‹ Histoire de la Sicile sous la domination des NormandsChapitre 35 sur 49 · II · texte numérisé non relu

II

ire qui célébrait en ce moment la messe , espérant trouver le salut à Tabri de sa toge sacrée. Mais la furie des rebelles allait jusqu'à la démence; ils le percèrent de coups nombreux^ traînèrent hors du palais son corps ensanglanté, le garrottèrent et le promenèrent ainsi par toute la ville $ au milieu du peuple qui mutilait le cadavre à coups de pierres (1). Le Pape, à cette nouvelle ^ menaça les Bénéventins d'un terrible châtiment ; ceui-ci, pleins de repentir, envoyèrent au Saintr-Père une ambassade, qui rejetait cette action cruelle Bur quelques rebelles insensés, et demandait pour la ville un nouveau gouverneur. — • Le Pape usa de miséricorde; mais Tannée suivante, étant venu à Bénévent, il imposa aux habitants plusieurs obligations auxquels ceux-ci se refusèrent.

Le duc, fidèle à ses engagements envers le souverain Pontife , marcha contre les Bénéventins à la tète d'une troupe nombreuse, et les contraignit

(I) Falcon. Benev. Chroo. — F> lOô. -— Aaao 1 128.

Ille in capella palatii fugit, et ibi se occultans infra pedes Joannispresbjteri , qui ibi messam tune celebrabat , se abscondit, sed evadere non potoit- Ibi vero cuUris percussus est et foris educius de palalio illo projicitar, et pcdibus ejus funem ligaverunt, sicque per civitatis plateam usqueadCarnariam sancti Laurentii , heu miser ! laptdtbns obrutus prodactot Mt

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ft obéir aux ordres pontificaux. — Aussitôt après, il retourna en Sicile.

Le seigneur de Grant-Ménil ne justifia que trop les soupçons du duc , car à peine celui-ci eut-il quitté la Fouille, que ce gentilhomme déloyal, oubliant ses promesses sacrées, prit les armes et s'empara d'Orgeolum et de Castrovilla. Le duc, furieux, repassa aussitôt le détroit, car la moindre rébellion qui n'eût pas été immédiatement étouffée avec énergie, pouvait devenir la première étincelle d'un immense incendie. Patient dans sa conquête, résolu dans sa volonté, il marcha contre le baron rebelle et le força bientôt à mettre bas les armes. — La Pouille était presque entièrement soumise; mais les habitants de Sa^ lerne avaient conservé la possession de leur citadelle, point important en cas de révolte; et le comte d'Oriane refusait toujours de rendre hommage au duc. Roger ne voulut pas, cette fois, retourner en Sicile avant d'avoir entièrement achevé sa conquête. Il se rendit donc immédiatement à Salerne et somma les habitants de lui rendre la citadelle qu'ils avaient en leur pouvoir. Ceux-ci voulurent résister, car cette cita-

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des armes invincibles ; de Tautre y il avait montré aux barons de la Fouille , habitués aux gouyernements faibles du duc Roger et de son fils le duc Guillaume 9 qu'il combattrait avec fermeté les séditieux, et se maintiendrait énergiquement dans les droits et privilèges de sa nouvelle possession.

Cette investiture authentique du duché de la Fouille par le saint-siége divisa ce pays en deux camps. — Un grand nombre de villes qui , par respect seul pour l'Église, avaient refusé de se soumettre au duc publiquement excommunié par Vévêque des chrétiens^ offrirent leur hommage et s'attachèrent immédiatement à lui ; d'autres se plaignirent hautement d'avoir été abandonnées par le Fape , et refusèrent de prêter serment à Roger. Farmi ces dernières , une des plus importantes était la ville de Troïa; le duc marcha aussitôt contre elle; mais les habitants qui s'attendaient à son arrivée , avaient élevé de nouvelles tours cl fortifié leurs murailles d'une façon redoutable. Aussi, loin d'être émus de crainte à l'approche du duc, ils se préparèrent à une vigoureuse résistance. Roger attaqua la place; mais, malgré tous ses efforts, la défense était si régulièrement

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seulement il lui fit hommage de toutes ses terres , comme duc de Fouille, mais il lui donna comme propriété pei^sonnelle, Paduhim et Montefosco.

