‹ Histoire de la soieChapitre 123 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. III

noires ou blanches découpées dans du drap ou de la toile (1). »

A coup sur nous aurions mauvaise grâce à justifier notre opinion uniquement par le texte des règles monastiques, lorsque nous voyons les plaintes des conciles et celles des réformateurs (2) attester que ces règlements étaient sans cesse violés. Il y avait d'autres causes

(1) Oq lit dans la règle de Saiat-Césaire d'Arles donnée parla reine Radegonde au monastère de Poitiers. Récits des temps mérovingiens, Pièces justificatives ^ no 4.

§ 44. « In ipsis lanificiis faciendum pensum suum quolidianum )> cum humilitate accipiant et cum grandi industria împlere con* » tendant. »

§ 25 « Omnis lanificii cura, unde vestimenta sanctis soro-

» ribus ministrelur ad solitudinem prœpûsitae vol lanîpendlœ per- » tinebit. »

g 26. a Quœ tamen vestimenta cum tanta industria in mouas- » terio fiant ut ea nunquam necesse sit abbatissœ eitra monaste- » rîum comparare. »

§ 44* ce Tinctura in monastcrio nulla alla fiai nisi, ut supra » dictum est, laia et lactina (couleur blanc de lait)^ quia aliud hu* » militati vîrginum non oportet,

§ 42. » Plumaria et acupictura et omne polymitum vel stra« » gulasive ornaturœ, nunquam in monasterio fiant : ipsa etiam » ornamenta in monasterio simplicia esse debeut^ nunquam plu- M mata, nunquam boloserica> et nihil aliud in ipsis nisi cruces » aut nigrae aut lactinœ tantum opère sarsurio, de pannis aut lin- » leis apponantur. »

(2) Entre autres réformes somptuaires, nous citeront» celle de Louis le Débonnaire qui obtient que les prélstts et .les clercs a mellent jus les bandres et les ceinz d'or et d'argent charchiez » d'aumosnières de soie et de couteaux à mancbes d'or et de pierres n précieuses, les robes de dras espccious. » Dom Bouquet, tom* yi,

plus générales de Texclusion de la soie, car cette exclusion existe pour l'industrie des villes aussi bien que pour rindustrie des domaines seigneuriaux. Ces causes, elles sont dans les institutions féodales et dans les troubles politiques qui amènent la ruine de toute industrie du neuvième au douzième siècle* Anarchie et désordre résultant de la passion de posséder des terres, parce que rhomme n'est rien que par la terre ^ barrières et impôts se multipliant par le besoin qu'on a d'argent pour guerroyer ; appauvrissement du pays que les Sarrazins, les Hongrois et les Normands ravagent ; isolement dans lequel chaque seigneur se renferme : tel est le triste tableau de la France féodale.

Les villes se dépeuplent ; et d'ailleurs chaque ville est devemue un véritable fief possédé par Tévêque ou par le comte : l'ancien défenseur de la curie s*est transformé en suzerain de la cité, et le manant des villes est au niveau du vilain des campagnes • c'est un serf. Corvées et servitudes, privilèges pesant sur le commerce et l'industrie, tout dans la constitution féodale des villes

p. 442. -^ Voir la vie de Saint-Denott d'Aniaoe^ ibid*y p. 274 et ausM les extraits du concile d'Âix^ ibid.^ p. 446.

Dans la vie de Saint- Benoît d'Aniane, on lit : « Sed paulatim » tepescente rigore^ regularis pêne doperierat ordo. » Dom Bouquet, tom» VI, p. 274.

Pierre Damien^ au onzième siècle, s'élève bien souvent contre le iux« des vêtements des moines • Pétri Damiani opuscula, m. et xxn. •

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