DEUXIÈME PARTIE. CH
en Syrie. Les Vénitien» avaient, il est vrai, précédé en Orient les Âmalfitains : leurs commerçants trafic quaient dés le neuvième siècle en Egypte et en 3yrie, et de temps en temps les doges, dés que la chose était possible, sollicitaient par des ambassadeurs et des présents la bienveillance des soiidans d'Egypte et de Syrie (1) ; mais leur politique les avait rapprochés des Grecs et éloignés des Arabes^ et au onzième siècle, s'ils avaient le monopole du commerce grec, ils n'étaient pas en Syrie accueillis comme les négociants d'Amalfi« Possesseurs de comptoirs considérables dans les ports de l'empire grec, et pouvant se procurer aisément les produits de TOrient, les Vénitiens s'appliquèrent de bonne heure au commerce d'exportation. Le moine de Saint-Gall les nomme comme, les pouiToyeurs du marché de Pavie au neuvième siècle (2). Au dixième siècle, des traités faits avec tous les états d'Italie assurent des avantages aux vaisseaux et aux marchandises des Vénitiens, a A la faveur des concessions du patriarche d'Aquilée, et des rois d'Italie, observe Daru (3), leurs barques remontaient tous les fleuves de la Lombardie et
(1) Daru, Histoire de Venise^ lom. î,p. 403. — Voir aussi Na- \B%\ùTo,Storia délia repubîica Veneziana; apud Muratori, Script, rer. t(al., tofn. xxni, p. 947; Danduli Chronicon^ apud Muratori, tom.xii, p. 470 et 223.
(2) « Ad quam nuper Venetii de transmarinis partibus omnes » Orientalium divltias advectassent. » Voir la cilalion faite plus haut, p. 293, note 4 .
(3) Daru. Histoire de Venise, tom. i, p. 404t
de r^Jalie, l'usage des étoffes de soie et des pourpres fut aussi constant? Là est Texarchat, le refuge de tous les émigrés qui, au moment de l'invasion lombarde, se sont enfuis de l'Italie septentrionale; « les bannières de Pavie et de Vérone, de Milan et de Padoue ont été déployées dans leurs quartiers respectifs par les nouveaux habitants de Ravenne ; et cette ville est devenue un centre de richesse, d'industrie et de population (4). » Du septième au neuvième siècle, l'exarque de Ravenne demeure le représentant de l'empereur de Byzance, et la mer Adriatique appartient à Tempire grec. Plus au sud est le duché de Naples, dépendance de Texarchat de Ravenne. Nous avons déjà "dit que les Arabes emportèrent de Salerne et de Naples les àihàq grecs, estimés la partie la plus riche de leur butin. Evidemment c'est le commerce grec qui alimente de tissus précieux les marchés de Tltalie méridionale.
Au neuvième siècle, l'exarchat est enlevé aux Grecs dont la domination se limite au duché de Bénévent,, puis au dixième siècle, c'est l'empire carlovingien qui se dissout.
De ce double fait résulte pour l'Italie partagée en royaumes et principautés indépendantes, un état d'anarchie déplorable. Les historiens ne parlent plus que des guerres civiles suscitées par les princes jaloux les
(4) Gibbon, p. 788.