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DEUXIÈME PARTIE. CIL III

et s'efforcent de reconstituer leur indépendance; de nombreux États s'élèvent du neuvième au onzième siècle (1); en même temps, le régime féodal, qui avait été combattu par Charlemagne, profite de l'affaiblissement du pouvoir royal et s'établit définitivement*

Le proverbe qui terre a guerre a résume l'état de la France à cette époque pleine de confusion, où le droit c'est la force.

Chaque seigneurie devient un inonde qui s'isole, et qui cherche à se suffire; le voisin est un ennemi. Dans chaque domaine fiéodal , outre les cultivateurs et les guerriers, il y a des charpentiers, des cordonniers, des tisserands, des ouvriers en or, en argent et en bois, etc. , artisans qui dépendent du seigneur et reçoivent de lui, en échange de leur travail, du pain, du vin et de l'argent (2). Là, de même que précédemment nous Tavons observé pour les gynécées impériaux, Tindustrie

(4) Voir A. Thierry, Lettres sur r histoire de France p. 492 et suiv.

(2) M. Levasseur a consacré le chapitre premier du livre troi- 8ièmc à la condition du travail dans les domaines féodauz. Histoire des classes ouvrières, tom. i, p. 461. Mais Tétude la plus considérable et la plus^ complète qui ait été faite de Torganisation de la propriété seigneuriale au moyen âge est celle que M. Guérard a développée comme introduction à la Polyptique de l'abbé Irmimn^ ou dénombrement des manses^ des serfs et des refvenus de Vabbaye de Saint-Germain des Frés^ sous le règne de Charlemagne, Les prolégomènes que nous avons déjà cités forment deux volumes remplis d'une merveilleuse érudition.

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textite met en œnvre seulement les matériaux qui lui sont fournis par Tagriculture indigène.

Même dans les monastères et les abbayes^ refuges des lettres et des arts délicats de la peinture et de l'enluminilre (i), Tart de la broderie en soie n'apparatt pas au moyen âge; la règle de saint Benoit impose aux moines l'usage des toiles, des draps et des pelleteries (2). Le concile d'Aix, tenu sous Louis-le-Pieux, le

(4) Le cérémonial bénédictin^ qui était généralement adopté dans tous les mo^fastères de TOccident dit : « Opéra auteoa qai- » bus fratres se occupare debent sunt haec : videlicet scribere li- » bros aut rubricare vel ligare^ pergamenum et alia necessaria » prsBparare, et his simiiia int«r quae scribendi exercitium tanlo » censetur esse utilius quanto spiriiuali vieinius. • CeremoMO^ Benedictinum, cdp. ix^ de labore manualiy édit. in-42^ 4610, p. 332.

(2) Il y avait un moine chargé du vestiaire, et la règle du silence faisait exception pour lui en raison de ses fonctions : « Mo* » nachus vestiarius loquipotestjcum sutoribus, sartoribus, pelli- » ficibus et textoribus , tantum in officinis eorum et ubi vestes » reponuntur, pro utilitate et expeditione ofôcii. » Ibidem^ p. 292.

11 était réconome du monastère et c*est lui qui devait fournir les frères de tout ce dont ils avaient besoin, mais après avoir reçu Tordre du frère abbé : « Ad ipsum pertinet âevestimentiset » indumentis et pannis laneis et lineis, pellicibus^ calciamentîs » frairum^ etiam laïcorum; ipsorumque necnon hospitum^ in- » ârmorum necnon mercenariorum lectisterniis^ mensalibus map^

n pulis^ manutergiis et tersoriis cultellis^ grapbiis, labulis^

» encausto, calamis..... floccos àutem seu cucullas, tunicas et » pellicia nova ac quœlibet majora preciosa sine abbatis scitu et » voluntate speciali nemini dareprœsumat. »I5t(Z, p. 293.

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