Le duc accepta la soumission du comte et lui rendit la possession de ses domaines.

Pendant cette courte expédition Troïa s^ était de nouveau révoltée ; le duc s'y porta en toute hâte ; il se rendit bientôt maître de celle nouvelle sédition, . et, pour contenir dans le devoir cette ville portée à la révolte, il fit relever la citadelle abattue depuis la mort du duc Guillaume, et y laissa une importante garnison. — il fit de même pour la ville d'Âmalfi.

Une seconde fois le duc rattachait la Fouille à sa domination, et faisait rentrer les vassaux insoumis sous les lois de Tobéissance. Toutes les villes révoltées avaient été réduites , les barons avaient de nouveau courbé la tête devant lui ; mais Robert , prince de Capoue, tout en refusant de venir en aide aux rebelles de Troïa, ne s'était pas encore attaché au nouveau duc par un serment de fidélité, — Lui seul, dans le duché de Fouille, portait le titre de prince, et il réunissait sous ses lois la plus grande étendue de domaine.

splendeur future d'un royaume ne s'achètent que par les rudes travaux et les luttes incessantes du présent. 11 est donc important de suivre le duc Roger dans toutes ses expéditions , afin d assigter^ pour ainsi dire, à la création de ce royaume , qui devint Tapanage des rois de Sicile.

Pendant tout l'hiver , Roger s'occupa à mettre sur pied de nouvelles troupes , car, dès son retour en Sicile , la Fouille avait été le théâtre de séditions; le comte Tancrède de Conversano avait repris Brindisi et plusieurs autres villes dont s'étaient emparées les armes triomphantes de Roger.

L'approche de la mauvaise saison empêcha le duc de marcher immédiatement contre les révoltés; mais, aussitôt qu'il le put, ne voulant pas laisser cette défection s'étendre et par conséquent se créer de nouvelles forces , il traversa le phare et se porta directement sur Brindisi, siège de la révolte. — Fidèle à son système de réprimer Tinsolence des vassaux par l'énergie et la terreur) il résolut de détruire cette ville de fond en comble. Elle avait déjà trop de fois violé ses serments, ud grand exemple était nécessaire pour arrêter lae défections futures ; aussi les habitants de Brindiii

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de Fouille. Il envoya des ambassadeurs ; mais ses prétentions furent repoussées énergiquement. Les sujets de Bohémond ne voyaient dans Roger qu^un ambitieux conquérant, qui cherchait à jeter par toute l'Europe, dans l'Orient et dans TOccident, les racines de sa domination; et, loin d'écouter ses demandes ) ils députèrent ceux qui tenaient parmi eux le rang le plus illustre, vers Raimond, comte de Poitou, afin de lui offrir la main de la jeune princesse Constance et la principauté d'Antioche.

Le comte de Poitou était alors en Angleterre; il accepta avec empressement cette offre brillante, et se prépara à partir pour l'Orient.

Roger, à cette nouvelle, ressentit une grande colère; son orgueilleuse ambition ne pouvait comprendre qu'on lui préférât le comte de Poitou; il était irrité de se voir mis en parallèle, lui, duc puissant, homme de guerre d'une éclatante vaillance , avec ce jeune Raimond tout récemment armé chevalier, et dont la valeur guerrière n'avait aucun renom. Sachant que le comte devait passer par ses États, il fit surveiller avec soin les ports, et donna sur tout le littoral l'ordre d'arrêter le

jeune prince à son passage; il espérait ainsi gagner du temps et pouvoir attirer dans son parti, par des 4){Tres brillantes et de fortes sommes d^argent, les plus puissants seigneurs de la principauté d'Ânlioche (1). Mais tlaimond, instruit des mauvais desseins du duc Koger, eut recours à la ruse. H se dépouilla , ainsi que ceux qui l'accompagnaient, de tous les insignes de la noblesse; et vêtu des plus simples habits, il voyageait à pied, se mêlant aux gens de bas étage. — Ce fut ainsi qu'il traversa, sans péril , les États du duc , et parvint sain et sauf jusqu'à Antioche.

