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DEUXIÈME PARTIE. CH. II. 23k

une seconde Alexandrie; et Alméria, à cause de sa

position sur la Méditerranée, avait eu part aux relations

avec les Grecs (1), aux expéditions maritimes contre

les infidèles (2), enfin au mouvement commercial qui,

comme un courant continuel, se transmettait à tous

les ports musulmans et à toutes les colonies arabes.

Le fil conducteur^de ce courant étaif , pour ce qui

concerne les soieries, entre les mains des négociants

juifs. Nous les avons vus en Orient : ils ont sur la

civilisation de l'Occident une influence encore plus

directe.

Le code wisigotli (3) avait créé aux Juifs en Espagne

(4) Les empereurs de GoDslaatiôople atlûenl cherché dans l'alliance de^-Arabes d'Espagne un contpe-poids à l'alliance formée par les Abbassides avec les rois franks. La première ambassade grecque fut envoyée par l'empereur Michel II, en SltJ L'influence qu'eurent les relations de l'empire grec avec l'Andalousie sur le commerce des soieries ne saurait être contestée. Quant à la politique qui guida les grands empires qui sont en scène au neuvième et au dixième siècle, on en trouvera ua tableau très remarquable dam l'ouvrage de M . Reinaud : Invasions des Sarrazins en France, p. 86 et suiv.

(2) « En Espagne, il y' avait un émir chargé spécialement de la )) direction des flottes. Ceiémir portait le titre d'émir-alma^ émir » de l'eau (ou émir-albahr, émir de la mer) . G*est probablement » de là qu'est venu notre mot amiral. » M. Reinaud, Invasions ci^s

^Sarraw'ws, ete.,p. 69.

(3) « Le Gode wisigoth. renchérissant sur le mépris déversé par » le Code de Justinien sur les Juifs^ les appelle une ucAt détes^ » tabkt outrage qui n'était propre qu'à provoquer le peuple aux n plus grands excès. Il leur interdit de célébrer leon mariages. » leur sabbat) leurs pâques^ et de pratiquer la cireoncison aai-

une situation intolérable , et les conciles de Tolède avaient été au septième siècle jusqu'à exiger des rois wisigoths l'expulsion des Juifs que la persécution n'avait pas conduits à l'abjuration (1). L'arrivée des Arabes fut donc une véritable délivrance pour le peuple juif : une ère nouvelle commença pour lui.

Il y avait d'ailleurs parmi les Berbers beaucoup de Juifs; or, la conquête et la repopulation de l'Espagne ayant été faites en grande partie par les Berbers, on comprend quelle importance prit l'élément juif dans TEspagne arabe \2).

9 vanile rite mosaïque^ sous peiae d'être lapidés ou biûlés vifs: • il leureojoint) en dépit de leur aversion pour la chair des pour- » eeauzy de manger leurs mets apprêtés avec du porc, de ne faire » aucune distinction entre les mets purs et impurs. Les mariages » entre Juifs et chrétiens sont déclarés nuls; les enfants nés dé » ces mariages doivent être baptisés et élevés dans des cloîtres » ou ailleurs. Il n*admet pas même les Juifs baptisés comme té- » moins en justice contre un chrétien ; il afiPranchit les esclaves » juifs qui se feront chrétiens. » Deppiog, les Juifs dans le moyen ùge,^. S5.

(S) En. Nonairi, (appendice inséré par le baron de Slane à la fin du tome I*' de VHistoire des Berbères^ p. 340), raconte que Mousa, en 74 S, repeupla avec des Juifs la ville de Séville, abandonnée par ses habitants.— Plustard^ à Tappel des émirs de TAndalousie^ « les avantages assurés aux cultivateurs étrangers qui » voudront s'établir en Espagne, et la renommée d^un sol fertile^ »- d'un climat doux et bienfaisani^ décident une folile d'Africains à » passer la mer. La transmigration ne se borne pas aux secCa- » leurs de Mohammed : cinquante mille Juifs viennent se fixer » dans la Péninsule avec leurs femmes et leurs enfants. » iËtsner, » Des effets de la religion de Mohammed, p. 82.

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