DEUXIÈME PARTIE. GH. II
au temps des Arabes, une partie du palais spécialement réservée poqr les articles de tissage, et que cette manufacture portait le nom de TiraZy atelier de broderie. <« Ebn-Kaldoun assure, dit-il, cpie, depuis 4es khalifes Ommiades , Tusage était chez les principales dynasties musulmanes d'Orient et d'Occident d'entretenir dans le palais royal un hôtel du Tiraz , ou manufacture de soie destinée exclusivement au tissage de robes avec inscription pour le sultan ou autres éminents personnages. Ht des premiers serviteurs 4e la cour était d'ordinaire l'intendant de cette manufacture, qui parait avoir été une des occupations les plus importantes de la maison royale. »
Ces tiraz de Palerme, manufactures qui florissaient au commencement du douzième siècle, ne sont pas, suivant M. Amari, les plus anciens témoignages de l'industrie de la soie en Sicile. « J'ai souvenance, écrit le savant orientaliste (1), du précieux drap, certaine-
Palcand et qu*il vit les splendides étoffes de soie dont il a laissé la description détaillée. Apud Muratori^ Ant.itaL med, c^.,t. ii^ p. 405.
M. Bock en parlant de ces ateliers de broderie nommés des tiras Oefd^tc^te Ut liturgif^en ®etvdnber, eiefjrttng, ®eite ii. 175^ donne la représentation de deux dessins arabes remontant au onzième siècle (tables V et VI annexées à la 2' livraison de son ouvrage); ils sont curieux à examiner comme échantillons de Fart arabe dans ces manufactures.
(4) « Abbiam ricordo del prezioso drappo al certo di seta , detlo di Sicilia, del quale si trovô una catasta Ira i tesori d*Abda, figliuola del califo fatemita Moezz^ morta in Egilto in su la fine o
t49 niSTOlRE Mfi LA SOIE.
ment en soie, nommé drtp de Sicile^ doait il eiû^i un spécimen dans les trésors d' Abda^ fiUe du khalife faiémi^ lio^z^ morte en Egypte au commeneemenl du>onasîème siècle « Là preuxe qu'on travaillait déjà à cef te époque la soie en Sieîte^ c'est ce que dit la Inographie du pieux Abn-HasanhHariri ; e est aussi ce nom de Calatrasi (Kalat at tirazi), que conserve un château aujourd'hui en ruines, j^ès de Corleone. »
Quelle que fût la production des manufactures pri* vêts installées dans la provioge de Palerme, nous n'osons eifcclusivement attribuer à l'industrie sicilienne les 30,000 pièces d'étoffes, (ce n'est plus un spécimen seulement, comme on voit , que Macrizi (1) place , sous la dénomination d'étoffes de Sicile, dans la succession de la princesse Abdab, fille du khalife Moezz. La Sicile, lieu de relâche pour les navires grecs qui faisaient le commerce de la Méditerranée, avait^bien avant la conquête arabe, ses bazars approvisionnés de soieries grecques et de soiries asiatiques.
Le pillage des villes siciliennes, puis le pillage des villes italiennes, lors des expéditions de Ahmed Gtaffar en Galabre (en 925), et de Saïn à Salerne et à Naples
priiicipiacleU\uadecimo secolo : che innanzl quelP elà si lavorasse> la seta ia Sicilu, la prova d'altronde la biographta del pio Aba-llasao nariri (il gelaiolo)^ e v'acceoaa il oome di Kalal-el-Tirozi^ eastello in oggi abbandonnato presso Corleone. » Amari» Storia dei Mu$ulmaniy tomeii', p. 448.
(l) Quatremère» Mémoires géographiques sur VEgpte, tomeu^ p. 344.
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(en 9â7)^ avaient doue procuré beaucoup d'éèoffies de soie aux princes fatémides (i). Il y avait aussi, parmi ces 6oieri<^ venues de iSîcUe en £^pte, des soieries espagnoles, car dans FaBiiée d54^ le gouverneur de la Sicile Haren Ibn Ali avait, par ordre d'El Moezz, fiait une descente en Espagne, ravagé Alméria ei rapporté un butin considérable (2).
Or, Alméria est en Occident, pour Tindustrie de k soie, ee qu'est en Orient la viik d'Antioche ; et TAnda* lousie est la rivale de la Perse. En quittant la Sicile, c'est là que nous devons porter nos pas.
Lorsque les Arabes firent la conquête de l'Espa^ie, ils avaient déjà subi l'influence des peuples de l'Asie : les légions que les khalifes Ommiades envoyaient de la Syrie et de la Perse ne ressemblaient pas aux premières troupes armées par l'islamisme. liCS tribus nomades et guerrières de l'Afrique, les Berbers, étaient entrées pour une large part, il est vrai, dans la composition des armées de Thareq et de Mousa : elles devaient, pendant toute la durée de la domination des Arabes dans l'Andalousie (3), fréquemment apparatire dans les
<4) Amari, Storia dei Musulmane tom^ii, p« 472, 478« (t) Histoire des B^béres d'Ibn*KaldouD, IfAdoclion du baron de Silène, tome ii^ p. 549.
(3) M. d'Avezac, Encyclop.nouv,^ art. Andctl, tome i, p. 520> observe que ce nom, eous lequel les Arabes désignaient la péninsule tout entière, ne se renconUre daQ« aucun document antérieur à la cociquéte des Maures. Ils rintroduisirent «ous la
no HISTOIRE DE LA sefE.
luttes intestines, se mêler à toutes les expéditions conduites dans la Méditerranée et dans l'Europe occidentale par le drapeau de Tislam, devenir enfin, au onzième siècle, une des factions qui se disputèrent l'empire (1). Mais ces Africains furent dès le début, par suite de la distribution des terres, relégués dans l'Espagne orientale et dans les Hautes vallées des Pyrénées (2), et l'élément arabe prédomina au sud de la péninsule. L'Andalousie, malgré les guerres nées de ce que les conquérants étaient d'origines diverses et avaient apporté ces mêmes haines qui avaient, en Asie, suscité tant de luttes sanglantes (3), forma un
forme El Andalos, applicable tour à tour au pays, à sa capitale, à ses habitants.
(4) M. Dozy, Eechierches sur rhistoire de V Espagne , t. i, p. 28, et Histoire des mustdmans d'Espagne^ passim.
(2) « Gardant pour eux-môffles la belle et opulente Ândalou- » sie, les Arabes avaient relégué les compagnons de Tarie dans » les plaines arides de la Manche et de TEstramadure, dans les » &pres montagnes de Léon, do Galice, d'Âsturie, où il fallait sans n cesse escarmoueher contrôles chrétiens mal domptés. » M. Dozy, Histoire des musulmans d'Espagne, tome i, p.*255.
(3) En racontant ces guerres civiles qui amenèrent Félévation des Ommayades, pukp selle des Âbbassides, et recherchant leur cause qu*il trouve dans Tantagonisme des Yéménites et des Ma&ddiles, M. Dozy dit * « Cette haine qui 9e prolonge de gêné- » ration en génération, en dépit d^une entière communauté de » langues, de droits, de coutumes, d'idées, de religion, et même, )» ju8qu*à un certain point, d*origine, puisque ces deux peuples » sont Tun et l'autre de race sémitique, celte haine, qui ne s'ez- D plique pas par des antécédents, elle est dans le sang, c'est tout » ce qu^on en peut dire. » Ibidem^ tome i, p. 418.