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Mérovingiens et les empereurs grecs (1;. ce Marseille était le principal intermédiaire de ce commerce ; les étrangers y étaient attirés par la bonté de son port, par la sécurité qu'une police sévère y entretenait, par Taménité des mœurs et la probité de ses habitants. Arles et Narbonne, qui devaient leur fondation et leur prospérité aux Romains, partageaient avec Marseille le commerce de la Méditerranée (2) . »
Après que les Arabes eurent conquis TAsie occidentale et TEgypte, ils laissèrent aux Franks le droit de trafiquer dans le port d'Alexandrie, fermé cependant aux négociants grecs. Saint Arculf, faisant le pèlerinage de Jérusalem au septième siècle, visite Alexaftdrie et dit que des commerçants de toutes les parties du monde s'y donnent rendez-vous (3). Les relations amicales
A noire commerce se trouva menacé, les obstacles qui se préscn « » tèrent à ceux qui entreprenaient les pèlerinages servirent & » exciter et à faire entréprendre les croisades qui n'auraient pas » eu lieu si la liberté du commerce et des pèlerinages eut sub- » sisté . » Mémoires de l* Académie des Inscriptions et Belles-lettres, t. xxxvii, p. 475.
(1) Relations entre Chilpéric et l'empereur Tibère, Hist. des Franks, liv. vi.
(2) Pardessus, Introduction à la collection des lois maritimes^ p. 62.
(3) Adamnan, de Locis sa/iq^is, apud d'Achery et Mabillon, Acta Sanct» ord. S. Bened,^ saec. m, part, ii, p. 547. Saint Arcolf fait allusioa aussi à la foire qu'on tenait à Jérusalem, le 15 septembre, et dont nou^vons précédemment parlé. *
entre les Abassides et les Carlovingiens (i , relations basées sur la nécessité {lour les khalifes de trouver une alliance à opposera ralliance des Grecs avec les Onimayades de Cordoue, favorisèrent les pèlerinages et en même temps le commerce (2;. D autre part, la conquête de ritalie septentrionale mit les Franks en contact avec le {peuple qui avait conservé toutes les traditions de la civilisation romaine et qui avait continuellement reçu, par Tentremise du commerce grec, les riches tissus nécessaires à son luxe. Aussi le neuvième siècle fut-il une époque de véritable prospérité pour le commerce des soieries. Charlemagne, qui a voulu conserver dans ses vêtements la plus grande simplicité ^3), engage vainement ceux qui l'entourent à ne porter que des
(1) Pépin reçut des ambassades venues de Tempire arabe.
Les échanges de présents entre Ghariemagoe et Âroun-al-Raschid sont bien connus : le but de Tempereur frank était^ suivant Eginliardy de venir en aide aux chrétiens et d'améliorer leur sort dans les contrées soumises aux Arabes, en Afrique comme en Asie. Dom Bouquet, tom. v, p. 99.
(î) Parmi les pèlerins, les uns venaient uniquement dans un but commercial, les autres par dévotion « alii causa negotialio- » nis tracti, alii causa devotionis etperegrinationis. » Jac. Vit.
(3) a Veslitu patrio, id est, francisco utebalur : ad corpus ca- 9 misialanea et feminalibus lineis induebatur; deîude tunicaquœ » lirabo serico ambiabatur^ et tibialibus ; tune fasciolis crura et » pedes calceamentis constriDgebat;etexpellibuslutrinis thorace » consecto humeros ac pcctus hi^e muniebdt..... peregrîna « vero icdumenta quamvis pulcherrima respu^bat. » Eginh. vita Karoli magni^ apud Dom Bouquet^ tom. v, p. 98 . — Le moine de Sâfint-Gall eu dit tout autant^ ibid,^ p. 424.
