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DEUXIÈME PARTIE. GH. III

uns des autres, et des invasions désolantes des Sarrazins qui ravagent le littoral de la Méditerranée et pénètrent même dans F Adriatique (1). Toutefois de l'excès du mal naquit pour Fltalie moderne une situation toute nouvelle. « Les villes abandonnées à elles-mêmes, par des souverains exclusivement occupés de leurs querelles d'ambition, faibles ou insouciants, n'eurent, pour échsq^per aux maux de Tanarchie qui se joignaient à ceux des guerres domestiques et des invasions, d'autres ressources que de se gouverner elles-mêmes. Elles firent ainsi les premiers pas vers une indépendance qui devait amener leur grandeur (2)* » Dès lors, pour satisfaire au luxe qui ne s'arrête pas (3), ce sont les villes itali^cmes qui développent leur commerce maritime (4),

(f) M. Weiorich aréani, Rerum ah Arahihisin îtalia imulisqite ddQOcentil/us gestarum œmmentarii^ lib. i^ tous les documents relatifs aux guerres qui ont ensauglaoté et dépeuplé Tltalie du huitième an douiième aiècle, guerres où m sont rencontré» les Allemands, les Grecs, les Arabes et les Normands.

(2) Pardessus, Introduction aux lois maritimes, 4* époque, p.7S.

(3)Maratori,BertimtM.$cnî>lores»tom. u^part. ii, col. 395. — On trouve encore dans Antiquitates italiccB^ tom. ii^ col. 414^ ces paroles adressées aux Milanais, an 4(^76^ par Saint^Arialdus : « Vestri sacerdotes qui effici possunt ditiores in terrenis rebus^ » excelsîores in «dificandis tnrribns et domibus, superiores in » hoBOTibot, in mollibi» delicatiaque Testibus pnlebriorea, ipai » pcttanturbeatiores. »

(4) Muratorî^ Antiqu^ates iéaHeœ^ dissertatio m, tom. ir, eol. SS? et sniv.

price du seigneur. Mais partout aussi il a pour auxiliaires les foires (!}, ces rendez-vous à jour fixe (jue prennent les acheteurs et les vendeurs dans certaines villes. Les marchands se réunissaient pour partir ensemble afin de se prêter secours, car le défaut de sûreté sur les routes et l'absence de tout (Nrdre exigeaient qu'on flt' le négoce en commun. Et ce n'est pas un des moins curieux spectacles pour qui étudie les mœurs du moyeif âge que la vue de ces caravanes : elles avaient quelque chose de guerrier, car on ne marchait pas sans être armé ; soit que les marchands eussent acheté le droit de port d'armes , c'est-à-dire d'attacher une épée au pommeau de leurs selles, soit qu'ils eussent obtenu une escorte armée ; elles avaient aussi quelque chose de burlesque, car les marchands étaient généralement accompagnés de saltimbanques, d'histrions, qui étaient toujours les bienvenus dans les châteaux et dont la présence prédisposait certains barons en faveur des marchands.

Le commerce italien, soit dans l'intérieur de l'Italie,

ÛOD0 iiote« ea passant, de l'origine du mol banques^ nom usité dans le commerce pour indiquer les meublée, les tables, sur lesquels on pose les étoffés. Il vient de Titalien banca, mot qui dérive lui-même du latin planca : on appelait planca^ la table sur laquelle lés marchands s'asseyaient ou exposaient leurs marchandises lorsqu'ils étaient sur le marché, platea ; la location de ces tables faisait partie du revenu du marché p/a^ea^icwm.

(4) Voir Muratori, aniiquiU ital., tom. u, col. 865. — Daru, Histoire de Venise, tom. i, p 429.

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