‹ Histoire de la soieChapitre 120 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. III

tion même pour le gynécée où travaillait l'impératrice avec ses filles. Eginhard en effet dit que Karl-le-Grand exigea de ses filles le travail du fuseau et de la quenouille (l);etThéodulphe5 adressant quelques conseils à Gisla , la cadette des filles de Charlemagne , lui recommande de s'occuper de tout ce qui concerne la laiTie (2).

• lidtiim. » Ca^itul. Aquisgranense^ cap. lxxix^ Bal. tom. i, p. 240.

(4) « Filias verolanificio assuescere, coloque ac faso, ne per » otium torperent, operam impendero jussit. » Vita Caroliimperatoris, cap. xix, ad Teulet., lom. i, p. 64.

(2) Sit lana sfodinm, sit cara domesticasemper.

Theodulphi opéra, apud Sirmondi, tom. ii. Carminum, lib. m, vers. 419.

« Les femmes des seigneurs ou les maîtresses de maison ne » présidaient pas toutes aux travaux de leurs gynécées, car le ^ » concile de Nantes en accuse plusieurs de braver les lois divines » et humaines en fréquentant sans cesse les assemblées et les )) assises publiques. Elles embrouillent, est-il dit^ plus qu*elles » ne règlent les affaires du royaume et les intérêts de la chose » publique. G*est^ poursuit-on^ une conduite contraire à la dé- » cence et blâmable même chez les nations barbares, que les » femmes discutent les causes des hommes, et qu*au lieu de res- » ter au milieu des femmes de leurs gynécées^ geniciariœ, pour » disserter sur leurs lainages, les tissus et les autres ouvrages de » leur sexe, elles usurpent, en assemblée publique, Tautorité sé- » natoriale^ comme si elles siégeaient dans la curie. » Poîyptique de Vabbé Irminon^ Prolégomènes^ p. 620.

M. Guérard a, dans ces prolégomènes^ donné le tableau le plus complet des gynécées du moyen âge, p. 617 et suiv. I3ès le neuvième siècle^ comme le prouve le savant académicien > ces ateliers

Et si, iiiulgi'éces témoignages, nous voulons cependant accepter comme vraie l'affirmation faite avec serment, par le romancier qui a rimé Berte aux grans piis (1), et croire que la reine Berthe*, mère de Charlemagne, eut un jour entre les mains de la soie qu'elle employa dans quelque broderie, nous devrons regarder cette apparition de la soie dans le gynécée conmie accidentelle et exceptionnelle.

Après Charlemagne, le lien que sa main puissante avait maintenu entre les parties si peu homogènes de son vaste empire se rompt ; les nationalités se réveillent

de femmes devinrent le théAtre de toule sorle de désordres, et le nom de gynécée s'appliqua souvent à des lieux de prostitution .

(1) Les deaz filles Constance, ne vous en mentirai, Sorent d*or et de soie onTrer, car bien le s ai. Delés eles fa Berthe, qni moalt ot le eoer vrai. * Qaant ot véa leur œoTre^ si dist : Je toqs ferai

Une œurrc, s'il tous plaist, que vous aprenderai. Ma mère fa oavrtère, née fn vers Anssai.

Li Romans de Berte aux gratis pies, coupl. lvii.

Nous empruntons celle citation à M. Francisque Michel ; il nomme en outre un chroniqueur du treizième siècle qui, traveslissant le passage d*Eginhard mentionné plus haut, dit que les filles de Charlemagne apprirent à owyrer soie en taulieles. Recherches sur le commeixe^ la fabrication^ etc., p. 93.

Il convient d'ajouter à ces citations le passage des Chroniques de Saint-Denis^ où le même fait est énoncé, liv. viir, chap. n. « Charlemagne ses filles faisait introduire en toutes manières » d*onnesté^ et commandait que on les feist h la fois filer ou à » ouvrer de soie; pour ce qu'elles ne s'abandonnassent pas trop à » oidives. » Dom Bouquet, Historiens de France, lom. v.

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