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habits delai«e ou de lin (1) : l'usage des soieries se développe en raison de la facilité qu'ont les négociants juifs (2) de se les procurer; le moine de Saint-Gall se plaint de ce que le clergé lui-même s'abandonne à ce luxe, et la description qu'il nous fait (3) de certain évêque
(i) Après avoir raconté cel épisode bien conau^ el que nous sommes nous-même conduit à reproduire plus loin^ de la chasse après laquelle Charlemagoe montra sa pelisse, pelHdum^ intaeteaux officiers qui avaient chassé avec lui et qui avaient eu leurs riches habits de soie tout déchirés, afin dclcur faire honte et de Us engager è prendre des vêtements plus modestes et plus durables, le moine de Saint-Galt ajoute : a Quod exepnplum religiosissimus » Pater vester non semel sed per totam vitam suam ita imi talus » est, ut nuUus qui ejus agnilione et doctrina dignus videbatur, » aliquid in exercitu contra hoslem nisi tantum arma mllitise et 9 lanea vestimenta cum lineis portare prœsumerct. Quod siquis- » quam inferiorum, disciplinas illius ignarus de serico, auro vcl » argenlo, circa se habens^ eum incurrisset, his verbis incrc- » patus. ••. etc. » Apud dom Bouquet^ tom. v, p. 133.
(2 Â toutes les preuves de la part que prenaient les Juifs au commerce de la Méditerranée^ nous ajouterons celle-ci : c*est une phrase du moine de Saint-Gall qui semble indiquer que tout navire marchand abordant dans le midi de la Gau^p était frété ou par des Juifs ou par des Arabes d'Afrique ou par des Bretons : « Cumque visis navibus alii Judaeos, alii vero Africanos, alii » Britannos mercatores esse dicereni, sapientissimus Carolus ex » structione navium vel agilitate non mercatores sed hostes esse
> deprehendens dixit » 11 s'agissait de pirates qui arrivaient
dans un port où Charlemagne se trouvait accidentellement et incognito. Dom Bouquet, tom. v, p. 430.
(3) «Talibus ergomissis (les envoyés de Charlemagne) adiitem » perductiSy ingrediuntur in aulam variis tapetibus et omnis ge- » neris ornalampalliis; ubi opipare illud convivium auro vel ar- » gento seu gemmeis vasis immissum fastidio vel nausea labo- » rantes in sui desiderium posset allicere. Sedebat autcm ipsc
de son temps rappelle les habitudes des ri«bes Romains des premiers siècles. Au reste; Tempereur^ tout en cherchant à propager, sans doiite dans le but de favoriser l'industrie nationale, Tusage du drap et de la toile, amasse dans son vestiaire (1) de riches vêtements et des étoflfes de soie dont il se servait pour faire des présents aux églises de toute la chrétienté comme aux rois ses voisins (2) : ce trait ne pouvait manquer au milieu de la représentation si complète de l'empire romain à laquelle visai tCharlemague. Aux huitième et neuvième siècles nous retrouvons les soieries employées aux mêmes usages que précédemment. Les chroniques
» in piollissimis plumis, pretiosissimo serico vestitus, imperaloria » purpura indutus, lia utnihil ilii nisi sceptrum et nomen regium » deesset... » dom Bouquet, tome v, p. 443.
(4) « lu caméra atque vestiario ejus, » dit Eginhard. Ibid^* p. 403. — Nous lisoDS dans les chroniques de Saint-Denis que Louis le Débonnaire, afin de pouvoir distribuer ses trésors « vout » que touz si jouel et son meuble, en quelque chose que ce fust^ » fussent escrit, fust en or, fust en corones, ou en pierres, ou en » armes, en livres, en vaissiaux, en dras de soie ou en ornements » d*église. » Dom Bouquet^ t. vi, p. 468«
(2) Voira l'appendice la lettre que Charlemagne écrivait en 799 à Offa, roi de Mercie: il promet aide et protection aux marchands et aux pèlerins qui viendraient de Mercie, et envoie quelques présents à Offa et aux églises de son royaume : ce détail est très intéressant comme peinture de mœurs de Tépoque» (Lettre D).
