‹ Histoire de la soieChapitre 103 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. II

qu'il ait eu son précédent : souvenons-nous que les tissus de FAsie étaient depuis longtemps connus dans les ports de T Afrique septentrionale, ou le luxe des Romains puis celui des Vandales les avait adoptés.

Toutefois, le mouvement industriel créé par les Arabes, sur la côte africaine, nous aséduit davantage à cause de sa nouveauté et des progrès dont il est la manifestation. Auprès du coton qu'on récolte à Basra, à Fez (1) etàCarthage (2), auprès du lin 'Ct des laines qu'on exporte de Bone (3), d'Alger (4), de Tripoli (5), nous avons à mentionner la soie de Càbes et celle de Sort.

. A Càbes la culture du mûrier, introduite par les Arabes, est si bien favorisée par le climat, « que chacun d'eux, suivant Abou-Obaid, donne plus de gain que cinq mûriers n'en donnent dans un autre pays, et cela sans que la bonté de la soie ait à en 'souffrir (6). »

(4) Traduction de Ibo-Haukal, par le baron de Slane^ Jaumcd asiatique^ février et mars 4842, p. 49Set 494* (2)IWa., p. 478.

(3) Ibid.,^. 484.

(4) Ibid,, p» 483.

(5) Ihid., p. 466.

(6) Nous empruntons cette citation à M. S(ûwe, qui dit : 3n bet (SIegcnb «on AaM beguiifligte tint flcfunbc, reine uub milU Snft^

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fl6 HISTOIRE DC LA SOIE.

a Dams cette yîUe on fabrique, dit Ibn-Haukal (i), une grande quantité de laine et de «oie, » et nous empruntons encore & ce même ^éerivain cet autre renseignement : A Les revenus de Càbes se composent des fonds pro^nant de la dtme aumônière, des droits sur Les marchandises «t de la cafitation des Juifs qui y font leur résidence », constatant encore une fois la prés^ace de a^ombreux Juifs dan^ les villes où l'industrie de la soie est împlaiitée.

Cette production de la «oie et des étoffes de soie, à Càbes, avait diminué à la fin du onzième siècle ^ Edrisi, mentionnant surtout la préparation des cuirs, industrie que Ibn-Haukal avait aussi signalée, dit { « On fabriquait autrefois de belles étoffes de soie dans cette ville, inais aujourd'hui la principale industrie est la préparation des cqiri^ (2). » A yrai dire, Ëdrisi n'indique qu'un déplacement de l'industrie séricicole, car il parle d'une importante production de soie à Casr Sadjdja, petite ville située à trois milles de Càbes , et des nombreux mûriers qui entouraient la vllJe de Sort (3). •

(1 ) Traduction du Baron de Slane Journal asiatique^ février 486f, p. 469.

(2) Edrisi : Géographie^ traduction de Amédée Jaubert, tomei, p. 255.

(3) Ë.irisi ; Géographie^ iraduciion de Amédée Jauborï, tome i, p. 274.

Ce texte d' Edrisi nous suggère un doute sur l'interprétation

DEirXI*;illE PARTIE. CI*. IF. H^

hm ^oiéTieÈ de Cèhes, le« dr«p^ d^ MâhaKÏiah, les fins tissus de ttn de Susdh, formefit une partie du ton* tîngent de rindustrie africaine. Ces paik^ auffricam^ si souvent cités au moyen âge (1), peuvent donc représenter des étoffes tissues en Afrirjue, et non ptfs seuleitient des étoffes venues de l'Afrique. Ils étaient mêlés avec les tissas importés d'Asie et dans le cowïmerce extérieur et dans le commerce intéricnr de l'Afrique musulmane; et on les retrouvait, sans nul doute, dans les bazars de ces villes qu'énumère Edrisi, villes popu-

donnée par M. Francisque Michel aux vers suivants d'un ancien roman de chevalerie, cités tome i, p. 313, Recherches sur le commerce et la fabrication des étoffes de soie :

Li rois de Cartage i r'ievt,

A cui granspans d'Espaigne aflert :

Ço est Montor et Tolosele,

Et pans Baignes, qaî tant est befe,

Et Smeâ ii ûfll fait h sofe

l)><^ffl' roft se vest biei et esnroie.

Parlêtiopeut de BIô{Sy to«c n, p. 78*

A«i tièû de voir les Sètes de TÂsie dans celle ville qoe le trou« vère fait dépendre de Carfbage, ne poorrait-où y retrouver ï'îndicafiotir de îa ville de Soft, qu'on prononfce d'ailleurs mieux Sert (Syrtis) qoe Sort? Nous soumettons notre doute à M. Francisque Miehel, personne micfux que lui ne décidera s*il a quelque fondement.

Ibn-Haukal Journal asiatique ^ février 1842, p. 1(^4. signale l'imporlaûce de la ville de Sort, mais iln*y place que des fabriques de lainages : on n'y faisait sans douté pas encore de la soie.

(I) Voir M. Francisque Micheî, Recherches sur le commerce et la fabrication des étoffes de soie, p. 275 et 276. — Dans une charte datée de 4019, nous lisons : k Duo oratoria serica africana. » Muratori, Antiquitates lialicœ^ dissertatio xxv, p. 40S.

ut HISTOIRE DE LA SOIE.

leuses et fréquentées par les marchands de tous les pays, à Fez, à Wahran (Oran), à Bougie (1), à Constantine, à Tunis (2), à Eairowan,à Tripoli, à Baroa, àMahdiah.

, De Gàbes, le ver à soie fut transporté en Sicile; et c'est aux Arabes que Tltalie est redevable de Findustrie de la soie. Ce .fait n'est, il est vrai, affirmé par aucun texte antérieur au douzième siècle; mais, comme Tobservent WA. Amari (3) et Francisque Michel (4), l'introduction de l'industrie sérigène en Sicile par les Arabes, du dixième au onzième siècle, ne saurait être mise en doute ; le mûrier y fut transplanté en même

(4) Bougie était de fondation toute récente : elle fut créée en 4090, par un prince de la petite dynastie des Hamadites*

(5) (i Tunis était une ville renommée par son opulence, fruit » de son commerce étendu avec l'Occident ; et elle était surtout » habitée par les Juifs. . . C'est probablement au retour de son » expédition contre cette ville que Ahmed-ben-Saïd fit au khalife » Âhderrahman III, en 950, ce présent prodigieux dont les écri- » vains arabes ont conservé le détail : 400 livres de bois d'aloès, » 500 onces d'ambre gris, 300 onces de camphre, 30 robes de » soie blanche brodées d'or, 440 vestes garnies de fourrures fines » du Khorassan, 4S caparaçons en or et en soie, fabriqués à Bag- » dad et travaillés avec la plus rare perfection, pour^ parer les » chevaux aux jours de processions et de cérémonies publiques ; » quatre milli^ de soie en écheveaux ; 30 tapis de Perse ayant » chacun SO coudées de longueur } 4 00 petits tapis pour la prière; » 45'noukhas en soie (sorte de tapis travaillés également des deux » côtés), etc. . . » Romey, Histoire d'Espagne^ tome iv, p. 209.

(3) Journal asiatique^ mars 4846, p. 215.

(4) Recherches sur le commerce et la fabrication des étoffes de soie, tome i, p. 76. ■

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