‹ Histoire de la soieChapitre 154 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH

de TËurope. Bien que les renseignements historiques sur les peuples de la Scandinavie datent du neuvième siècle seulement, il nous semble impossible que les brocarts et les pourpres de Constantinople n'aient pas, antérieurement à cette date, pénétré dans les contrées d'où le luxe romain tirait l'ambre. Il existait un commerce actif dans la Baltique (1), et les populations qui habitaient le littoral, étaient de beaucoup supérieures par leur civilisation aux peuples du centre de la Germanie. Les Frisons intermédiaires entre les Bomains et les peuples du nord de l'Europe, avaient des relations commerciales non-seulement avec la Gaule et l'Angleterre (2) mais aussi avec les peuples riverains de la Baltique (3). En outre, l'Angleterre était souvent visi-

(( ) Voir les détails que donne Scherer sur les Néerlandais et les Venèdes, tom i, p. 353 et 395 .

(2) Pardessus, Introduction aux lois maritimes, p . 73 . — Francisque Michel, RecJiercheSy etc. .., tom. i^ p. 349.

Au moment de la conquête de PÂngleterre par les Normands^ voici ce qu'un chroniqueur dit : « Ànglicœ nationis fœminœ mul- M tum acu et auri textura; egreg^i viri in omni valent artificio; » ad hoe incolere apud eos Germani solebant; inferunt et nego- » tiatores qui looginquas regiones navibus adeunt doctarum ma- » nuum opéra. » Recueil des historiens^ tom. xi, p. 403.

Les celations avec l'Angleterre étaient continuelles à cause des laines que les Frisons y allaient chercher pour leurs fabriques de draps.

(3) Les habitants de Slavoren ont passé le Sund en 876 : et les chroniques frisonnes ont conservé des récits merveilleux du luxe et de la richesse des marchands de cette ville aujourd'hui réduite à rétat d'un misérable petit bourg. D'après Scherer les Frisons

3tS HISTOIRE DE LA SOIE.

tée par les bateaux yenèdes qui parcouraient les mers du nord. Les soieries étant au septième siècle connues en France (1) et en Angleterre (2), il est donc difficile

atifaieot reçu lot màrchandifei d*Orieoi en même tempe que les pelleleriee du nord par le» Slaves et les Yenèdes de la Baltique.

(4) L*iQtroductioQ des soieries dans la Gaule remontait au temps des Romains, comme nous l'arons tu. Faut-il rappeler ce passage des Chroniques de saint Denis relatif à l'exhumation &it^ sous Henri l" du corps de Saint- Denis : « Et furent trové entià- » rement H os dou preciex martir^ envelopé en un drap de soie » fi viel et si porri que il s'esyanoissoit et derenoit poudre entre » les mains de cens, qui le manioient ans! corne fait toile d*y- 9 ragnes. » Becueil des hùtoriens, tom. xi, p. 408.

(9) « On Toyait une étoffe de prix sur la tombe de saint Au- » gustin ap6lre de 1* Angleterre; et Bédé rapporte que l'on avait » mis un étendard de pourpre et d'or sur le tombeau d'Oswald, » roi de Northumbrie, tué \Bn 642. » Francisque Michel, t. i, p. 139.

Nous empruntons encore à M. Francisque Michel^ notre savant devancier dans les recherches sur la soie, les détails suivants (note 2« de la page 66, tome i) :

«i Un poëbe du huitième siècle, parlant d'Cswald, dit :

Exstroit eocksias donttque exoroat «pîml», Vasa ■inisteriis prsMtass pietieaa sacratis, àrgeptOf genunis aras vesUvit et auro, Seriea parietibus tendens velamioa sacris, Auri blateolis pulchre distincta coronis.

BeaU FJocc» Al^m $eu, Alcuini abbatis . . . opei% cm\ a4i, stvd* Frobmiij tom» ii, vol. ii, p. 550.

« Non loÎQ de lày OD prélat vénéré ornait aussi son égUse de » telle sorte qu'un hagiogmpbe s'éerie : « Quomodo altaria pur- «> pura et serico induta decoravit, quis ad explanandum suffieere y^ poterat. n Ada Sam^erum ofâim» S. Bei^edkii^ seec. iv, pttrt. K p« 6SS.

e Enfin Mtifred, rm de Mereie , VfnX fondé von 895 la cathéf> draie de Uerefirod ne eessa de Foirichii, taat qa*il véeut, de soie-

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