DEUXIÈME PARTIE. CU. I
vain du onzième siècle, Pierre Damien, donne au mot grec, lorsqu'il le présente comme un terme vague et le fait synonyme du mot paile (1), dont on a tant abusé au moyen âge. La pourpre était un paile tantôt en soie, tantôt en laine, tantôt en étoffe mélangée. Etait-ce du taffetas, du satin ou du velours? nous ne saurions le dire. Son nom |3?.aTTwv, pourpre, qui demeurait le même
quelle que fut la matière du tissu, lui venait de ce que le plus généralement Tétoffe était de cette couleur rouge (2) si appréciée au moyen âge; ce nom lui était conservé, lors même que la couleur était une couleur ordinaire (3), peut-être parce qu'on voulait assurer que le tissu était identique aux tissus teints en rouge (4), peut-
les étoffes usitées pour tentures, dit : ^XaTxCcov xal (i7cXu>[juiT(i>v, xal aevSèç, p. 572^ et place ainsi les pourpres en compagnie des tapis et des sendes.
(4) BlaMimi palladium dicitur, Epist, , lib. it, epist. 7. •— De là cette expression de Jean du Plan de Carpin, p. 767 ipur^ puram unam, une pourpre; on disait de môme un paile^ une pièce de drap .
(t) Il y a une distinction à établir entre la couleur représentée par le mot ^Xdbriov.et la vraie couleur pourpre^ celle que lesanciens estimaient tant. Constantin Porphyrogénète désigne les variétés de oette dernière couleur sous les noms^ ^Çuv, è\o^ç^o>^, àXi^Oivov.
(3) Il y avait des pourpres de toutes les couleurs, blanche, verte^ jaune citron, etc. Voir Godinus^ De offîcialibus, p. 48 à 22, édit. Niebuhr^ et Francisque Michel^ Recherches, etc. tom. II, p. 44, et suiv.
(4) « Pour moi, disait Legrand d'Aussy dans une note. Fait bliatuB ou Contes^iom.i^ p. ISO^sans vouloir entreprendre ici des » discussions qui sont fort au-dessus de mes connaissances, je pro- » poserai une conjecture : c'est que pendant longtemps Técarlate
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être parce qu'on voulait justifier le haut prix et garantir la solidité de là Audîice en indiquant que la pourpre en* trait dans sa composition (1). La signification de couleur, nuance, est indiquée pour le mot jSXatttov, par le même écrivain déjà cité. On lit en efifet dans une lettre de Pierre Damien : a II m'a été offert un paile qui par sa nature doit être placé au nombre de ceM qu'on nomme triblattion *, il est de trois couleurs, et cotnme le mot blattion veut dire paile, triblattion devient lé nom d'un paile sur lequel on distingue trois couleurs (2}. n C'est ainsi qu'il faut entendre, ce nous semble, les mots TptSXsStttojy^ (^igÀÂtricay^ à l'aide desquels Constantin Porphyrogénète établit une progression dans la richesse des tissus (3) . Une étoffe brochée ou lamée avait d autaiit plus de prix qu'elle présentait
» et la potirpre ne s*étani ethployéefl^ à cause âé lear ôh«rté, que n pour la teinture des draps les plus fins^ oo donna par la suite n le nom de pourpre et d*écarlate, non à la couleur^ mais à l'étoffé » elle-même^ quelle que fût sa couleur. »
(4) Ave6 da rouge, du bleu et du jaune on peut produire toutes \ei nuances. Le blatic lui-même, qui en théorie n'est pas une couleur, s*obtient en teinture par le mélange du rouge et du bien. Le pourprâ peut donc éire considéré eomme la base d'un genre de teinture^ de même qu'aujourd'hui on disûogue la teinture au safranum^ la têlûture à la cochenille^ elc<
(2) « Quidim Rodulphus..;i« mihi pallium revérenter obtulit D quod triblattion juxta sui generis speciem nuncupatur. Trium n quippe colomm est^ etblattiou pallium dioitur; unde triblattion » pallium rocatur quod trium cérbltur esse coldrumi » Epkt,, lib. IV, ep. 7;
(3) De eermàniis^ p. 470, 4S5.