain Pontife étaient effacées par le corps de la martyre sainte , dont les restes précieux étaient rendues à la Sicile chrétienne. — Le Pape avait jeté Tanathème sur la terre, mais Dieu avait pardonné dans le ciel.

Aussi le duc ordonna-t-il de grandes réjouis* sances publiques et fit dire des messes solennelles pour rendre grâce au Tout-Puissant de ce bonheur inespéré; profitant avec adresse du premier mouvement d^ enthousiasme, il fit des levées de troupes considérables pendant tout Thiver, et, dès que la saison le lui permit, il passa le détroit avec une armée plus puissante et plus nombreuse qu'il n'en avait jamais eu.

Tous les barons siciliens, sans exception y se rendirent à l'appel de leur duc et celui-ci leur adjoignit un corps de mercenaires qu'il tenait à sa solde. Lorsqu'il fut arrivé en Calabre, comme duc de Pouille et de Calabre, il fit sommer les barons de ces deux contrées de venir se joindre à lui avec

2m HISTOIRE DE LA SICILE (11)7).

« tre ; celui-ci la donna avec grand respect à Vévê' « que y et Ton comprit ainsi que cette mamelle était (« celle de sainte Agathe , yierge glorieuse et mar- « tyre.

« Alors le prêtre, avec la permission de Févêque, K fit de sa maison une église en honneur de sainte M Agathe, et là, servant sous l'habit de moine, il u y termina très-saintement ses jours

« Dès que les membres de la vierge furent déa posés dans le cercueil , Gislebert et Gosselin re- « montèrent sur un navire et arrivèrent en peu de « temps en Sicile. * — Mais avant de poursuivre notre « récit, disons quelques mots sur le lieu oi^ ils « abordèrent.

« Là, se trouve Messine, ville remarquable par « ses édifices, insigne par ses richesses, et qui « est à juste titre à la tête de toute la province. « C'est dans cette ville que les hommes dont nous a avons perlé, arrivèrent, portant les reliques de la « très-heureuse vierge Agathe ; ils s'y arrêtèrent « trois jours , mais Gislebert désirant au plus vite « l'accomplissement de sa mission sainte , suivit « une idée salutaire. Il laissa à Messine, sousla

triste sort du château d'Humfroy enseveli sous un monceau de ruines ; et sentirent ^ sinon leur foi , du moins leur courage y chanceler devant cette destruction totale qui les menaçait. — Ils envoyèrent alors au duc Roger des ambassadeurs choisis parmi les premiers citoyens, pour lui faire des offres de capitulation et de paix. Le duc était loin de vouloir employer contre tous une inflexible rigueur : s'il avait ainsi démantelé le château d'Humfroy, c'était pour montrer le sort réservé à tous ceux qui accepteraient la lutte contre lui et refuseraient de se soumettre à sa domination. 11 reçut les envoyés avec une grande bienveillance , leur accorda tout ce qu'ils demandaient, et entra en protecteur plutôt qu'en ennemi dans ces deux principautés ; mais à son départ il laissa une forte garnison pour s'assurer de leur fidélité dans l'avenir.

. De là il marcha sans retard sur Brindisi, qui appartenait à Tancrède de Conversano.

Ce fut dans Brindisi une cruelle agitation lorsque l'on sut l'approche du duc. Les vieillards les plus sages de la ville se réunirent en conseil et , en face des grandes calamités qui menaçaient tous les citoyens , ils proposèrent de se rendre au nou-

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