lorsque le prince normand en reçut la nouvelle, il ne manifesta ni colère ni étonnement, car il était véritablement chrétien et il croyait aux décrets immuables de la Providence. — La principauté d' Antioche fut un rêve aussitôt effacé de sa pensée. Doué d'une de ces natures puissantes qui dominent toujours souverainement leurs passions, Roger

(1) Guillaume de Tyr, liv. XIV, c. xx, p. 413.

.... Roggiero Duca di Puglia havendo havato puova che RaimoDdo doveva passare faceva , come quello che sapeva la cagione tenderli insidie in lutte le città da mare délia Puglia per haYerlo nelle mani , ed impedire quella audata a fin poi che potesse corrompendo i primi del Princtpato con doni pervenire brevementealpossesso di queHo stato che gli penrenifa per cagione di heredita.

maîtrisait la fièvre de son ambition par le travail sérieux et actif du raisonnement; et jamais les revers de la fortune ne le trouvèrent abattu ou découragé; s'il avait des vues audacieuses, des projets hardis, il les mûrissait calme et paisible en lui-même ; il cachait à la foule toutes ces tempêtes intérieures, et quand il les laissait s'échapper au dehors, c'est quUl avait étudié le passé, calculé le présent, et, pour ainsi dire, deviné l'avenir.

Nous l'avons suivi à travers le réseau multiplié de toutes ces séditions, tantôt apaisées, tantôt renaissantes. Nous Tavons vu, infatigable dans la lutte qu'il avait entreprise , combattre un à un ses vassaux insoumis, employer tantôt une rigueur excessive, tantôt, au contraire, une généreuse clémence ; mais toujours inébranlable dans sa volonté , marcher incessamment vers son but, à travers les rivalités et les trahisons.

Maintenant l'œuvre de soumission est accomplie; les barons de la Fouille , fatigués par des tentatives sans résultat, appauvris par ce continuel état de guerre , ont enfin courbé la tête ; leur audace s'est apaisée, leur insolence s'est tue; l'énergie et la résolution avaient triomphé de cet instinct de ré-

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bellion qui agita les premiers temps de la féodar lité.

Les séditions ne devaient plus être que partielles, impuissantes, sans but comme sans résultat, ainsi que les rares étincelles qui brillent encore quelque temps sur les cendres d'un grand incendie.

Le jeune conquérant avait résumé en lui Fillustre famille de Tancrède de Hauteville, et réuni sous une même domination tpus ces exploits accomplis par trois héros. Le duc de Sicile et de Fouille était devenu un prince puissant, redoutable pour tous, et dont chacun recherchait l'alliance et le secours. — Au milieu de tous ces empires, de toutes ces couronnes, dont les existences ap* pauvries et épuisées étaient chaque jour mises en doute, ce royaume naissant brillait du radieux éclat de la jeunesse et de la vigueur : autour de lui régnaient Taisance et l'allégresse.

Roger, après avoir entièrement pacifié son nouveau duché, après avoir déjà montré au saint-siége les bienfaits de son allianiîe , rentrait enfin en Sicile. Sa vie presque entière s'était passée loin de cette île ; mais chaque année Tintrépide guerrier venait y repuiser de nouvelles forces, et demander

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au sol de ce pays, glorieux héritage de son père, la force pour conquérir. — • On eût dit qu'il venait pour ainsi dire lui faire part de ses exploits et lui apporter ses nouveaux lauriers. Aussi, la Sicile le voyant ainsi grandir, entendant le bruit de ses victoires venir jusqu'à elle, le recevait avec joie et triomphe. Les habitants réunis accouraient en foule sur le rivage aussitôt que le vaisseau qui portait le jeune duc apparaissait à l'horizon , et lui faisaient un cortège d'acclamations et de cris jusqu'à la capitale , lieu ordinaire de sa résidence.

