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DEUXIÈME PARTIE* CH. III

Moins favorisés à la fin de ce siècle, ils retombent dans leur triste condition habituelle : ils sont maltraités au Nord (1 ) comme dans le Midi (S) . Et cependant les quartiers qu'ils habitent dans les principales villes de la Gaule, quartiers qui conservent encore de nos jours le nom de Juiveries (3), sont le refuge de l'industrie et du commerce. De plus, les Juifs du Midi, en relations di-* rectes et fréquentes avec les Juifs d'Espagne, créent, à l'imitation de ceux-ci, des écoles (4) où la médecine, les sciences et les lettres sont cultivées et enseignées avec éclat : ils jouent un grand rôle dans la Gaule Narbonnaise, autrefois si prospère sous la domination des Romains (5) et sous celle des Goths (6) . Et s'il faut attri-

(4) Exclusions du concile de Meauz, persécutions de Tévéque de Sens. Bédarride, p. 88 et 89.

(2) Mauvais traitements à Toulouse et spoliations à Narbonne. Ibid., p. 89, 9S. ,

(3) La Juivme^ à Lyon, était au pied de la colline de Four^ vières, et la synagogue était à mi- coteau. Les négociants juifs étaient nombreux dans cette ville si importante par sa position sur le Rhône et la Saône : ils tenaient le commerce des vins et de la boucherie.

(4) Les écoles de Narbonne, Béziers et Lunel étaient célèbres au dixième siècle^ et préludaient à l'illustration qu'aura Montpellier à Tépoque des croisades.

(5) On se rappelle les chants entonnés en l'honneur de Narbonne par Ausone et Sidoine Apollinaire.

(6) M. Célestîn Port^ dans un très remarquable mémoire sur le commerce maritime de Narbonne, cite les preuves de la prospérité que conserva Narbonne sous la domination des Goths, et rappelle qu'à eette époque il y avait dans la Septimanie, « une » population de Juifé, de Syriens et de Grecs, négociants attirés

buer la renaissance de l'agricuUui*e dans le Languedoc â rînimigraiion des chrétiens d'Espagne qui, fuyant le joug des Sarrazins et attirés par de larges privilèges que leur accordent les Carlovingiens(l) viennent s'établir comme colons dans la Septimanie ; si le contact de la civilisation arabe a eu une grande influence sur les mœurs et la littérature de TAquitaine, du Languedoc et de la Provence (2), il faut laisser aux négociants juifs

» sans doute el fixés dans la proyince par les Décessités de leur » commerce. » Essai sur V histoire du commerce maiitime de Nar^ bone, p . 4 5 .

(4) 11 y a plusieurs capitulaires de Charlemagne et de Louis le Pieux, relatifs aux privilèges et aux donations, qui servent à attirer en France les Espagnols. Le dépôf exigé d*un de ces capitulaires dans les villes de Narbonne, Carcassonne, Rosciliona, Empuriis, Barcelonne^ Gerunda, Biterris^ semble indiquer ces villes comme les centres de la colonisation. Baluze, CapituL ^iom. i, p. 570.

(%) « Les manières et le costume des Méridionaux qui vinrent » en grand nombre à la suite de Constance, fille du comte de t) Toulou9c et seconde femme de Robert, scandalii:èrent étran-

» gement la petite cour monacale et dévote de Paris Les

'> hommes austères du clergé français sentaient, sous Télégance » moderne des Aquitains, poindre des idées et des habitudes » nouvelles qui les effarouchaient singulièrement. Le commerce » des villes maritimes avec les Maures d^Espagoe, alors le peuple » le plus éclairé de l'Occident^ exerçait une sensible influence n sur la Provence, la Septimanie et TAquilaine ; les mœurs des » seigneurs et des chevaliers se polissaient; Taisance et les lu- )) mières reparaissaient dans les cités; le contact des Arabes ins- » pirait une sorte d'émulation à la civilisation gallo-romaîne du » Midi, et l'esprit el les formes do cette société renaissante in- » quiélaient le clergé par leur caractère étrange et profane, » Henri Martin, Histoire de Franee^ tom. th. p. 36.

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