DEUXIEME PARTIE. CH. II
Hais la similitude de moeurs et de langage donna aux Arabes une influence que les conquérants étrangers, leurs prédécesseurs, n'avaient pu exercer. Les lettres, les sciences, les arts, propagés par les Arabes, éclairent TAfrique berbère : ^ Tout ce qui peut aider le commerce, l'industrie, Tagriculture dans un pays riche et fertile est tenté par les Aglabites; ils facilitent les relations çntre les habitants du désert et ceux de la côte par )a création de nombreux entrepôts ; on construit des routai, on veille à la sûreté des communications (1), » Et, après la dynastie des Aglabites qui ont gouverné J'Afrique au nom des khalifes Abbassid^s, lorsque les Berbers re- ' couvrent leur autonomie, l^s semences jetées par les Arabes continuent! porter des fruits (2) ; le§ Fatémides
qui leur apportent un motif de prendre les armes et de combaUre les Arabes. « Ils aposlasièrent, dit ibn-Khaldoun (tome i, p. 49a), » jusqu*à douze fois, tant en Ifrikia qu'e Magbreb. »
(4) Sédiliot, Bistoire d^s Arabes, p. 237*
(i) Iba-Khaldoun, plein d'eQtbousiasme pour les peuples dont il écrit l'histoire, {ait le plus magnifique tableau dis Téla^ moral et ipt«ll££tuBl des Berbers, de leur bravoure, de leur bonne foi , de leur hospitalité, de l^ur indusUie, de leur amour des sciences e^ dea {elM'es, etc. Tome ^ p. 49940Û.
Jl dit, tome iM« p, 496, trad, du baron ie Slan» : a 1^;^ reiij» gion musulmane s'était alors hm établi^ chez les Cerbères. . . >i Aussi, en renversant Tempirei ils pe perdirent pas leurs » ç^yaoces, et, en détruisant les n^oauf^enl? d# l<t puissance 9 arabe, ïh ne portèrent aucune alteipie h rédifice de ia foi . ;» U Uen religieux sur lequel^ im>us rayons dit, ^*appuyaieot les relations coiyimercUles, fut donc ^ainie^u »9lf^ l'Asie ar^e et TÀfrique berbère.
et les Almohades (1 ) , qui , du dixième au treizième siècle , régnent sur l'Afrique et l'Andalousie, peuvent être mis en parallèle avecles dynasties arabes qui se partagent l'Asie musulmane.
Nous ne prétendons pas dire que toutes les tribus Berbères subirent à un même degré l'influence de la civilisation; durant tout le moyen âge, l'Afrique verse sur l'Europe méridionale ces flots de pirates et de barbares dont les chroniques du temps racontent les horribles et sauvages exploits.
Nous constatons que par suite des relations commerciales établies avec les Berbers, Te commerce des soieries, dont les Arabes élaient producteurs et marchands, trouva de nouveaux consommateurs et prit une grande extension dans l'Afrique arabisée. Nous en suivons le développement avec un grand intérêt, bien
(4) Nous devons ajouter aussi les Zirides qui, durant le onzième siècle, régnèrent sur Tlfrikia et parfois sur le Maghreb^
^{iprès «*étre rendus indépendants des Fatémides. M. Amari, Stchria dei musulmani. tome ii^ p« 359, présente cette époque comme la plus brillante pour les Berbers. « Fiorino in questo tempo le » manifatture e i commerci, condotti da una mano nel Mediter- » raneo con Sicilia, Spagna e altri paesi maritimi ; dall' altra mano » con la regioni interne del continente affricano. Laquale pros-
^ » perita industriale si potrebbe d'allronde argomentar dallo smo- » dato lusse délia corteZirita in feste publiche, Sposalizii^ fune- » rali, doni ai califi d'Egitto ; ed ancbe dallo sminuito valore, o » vogliasi dire cresciuta copia dei preziosi metaili.» — Voir aussi Ibn-Khaldoun, Histoire des Berbères^ lome ii, p. 49, traduct. du baron de Slane.