La Sicile, depuis si longtemps déchirée par des guerres cruelles, et dans laquelle les invasions étrangères avaient porté tant de fois le meurtre et le pillage, se relevait sous ce régime de paix et de tranquillité. — Pour la première fois depuis près de deux siècles, elle était assez forte pour oser se sentir vivre; elle n'était plus le but de toutes les ambitions rivales, le théâtre de toutes les guerres, et elle renaissait à son ancienne grandeur. Le duc Roger, plus riche qu'aucun des souverains de TEurope, avait rendu la capitale de la Sicile éclatante de luxe et de splendeur ; en face des superbes monuments élevés par les Sarrasins, les

arts fleurissaient avec éclat; tout ce qui fait la prospérité et la gloire d'un royaume trouvait auprès de Roger aide et protection; et les savants, dont les moyens d'existence étaient assurés par la générosité du prince, pouvaient se livrer en repos à leurs graves études.

Mais au sein de son palais , entouré de ses seigneurs et de ses capitaines dévoués , le duc Roger faisait encore des rêves d'ambition et de grandeur. Du Grand comté de Sicile, il avait fait un duché; d'un pays divisé par les jalousies, ruiné par les séditions, il avait fait un royaume soumis et puissant, il avait abaissé tous les orgueils, dompté toutes les colères, nivelé toutes les ambitions; rÉglise même n'avait pu lutter contre lui : maintenant, il voulait relever l'ancienne royauté de Sicile, et porter sur son front cette couronne tombée en désuétude.

11 regardait autour de lui les empereurs et les rois. — Il y avait alors un empereur et neuf rois en Europe.

L'empereur d'Allemagne, qui n'était plus que Tombre d'un grand nom, et dont l'empire chancelait comme l'empire d'Orient. — Puis quels

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étaient les rois qui gouvernaient en Europe? c'étaient les rois de France, d'Angleterre, d'Ecosse, de Castille, d'Aragon, de Navarre, de Suède, de Danemark et de Hongrie. Parmi eux , deux seulement, les rois de France et d'Angleterre, possédaient une plus grande étendue de domaine que le prince normand; tous les autres languissaient dans leur royauté, sans puissance et sans considération, mendiant de tous côtés des secours et de l'argent. En richesses , en magnificence, en puissance même positive et réelle, le duc Roger était le premier de tous; ses revenus avaient été administrés avec une telle sagesse que, seul parmi tous les princes souverains, il pouvait garder un corps d'armée à sa solde ; et dans un siècle où Rome était le centre de toutes les opérations politiques de l'Europe, où toutes les armées se dirigeaient vers l'Orient, le jeune conquérant devait avoir une haute influence; car ses États touchaient presque aux portes de Rome, et ses ports étaient semés sur tout le littoral de la Méditerranée. Tandis que l'autorité des autres princes était sans cesse en lutte avec la puissance de leurs vassaux , il avait tellement réduit ses barons à l'obéissance et à la

soumission qu'il pouvait facilement lever en Sicile, en Fouille et en Calabre , une armée considérable.

La pensée secrète de Roger n'échappa pas aux seigneurs qui rapprochaient chaque jour. Tous avaient trop compris la supériorité du nouveau duc, sa force dominatrice et son ascendant puissant sur les masses pour conserver dans le cœur aucune pensée cachée de Jalousie et de rivalité; Roger s'était placé trop haut par son courage et son génie dans l'esprit de ses feudataires, pour que nul osât seulement essayer de s'élever jusqu'à lui: aussi 9 augmenter la puissance et la considération du prince souverain , était pour chacun augmenter sa puissance et sa considération personnelles; — en l'élevant I tous s'élevaient.

