‹ Histoire de la soieChapitre 106 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH* II. t%h · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH* II. t%h

royaume (1) où se manifesta dans sa plus haute expression la puissance du génie arabe. Là, tout était à créer, tandis que, dans TÂsie occidentale, la civilisation incomplète des Arabes avait profité de celle antérieure des Grecs et des Perses.

Nous n'avons pas à exposer les mesures prises par les Ommayades d'Espagne et surtout par Abdérame III (2), pour fonder le khalifat de Cordoue et pour lutter contre l'influence des Abbassides (3). Il fallut faire revivre, dans les villes de l'Andalousie, les grandes villes musulmanes de l'Asie ; il fallut placer les Arabes d'Occident dans la même atmosphère où vivaient

leurs frères d'Asie.

(4) Pour les revenus du khalifat de Cordoue^ consulter Pascual Gayangos, The Eistory of the Mahomg^edan dynasties in Spain^ etc., t. i, p. 414, et les notes sur ce passage, p. 400 et 404 .

(2) M. Dozy^ dans son Histoire des musulmans d'Espagne, tomes ii.et m, a développé avec un haut savoir et une merveilleuse clarté le rôle du premier khalife d'Espagne, le célèbre Abdérame III. Cette étude très complète présente le tableau de ce qu'était TEspagne à Tavénement d*Abdérame^ et de ce qu'elle devint « grâce à la puissance de cette intelligence universelle à qui » rien n'échappait, -et qui se montrait non moins admirable dans » les plus petits détails que dans les plus sublimes conceptions^ » comme le dit Téminent historien, t. m, p. 93.

(3) Les khalifes Abbassides conservèrent dans tous les temps un grand nombre de partisans en Afrique et en Espagne ; et les bons musulmans de tous les pays se firent un devoir d'accomplir le pèlerinage de la Mecque. C'était une occasion de visiter les villes d'Asie» célèbres par leurs écoles et par leurs richesses. Les pèlerins d'Espagne et d'Afrique se rendaient souvent en Egypte par mer: mais la roule préférée était la roule par terre. — Voir

âtt HISTOIRE DE LA SOIE.

Le mouvement scientifique, littéraire, iadus(i*iel et artistique qui jette tant d'éclat sur TEspagne au moyen âge. commence avec Abderrahman V\ se développe sous Abderrahman II (821-852), et atteint son apogée sous Abderrahman III (912-951). Il se fait surtout sentir dans les villes du sud ; et, s'il faut . attribuer la prospérité de Grenade, de Cordoue, de Se ville, d'Aimé ria, en partie à leur éloignement des frontières du nord, les seules exposées aux invasions, soit des Francs, soit des chrétiens de la Galicie et des Asturies, on doit cependant en chercher ailleurs la cause principale. Cette ciiuse, et elle nous intéresse par son action sur le développement de Tindustrie de la soie, en Espagne, ejle est dans la prépondérance acquise par les tribus syriennes et égyptiennes auxquelles échut, dans le partage des terres, l'Espagne méridionale.

Lorsque les Syriens de la seconde invasion (1) se furent rendus maîtres de l'Espagne , leur haine* contre

les inté cessante» observalioQS de M. Reinaud 6ur ce sujet, Intro^ duction à la géographie (TÀboulféda^ p. 41if «

(4 ) Les causes et les résultats dd cette iDYasioa ont été exposés par M. Dozy, Histoire des mumlmam d'Espagne^ tome i, ch. 44. Le savant orientaliste s'est attaché surtout à faire ressortir les aQtipathies de race qui semaient des divisions et alimentaient les guerres civiles dans toutes les contrées où les Arabes arrivaient en conquérants. En Espagne, outre les deux partis d'origine arabe, les Mââddiies ou Médinois, et les Yéménites ou Syriens, il y avait ^ussi le parti berber. La lutte entre ces trois partis ensapglaniAr longtemps 1a Péninsule, et finit par amener la chute de la domination arabe.

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