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DEUXIÈME PARTIE. CI!. II. 2f

les ArabesTmédincis, les premiers occupants de la pé-r ninsule, se traduisit par les plus odieuses représîtilles. Pour mettre fin a ces troubles, le gouverneur Abou'l Kbattar éloigne de la capitale les Syriens, en leur distribuant des domaines seigneuriaux. « Il leur domiie en fief des terres du domaine public, en enjoignant aux serfs qui les cultivaient de céder dorénavant aux Syriens la troisième partie des récoltes qu'ils avaient cédée jusqu'alors à TEtat. La division d'Egypte fut établie dans les districts d'Orsonoba, de Béja et de Todmir (Murcie) ; celle d'Emèse dans les districts de Niebla et de Séville ; celle de Palestine dans les districts de Sidonu et d'Algésiras ; celle du Jourdain dans le district de Prégio (Malaga) ; celle de Damas, dans le .district d'Elvira (Grenade) ; et enfin celle de Kinnersin dans le district de Jaen (1). » A dater de cette époque, les Syriens forment un parti puissant en Espagne.

Des émigrations successires, détei'finiinées par le triomphe des Abbassides, grossirent leur nombre ; et lorsqu'Abdérame vint tenter la fortune dans l'Andalousie, il trouva, sur les territoires d'Elvira, de Jaen, et de Malapga, un grand nombre de clients Om-

(f)M. Dozy, Histoire des musulmans d' Espagne, iom. i, p. 26 S. ~ Le pays de Kînnesrin^dansrAsie occidenlale,est csluidont Atep est la capitale. La ville de Kinnesrin correspond à ('ancienne Chalcis, où les Arabes, nous Tavons vu, trouvèrent beaucoup de soieries; elle est nommée Artasie par les historiens des croisades.

tl4 HISTOIRE DE LA SOIE.

inayades (1), qui y avaient importé les idées et les mœurs prédominantes dans leur patrie primitive: aussi est-ce Cordoue, le centre de ces populations, qui, sous Abdérame l'', devint la capitale du kfaalîfat d'Occident, au détriment de Tolède (2), Tancienne capitale du royaume goth.

Nous ne chercherons pas quels sont les services rendus à Tagriculture par ces différentes tribus, et de quelle contrée asiatique ou africaine arriva tel ou tel produit. Les Ândalous, seuls habitants occupés de travaux agricoles (3), apprirent des Arabes à cultiver le riz, la canne à sucre, le cotonnier, le safran, le gingembre, le henné, le pistachier, le palmier, le banannier,*enfin les fleurs et les légumes (4) qui se répandirent ensuite dans toute l'Europe.

Quant au mûrier, ce fait qu'il est uniquement cul-

(t) M. Dozy, Histoire des musulmans d^Espagne,U}m. ly p. 309 et 334.

(9) Tolède devint le centre des mécontents et leva souvent l'étendard de la révolte.

(3) « Les Arabes étaient ouvriers ou marchands ; les Ândalous » s'occupaient de travaux agricoles. Ceux-ci gagnaient pénible- » ment leur vie; ceux-là avaient le bien-être et parfois le superflu. » Aux yeux de l'Arabe, qui aimait la bonne chère, la parure et » l'élégance eu toutes choses, l'Andalou était un paysan rude, » grossier et parcimonieux. • . » M. Dozy, tom. ii, p. 77.

(4) La rose du Japon, le camélia, Tasperge.- N'oublions pas que c'est aux Arabes que révient aussi l'honneur de ces grands travaux d'irrigation qui ont fait de la Huerta de Valence et de la Wega de Grenade, les jardins de l'Espagne. Voir iEIsner, p. 223.

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