Donc un grand nombre de seigneurs siciliens; et parmi eux surtout le comte Henri ^ oncle du duc, se réunirent en conseil, et vinrent offrir, d'une voii unanime, à Roger, d'échanger le titre de duc contre celui de roi , le seul qui fût en rapport avec sa nouvelle puissance. Leurs discours lui répétaient ce que cent fois il s^était dit à lui-môme : quMl y avait dans la Fouille et dans la Calabre des seigneurs, ses vassaux, qui portaient le titre de

ducs et de princes ^ et que celui qui marchait au moins Tégal de toutes les têtes couronnées, par rétendue de ses domaines , le nombre de ses feudataires et les troupes qu'il pouvait lever et tenir à sa solde, méritait ce sceptre dont il avait déjà conquis par sa valeur personnelle la royale souveraineté.

w Noble et puissant seigneur , disaient-ils souvent, la Sicile, la Calabre et la Fouille sont sou-* mises à vos lois ; avec Taide de Dieu , vous avez prolongé votre territoire jusqu'aux environs de Rome ; le titre de duc n'est point assez élevé pour vous, votre front est digne de porter la couronne des rois. Palerme, ajoutaient-ils, Palerme la métropole de la Sicile , doit être le siège de votre royauté. La tradition nous apprend, en effet, que cette noble cité a eu plusieurs rois dans les temps passés, mais les desseins secrets de la Providence ont, par la suite, renversé celte monarchie, il faut la rétablir et transmettre à vos descendants une puissance consolidée par un titre glorieux (1). n

(I) Alex, Teles., Vih, Il , c. i. - Mur. Toin. V, f« 622.

Rogerius cspit suggeri collocutionc , videlicet ut ipse , qui tôt pro-*

Certes ; de semblables paroles flattaient Tamourpropre de Roger et aiguillonnaient encore ses désirs ambitieux. —«Régénérer la monarchie en Sicile, comme son père y avait régénéré la religion chrétienne , changer la domination des Normands en royauté; élever un trône après avoir conquis un royaume ; résumer en soi l'éclat de tout un siècle et la seule histoire de toute une époque ; c'était une grande mission à accomplir, un grand rayonnement à jeter sur toute une race. Tel était le but unique des pensées du duc , mais cette profonde expérience des hommes et des événements , cette prudence réfléchie, sage conseillère au milieu de tous les dangers, lui faisaient calculer froidement les nouveaux écueils de cette nouvelle ambition et les cruelles luttes qu'il aurait à soutenir. Les barons de Sicile donneraient leur assentiment, il n'en pouvait douter; mais l'orgueil de ses nombreux vassaux

vÎDciis Siciliœ , Calabriœ , Apuliie , csterisque regionibus qus peoe Romam usque habeotur , Domino coopérante , dominabatur , neqiitquain uti ducalis , sed regii iHustrari culniinis honore deberet. Qui eliao addebant quod regni ipsius principiuin et caput, Panormus Sicilix me-, tropolis fieri deceret, quae oliin, in priscis temporibus super haoc ipsam provinciam reges nonnullos habuisse traditur, quse postea » pluriboi evolutis annis occulto Dei disponente judicio , nunc usque sine regiboi mansit....

(le Fouille et de Galabre, si inquiets déjà de l'avoir reconnu pour duc, ne se révolterait-il pas devant cet accroissement de puissance, et devant ce titre qui rendaient bien plus impossible encore dans l'avenir toute tentative de révolte et d'insoumission? Quelle devait être aussi la résolution du sain1>siége? Le souverain Pontife se refuserait-il à bénir le roi comme il avait si longtemps refusé Tinvestiture au duc ? Cette lutte terrible , dangereuse avec rÉglise, de laquelle il était sorti si miraculeusement une première fois, pouvait se renouveler.

Résister au puissant ascendant de la religion sur les esprits, combattre les armes du ciel avec les armes de la terre , c'était là un écueil contre lequel il pouvait se briser, et, à côté de ses rêves glorieux de souveraine royauté, lui apparaissait, comme une leçon du passé, la grande et inflexible figure de Grégoire VII, dominant l'empereur d'Allemagne excommunié; et il voyait aussi Honorius , quittant la mitre pontificale pour le casque et l'épée. Cependant l'ambition parla plus haut que la crainte. Après de longues hésitations, il partit de Palerme et, secondé par un

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