DEUXIÈME PARTIE. CH.' III
cher à Fempire grec. Aux empereurs, ils prêtèrent leur concours pour combattre les Arabes, puis les Normands; aux commerçants, ils se présentèrent comme des intermédiaires neutres, lorsque les conquêtes des Arabes eurent fermé l'Asie et TEgypte (1) aux bâtiments grecs. De plus, ils furent accueillis comme des protecteurs par les populations de tout le littoral, depuis Venise jusqu'à Constantinople, parce qu'ils les délivrèrent des pirates devenus de plus en plus nombreux et audacieux à mesure* que le gouvernement grec, affaibli par les (actions et obligé de faire face à des ennemis qui surgissaient de tous côtés, avait dû ce&er de se préoccuper des intérêts du commerce et concentrer toute sa marine dans la guerre. Aussi les relations entre Venise et les différentes provinces européennes de Tempire grec demeurèrent très intimes ; et les Vénitiens furent en quelque sorte appelés par les populations chez lesquelles leurs comptoirs étaient établis, à se faire la part du lion, lorsque Tempire byzantin dut être partagé entre les croisés. Habiles à tirer parti des services qu'ils rendent aux empereurs grecs, et de la triste politique qui poussait la cour deByzance à ruiner le commerce national au profit des
(4) I/histoire de renlèveroeDt da corps de saint Marc par des marchands vénitiens qui le rapportèrent d'Alexandrie à Venise, en 887, prouve que déjà le commerce de Venise était élabli en Egyplc au neuvième siècle. Voir Daru, Histoire de Venise, tom. i, p. 67, et Muratori, Antiquitates italicœ, dissert, xxx, tom. ii, col. 882.
étrangers, les doges font accorder au commerce de Venise d'importants privilèges. Âa dixième siède, Urséok) II obtient « qae les sujets de la républicpie seront exempts de tous droits dans l'étendue de l'empire^ tant dans les ports qae dans l'intérieur des terres, ou du moins que les droits seront réduits de trente sols d'or à deux (1\ » Au onzième siècle, sous le d<^t de Vital Falliero, Tempereur Alexis « accorde aux Vénitiens la libre entrée de tous ses ports et déclare (ju'îls seront considérés à Constantinople non comme des éinaàg&t9 mais comme nationaux (3). ]» Cette franchise des péages pour toutes les mardiandises importées ou exportées, et la concession de terrains dans l'empire grec ^3) ne suffisent pas à l'avidité des Vénitiens : leur jalousie, impatiente de la conoirrence des Amalfitains, exige que les négociants d'Amalfi « qui abm^ront sur les côtes de l'empire grec payeront une redevaiu» annuelle de trois perperi ft l'églke de Saint*Marc (4). >» Leur jalousie contre les Amalfitains était exdlée non-seulem«Qt par les faveurs que ces derniers avaient obtmues à Byzance, mais aus par ks eoncessions qui leur avaiaait été octroyées en Egypte et
(4) Dani, Htsiùke de Venise, Ihr. n, tom. i, p. 103* — Voir aussi les détails feorais par Lucius, De regm IkUmatiœ et Croatiœ^ lib. ni, cap. 2, p< ISS.
(5) Dam, Histoire de Venise^ \vr. ii, tom. i, p. It^.
(3) Anne ComoèDe, Akxiad,^ Iît. Ti»
(4) Daru, Histoire de Venise, tom. i, p. 4S8.