‹ Histoire de la soieChapitre 15 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. I

un plus grand nombre de couleurs (1)* Seulement, pour rétoffe façonnée comme pourTétoffe unie, le nom de la nuanee ou du procédé de teinture était appliqué au tissu, au lieu du nom de la matière textile.

La véritable nuance pourpre conservait cependant et sa valeur et son prestige, elle était spécialement réservée pour l'empereur, ce qui lui fit donner le nom de pourpre impériale [^] . Les étoffes ainsi teintes n'étaient pas dans

(\) Pierre Damien, dans ses opuscules, critique la préférence donnée aux pailes de plusieurs couleurs, même sur la pourpre la plus riche. « Bâgalis itaque purpura, quia unicolor est^ vilipen* » ditur. Pallia vero diversis fucalanitoribus ad subTimis lectuli de- » putanlur ornatum. » Opusc. xxxi, cap. 6, in-f<', 4665, p. S39.

Conslanlin Porpfayrogénàle^ De cerem.^p. 440^ place parmi les vôlemeols de l'empereur, oxapipcYyiov 8^v npàaiSQ Tp(6XaTtovy UD manteau à trois nuances dont la chaîne était pourpre^ et la trame du fond, la trame principale^ verte ; la troisième nuance» apportée par gne seconde trame^ n*est généralement pas nommée. On peut voir dans les planches qui ornent le magnifique ouvrage de MM. Cahier et Marlin, Mélanges d'archéologie, des tissus de ce genre.

C'est parmi les âi6>.d^TTi(uv, étofiT^s à deux couleurs, qu*il faiit classer les étoffes d'origine grecque, mentionnées par les Arabes sous le nom Dibàg ou Dibàdj, Voir Amari, Stona dei mtmtlmani, tom^ u» p» 47S. «— Paseual de Gayangos, tom. i, p. 35S. — Francisque Michel, Becherckes^ etc., tom. i> p. 150» -^ Le root Dibâg qui a servi pour désigner une étoffe brochée, dérive du grec Bfêa^oç, lequel, on s'en souvient^ s*appliquait surtout à la pourpre.

(2) Voir Francisque Michel, Recherches, etc., tom, i, p. 64. La pourpre impériale était^ suivant Pierre Damien, la belle nuance^ tir^e du murex : « Anima..... eum consummari per martyrium » avide eoncupiscit, tune valut conchilii sanguine tingitur, sicque • regalis purpuraB speciem îmitatur » Opusc. xxix^ in-f*^ 4665, p. 130.

le commerce, et, comme autrefois (1) Jeur sortiede l'empire était prohibée, à moins d'une autorisation toute spéciale. C'est ainslqueLuitprand, évèque de Crémone, envoyé auprès de Nicéphore Phocas, en 968, par Othon, roi d'Italie, afin d'obtenir la main d'une princesse byzantine pour le fils de son roi, se plaint, en énumérant ' les disputes qu'il a eues avec les gens du palais et les indignes traitements que l'empereur lui â fait subir, de ce que cinq vêtements de pourpré achetés par lui pour le roi Othon lui ont été pris. « Nous savons, lui est-il dit, que vous avez acheté quelques .pailes pour le roi, nous ordonnons qu'ils nous soient apportés :" ceux qui sont dignes de vous seront estampillés de la marque en plomb et vous seront laissés; ceux au contraire qui sont prohibés et ne peuvent être portés que par nous autres Romains, vous seront enlevés, en vous remboursant leur valeur. J'obéis à ces ordres, continue Luit-

prand dans sa lettre adressée à Othon, et on m'enleva cinq des pourpres les plus précieuses, vous déclarant indignes vous, et tous les Italiens, les Saxons, les Francs, les Bavarois, les Suèves, en un mot toutes les nations d'Occident, de porter de semblables tissus (2\ » Et plus

(0 Voir notre premier volume^ p. ta7.

(2) « Et quoniam le in decorem suum quœdam pallia émisse ,pu- )>tamus, ut in médium proferantur edicimus: quœsuntvobisdi^na, nplumbea notentur buUa vobisque sinantur; quae vero xtoXué{i.6va, »id est nationibus omnibus prœ nobis Ramanis prohibiUii pretio nreddito auferantur. Quodcumfieret, quinque mihipretiosissimas

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