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price du seigneur. Mais partout aussi il a pour auxiliaires les foires (1), ces rendez-vous à jour fixe que prennent les acheteurs et les vendeurs dans certaines villes. Les marchands se réunissaient pour partir ensemble afin de se prêter secours, car le défaut de sûreté sur les routes et l'absence de tout ordre exigeaient qu'on fit' le négoce en commun. Et ce n'est pas un des moins curieux spectacles pour qui étudie les mœurs du moyeii âge que la vue de ces caravanes : elles avaient quelque chose de guerrier, car on ne marchait pas sans être armé ; soit que les marchands eussent acheté le droit de port d'armes , c'est-à-dire d'attacher une épée au pommeau de leurs selles, soit qu'ils eussent obtenu une escorte armée ; elles avaient aussi quelque chose de burlesque, car les marchands étaient généralement accompagnés de saltimbanques, d'histrions, qui étaient toujours les bienvenus dans les châteaux et dont la présence prédisposait certains barons en faveur des marchands.
Le commerce italien, soit dans l'intérieur de l'Italie,
Dons Qote^ en passant, de l'origine du moi ba7iques^ nom usité dans le commerce pour indiquer les meublëb, les tables, sur les-^ quels on pose les étoffes. Il vient de Titalien banca, mot qui dérive lui-même du latin planca : on appelait planca^ la table sur laquelle lés marchands s'asseyaient ou exposaient leurs marchandises lorsqu'ils étaient sur le marché, platea ; la location de ces tables faisait partie du revenu du marché plateaticum.
(4) Voir Muratori, antiquiU ital., tom. u^ col. 865. — Daru, Histoire de Vmise, iom. i, p 429.
DEUXIEME. PAKTIE Cil. UI. 209
Ce sout eux, oLsei've Guillaume de Tyr (I ) qui, les premiers, firent connaître îAîr les mairché» de la Syrie et de TËgypte les produits de l'Occident^
En même temps les Amalfitains conservaient avec Constatitinople un commerce régulier et actif, comme rindique Luitprand (2) ; aussi est-ce à bon droit qu'un poêle du onzième siècle les proclame les premiers négociants du monde (3), et leur accorde une renommée
(4) c Prîmi merees peregrinas et qt»9 Orient non noter^t, acf » sopra iKHttlitaia» partes {Mgjfitm al S^riam) loerî f»ei«)(li » causa inferre tenUy^nini; unde et optimas conditiones apud » illarum partinm praesides pro rébus necessariis quas infereb&rif ^ fl^ ei siiM dlffienltate aeeé«iiii& at popati aibttomloaigratlaia »<• B rabaatiir* » WilU Tyr* lib* xvm^ cap. 50*
(2) Nousrappelonsle passage déjà cité où Tévêque de Crémone fait observer aux Grecs que les marchands Amalfitains ei vénitiens fent \m eemmerce replier das (issoa dont on loi lot^rdit réxpottationrCeti à Amalfi que DésidéhiiSf Mti eu mmV CaMÎa^ acbeta vingt pièces de triblatti pour en faire présent à Tempe* reur Henri IV. Ce nom iodiqtie parfaitement Torigine grecque du tissu. Voir Francisque Micbel, tom. i, p. 44«
(3) tJrbs haee &hêê ùfmÊf, popul*^ refért» vWetar# NttHt mafki kKDpte» argenlo, vestibo»/ aaro>> Pariibos innomeris, aeplitftrmta orbe ttoraliir MvA»f naris oœliqae vjas aparîre peritusv
Hue et AUxandri diversa feruntur ab urbe« hegis et Antiochi. Hsec fréta plurima transit. His. Arabes, Tudi^ SicuU, noscuutur et Afri. fisc gens est totom nobîlitata per orbem, Et mercanda ferens, et amans mercata referre*
GttiUelmiui Apolu», de Normanwis, Itb. lu, apud Mu> ratori> Antiq. itaL, tom. ii, p. 884.
300 lilSTOlRE DE tA SOIE.
qui va exciter la jalousie des Pisans, des Normands, des Vénitiens, et déterminer la ruine d'Amalfi.
Du neuvième au douzième siècle, les seuls rivaux des Amalfitains dans le commerce de TOrient, ce sont les Vénitiens. « Dès le neuvième siècle, observe M. Pardessus (1), les Vénitiens se présentèrent aux Grecs avec tout ce que l'activité née du besoin , l'ambition d'une nation jeune, Thabileté d'un gouvernement vigilant, pouvaient réunir de moyens pour arriver aux plus hautes destinées commerciales. D'abord tolérés, ils devinrent utiles, bientôt nécessaires ; leur adresse à profiter de toutes les circonstances avait fait au onzième siècle passer en réalité dans leurs mains le commerce de la mer Adriatique, de l'Archipel, de la mer de Marmara, de la mer Woire. »
Après s'être créé une marine et une source de richesses par le monopole, du commerce du sel, les Vénitiens prirent pour règle politique qu'ils devaient s'atta-
« Au temps de sa prospérité, Amalfi comptait plus de 50,000 » habitants ; sa monnaie avait cours dans toute riialie et même » dans le Levant; sa marine dominait dans les eaux de la Médin terranée ; ses lois de navigation forent partout adoptées et sertt virent de base au consulat de la mer, qui fut rédigé plus tard. » Scherer, tom. i, p. 986.
(1) Pardessus, Introdiiction à la collection des lois mariiimeSf 4* époque, p. 3. — Voir aussi la brillante esquisse du commerce byzantin tracée par Hûllmann. Ca traduction a été publiée dans le Magasin encyclopédique de Millin, en 4808, tom. vi, et- 1809, tom. u.