On trouve dans la chronique <ie Tours Ténumération d*an grand nombre d*églises auxquelles Charlemagne envoya de Tor^ de l'argent et des étoffes de soie : «omnes auro etargento ditavit, vestimentis » sericis exornavit. d Martenne et Durand, Vetemm script, et monum. ampL collectio, tom. y, col. 961 .
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du temps, les vies des saints évoques, les chansons de geste et les romans parlent des riches étoffes de soie qui servent de linceuls pour les hommes célèbres (1); de celles qui couvrent les lombeaux ou les reliques dqs saints (2) , ou encore qui sont déposées comme offrandes sur les autels (3). Malgré cette libéralité des fidèles, il ne faudrait pas croire cependant que le trésor de toutes les églises, au neuvième siècle, contenait quelque soierie ; le polyptique de Tabbé Irminon ne cite aucun riche ornement en soie dans les églises de Tabbaye ; et le polyptique du monastère de Saint-Remy mentionne seulement deux églises qui ont chacune un voile de soie pour le calice, coopertorium sericum unum (4).
Nous avons été surpris de ne pas trouver mentionné l'envoi de quelques riches tissus de soie grecs au moment où les relations furent actives et amicales entre la cour de Byzance et la cour d'Aix-la-Chapelle. Les chroniqueurs (5) en effet n'ont pas oublié les tentes en coton si merveilleuses de grandeur et de coloris, et les
(4) M. Francisque Michel cite de nombreux passages où cet usage est mentionné. Recherches sur le commerce^ la fabrication et Vusage des étoffes de soie^ tom. i, p. 429.
(2>J6td.,p. 437.
(3) 76td., p. 473.— Il élaitmêmc d'usage en Angleterre et en Aquitaine, observe M. Francisque Michel^ p. 484 , que les rois, après leur couronnement, fissent présent de leur manteau à Téglise.
(4) Poîyptichim Sancti Bêmegii, p. 78 et 87 .
(5) « Munera autem hujusmodi sunt qusD iegati imperatori de- » tulerunt^ papilionem et tentoria atrii byssina varie colore^ si-
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pailes en soie, riches et nombreux qu'Aroun-al-Raschid et son vizir envoyèrent, Tan 807, avec des parfums et avec la fameuse horloge si souvent citée depuis. Nous ne conclurons pas du silence gardé sur les Grecs que le marché byzantin avait déjà perdu son importance; mais nous ferons remarquer la concordance de tous les renseignements pour placer entre les mains des Arabes le monopole du commerce et de la fabrication des soieries durant 1^ moyen âge.
Théodulphe attribue une origine arabe aux (1) riches
» mul cum fuDibus pari ordine distinclis; pallia serica mulla et » prciiosa, balsamum et odores atque unguenta. » Adonis chroti, apud dom Bouquet, tom. y, p. 32.
On Ht ailleurs : « Teuloria atrii vario colore facta mirâe mag* A nitudiuis ; erantenim omniabyssina tam teutoriaquam et funes » eoram diversis tincta coloribas, Fuerunt prœlerea munera » praefati régis pallia serica multa et pretiosa^ et odores, atque » uDgueota etbalsamum, unum et borologium ex auricbalcho » arte mecaaica mirifice composilum. » Annales Francorum, Ibid,^ p. 56.
(1) Alter ait : mibi sunt vario Tucata colore. Pallia quas misit, ut pato, torvos arabs.
Parœnesis ad judices, vers. 2f1. Apud Sirmoadi opuscula^ Paris., 4675, in-8®, tom. ii.
Uq peu plus loio, parlant des vanités des biens de ce monde et du luxe qu*on étale, Tévôque d^Orléaûs dit, vers. 317 et suiv. :
Ipse licet sedeas gemmis ornatus et ostro,
Post carnis putridus tempora pulvis eris. Corpus eoim falvo quod nunc accingitor auro,
Serica qaod vario palla colore tegit, Squalenti squalens oUdum gelidum'iue putoi>ti,
Pro dotor! intectum veste premctur iiunio