‹ Histoire de la soieChapitre 144 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. III

uns des autres, et des invasions désolantes des Sarrazins qui ravagent le littoral de la Méditerranée et pénètrent même dans l'Adriatique (1). Toutefois de l'excès du mal naquit pour Tltalie moderne une situation toute nouvelle. « Les villes abandonnées à elles-mêmes, par des souverains exclusivement occupés de leurs querelles d'ambition, faibles ou insouciants, n'eurent, pour échappier aux maux de l'anarchie qui se joignaient à ceux des guerres domestiques et des invasions, d'autres ressources que de se gouverner elles-mêmes. Elles firent ainsi les premiers pas vers une indépendance qui devait amener leur grandeur (2}. » Dès lors, pour satisfaire au luxe qui ne s'arrête pas (3), ce sont les villes italiennes qui développent leur commerce maritime (4),

(() M. Weinrich a réuni, Rerum ah Arabibusin ItaHamsulisque adjcuientifms gestarum commentant lib. i, tous les documents relatifs aux guerres qui ont ensanglanté et dépeuplé Tltalie du hoitièiiw an douiième ûècle, guerre» où m s<»it reneontrés les Allemands, les Grecs, les Arabes et les Normands*

(2) Pardessus, Introdmtion aux lois maritimes, 4* époque, p.7S.

(3}MBratori,Bm<97itM. scr^iores^tom. u, port, ii, col* 395. •^ On trouve encore dans Antiquitates italicc^^ tom . ii, col . 414^ ces paroles adressées aux Milanais, en lOl^^ par Saiat^Arialdus : « Vestri sacerdotes qui effici possunt ditiores in terrenis rébus, » excelsiores in œdificandis turribos et dcmibus, supenores in n hoii<»ibos, ÎB moIlijMis delicatisqoe Testibus palebriores, ipsi » potanturbeatiores. »

(4) Mnratori^ AniiquHates itaHeœ^ dissertatio xxx, tom* if, eol. SS? et sniv.

et héritent de l'activité commerciale entretenue jusqu'à cette époque par les Grecs dans les ports de Fltàlie.

Nous ne rencontrons pas avant la fin du onzième siècle, dans le commerce du Levant, les Pisans et les Génois ; pour nous leur prospérité commerciale appartient à répoque des croisades. Jusque-là ils semblent tout occupés de résister aux Arabes qui , établis à Fraxinète, en Corse, en Sardaigne, ne discontinuent pas de faire des incursions sur les côtes italiennes.

Amalfi et Venise, tels sont les noms qui brillent du neuvième au onzième siècle dans les mers du Levant. Les empereurs de Constantinople favorisent d'autant plus ces républiques, qu'ils sont jaloux d*avoir été supplantés en Italie, et qu'ils sont heureux d'empêcher l'unité de ce beau pays, tant regretté, sous une seule autorité.

Les Amalfitains ont sur les Vénitiens cette prééminence d'avoir établi plus tôt des relations amicales avec l'orient arabe. Habitués à fréquenter les marchés de Palerme, de Syracuse et de Messine, les négociants d* Amalfi (1) continuèrent de s'y rendre même après

(1) « Les Amalfitains, dit Muratori^ furent de bonne heure » célèbres parmi les navigateurs et les commerçants : « Multum » sibi nominis peperil Amalfîtana civitas, cujus populus naviga- » tioni et mercaturœ in primis addicius, forma reipublicœ as- » sumpta, prœsidem sibi eligere consuevii^ cul titulus consulis, » comitis ac domini ducis fuit : » Antiq. tto/tc, disserl. v, tom. I» p. 204 . — Voir aussi Scherer, Histoire du commercede toutes les nations^ tom. i, traduit de rallemand par MM. Riche-

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