‹ Histoire de la soieChapitre 127 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. Cil · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. Cil

l'honneur d'avoir maintenu dans ces contrées la richesse par leur industrie et leur commerce, et aux savants juifs la gloire d'avoir fait connaître à la France du moyen âge Aristote et Platon (1), d'avoir stimulé Tétude des lettres dans les écoles des chrétiens, et préparé le grand mouvement philosophique du douzième siècle.

Cette influence littéraire des Juifs ne s'étendit pas au nord de la Loire. Au dehors de la Septimanie ils ne trouvèrent plus les mêmes protections, et au onzième siècle lorsque les nouvelles de la profanation du Saint- Sépulcre soulevèrent l'indignation de l'Europe chrétienne, et que le massacre des Juifs (2) précéda le grand mouvement des croisades, aucun seigneur ne leur offrit la protection qu'ils trouvèrent auprès des comtes deNarbonne, de Toulouse, de Béziers et de Montpellier. Dans le domaine seigneurial, en effet, le Juif était considéré comme un objet de rapport ; il avait la faculté de faire le commerce parce que le produit de ce commerce revenait en partie au maître du domaine. On recherchait les Juifs, « on se les vendait, on se les donnait; quelquefois les seigneurs se les volaient les uns aux autres et ne permettaient plus aux Juifs qui se trouvaient sur

(1) Henri Martin; Histoire de France^ lom. iv, p. 3.

(2) Voir pour le massacre des Juifs à Orléans, en l'an 4009, le récit de Glaber, moine de Gluny, hist. lib. m, apud Duchesnc, Hififoriœ Fvancorum seriptores, tom. iv, p. 31.

Page 1