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tu HISTOIRE DE LA SOIE.
dire de son devancier (1), et ajoute que les Espagnols ej^e^UeQt à teiqdre la soie et les étoffes. Florissante au dixième ftièele {% la culture de la soie atteint son apogée au dousième siècle : alors, suivant Ëdrisi, sur le sfiuUerritoire de Jaen, on faisait la cueillette de la soie dans trois mille villages (3).
QJaut admettre qu'en Eurqj^e comtne en Asie, la furoduction de la matière première fut précédée par la fabrication des éytoffes faites à l'aide de soie importée. Dès le neuvième siècle, en effet, on trouve la mention
(1 ) « On exporte du Magreb de belles mulâtresses. . . (le jeunes » tt beaux esclaves MropéoDs, de l'ambre, de la soie, des vêten ments eo. drap de laine très ftne. Traduction du baron de Slaue. Journal asiatique, mafs 4842, p. 254.
(&> « La euhure de la soie introduite dans la péninsule ibé« 9 Tique avant le douzième siècle^ coa\Qie nous let voyons par le » traité d'un auteur arabe de Séville, Abou-Zacaria>Jahia, qui » vivait à cette époqTie, était déjà florissante au dixième, s*il faut » en croire les écrivains de cette nation consultés par Condé. Ils x^ nous apprennent qu'au temps des khalifes de Gordoue, de la » dynastie des Omayades, et notamment sous le règne d*Abdé- » rame III, T Espagne envoyait au dehors une grande quantité de » soie brute et d'étoffes de soie. » M. Francisque Michel, Recherches sur le commerce, efc.,tom. i, p. 294 .
(3) Edrisi» Géographie, tom. ii, p. 50. — Ce serait supposer une production fabuleuse que de voir dans chacun de ces trois mille villages une plantation de mûriers telle qu'une grande quantité de soie pût y être récoltée. Le géographe arabe a seulement voulu dire que, dans la province de Jaen, il y avait trois mille villages où Ton s'occupait de la "culture du mûrier et de l'éducation du ver à soie. Pour le plus grand nombre, sans doute, la production de soie était fort minime.
DEUXIÈME PAhTtË. GH. II. iti
de doieï'ies espâgnoled : « AnastaBe le BibliôthééàlUs, en parle dans quatre endroits, sous le nom dô êpé^ niscum , qu'il emploie comme substantif et comme adjectif ; et, ett plaçant ce tissu à la suite du /Undd^ tutn et du êtauracin^ il nous donne suffisamment à entendre qu'il était de grand prix , et sans doute de soie comipe eux. Un biographe de saint ÂusegiKê, abbé de Fontenelle, mort en 838 , place de même une couverture d'Espagiie, stragulum hiêpûnieutn mium^ à la suite de tapis ou tentulres àé fundatum 6t destauracin(l). »
En outre, FEspague eut, comrtfc la Sicile, son hôtel du Tiraz, suivant le nom donné par M. Amari a- la manufacture de soie qui était, dans les capitales des royaumes arabes, annexée au palais, lin auteur arabe, As-Soyutti, cité pfer M* dô Gayangos (2)^ dit qu'Abderrahman It est le premier khalife qui ait introduit en Espagne Yu^ge du tiraz (3) , robe royale enrichie
(0 M. Francisque Michel, Recherches sur le commerce^ ete., tom.i, p. â9SI.
(2) The story of ihe Mohammedan dynasties of Spain, t. n, p. 434.
(3) Voir, sur le liraz, l'appendice à la fin de ce volume, lettre B.
C*ôst sous Abdérame II qu'a vécu Zizyâb, le charmant épicurien, comme l'appelle M. Dozy, Histoire des musulmans d'Espagnej tom. ii, p. 95., qui est devenu le modèle du bon ton et le législateur de la mode dans l'Espagne arabe. Parmi les innovations somptuaires apportées par le célèbre musicien, nous remarquons cette règle : dans la saison intermédiaire, entre l'hiver et l'été, c'est-à-dire dès le printemps, rabi, on doit se vêtir d'étoffes
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d'inscriptions; et qu'il en établit une fabrique à Gordoue.
On trouve trace de cette institution sous Abderrahman III. Dans.rénumération des présents magnifiques faits à ce khalife, en 939, par son vizir ibn-Shoeyd, figurent en effet quatre mille livres de soie ouvrée, et aussi mille livres de soies teintes; et Ibn-al-Faradhi remarque que cette soie ne fut pas,présentée au khalife en même temps que les soieries et les brocarts venus de l'Irak, mais qu'elle fut directement remise au chef de l'hôtel du tiraz et placée par lui dftns le vestiaire du khalife (1). Cette observation d'un auteur contemporain (Ibn-al- Faradhi est mort en 1012) ne contient-elle pas pareillement une preuve que la soie était récoltée en Espagne au dixième siècle? Si la matière première eut été rare, si elle fut venue, comme les tissus, de F Asie occidentale, le vizir Ibn-Shoeyd ne Faurait-il pas étalée sous les yeux du khalife, au lieu de l'envoyer sépyément et de la regarder comme chose de peu d'importance?
Les tiraz de fabrique espagnole sont encore men-
de soie uaies^ façonnées oa moirées . M. De Gayangos, tome ii, p. 420.
(4) Traduisant Al Makarry, M. Pascual de Gayangos dil : t Tbn » al Faradhi agrées with the abo^e account (liste des objets » offerts) ; but he observes that tbe manufactured silk did net » make part of the présent, but went directly into the hands of » the Sahibre, at Tiraz^ or master of Ihe royal robes^ who recei- » ved it from Ibn Shoheyd^ and entered it in the books of the » wartlrobe. «Tom. ii, p. 154.