DEUXIÈME PARTIE. GH. III. - SIS
de mettre seulement air neuvième tiècle leur apparition en Danemark, en Suède et en Norwége.
Nous ne prétendons pas soutenir que les étoifes asiatiques étaient au septième siècle dans le commerce de l'Europe septentrionale. La vie aventureuse et le goût de la piraterie étaient le mobile principal des ex* péditions faites par les navigateurs du Nord i pour eux la mer c'était le champ des piraieg (1). Et les écrivains qui racontent les voyages entrepris au dixième et au onzième siècle donnent pour motif encore à cette époque la piraterie aussi bien que le commerce (2). Nous acceptons donc que le pillage a pu contribuer à l'importation des étoffes orientales en Scandinavie*
» ries etd'oroementa de choix» » Hist.angl scnpt, x, t, i, ool 778.
Des détails fort intéressants ont été réunis sur les étoffes de soie qui enveloppaient les restes de saint Cuthbert, t . i, p . 35 et suiv. ; ils sont en grande partie empruntés à Touvrage que M. Baine a consacré à la découverte et à la description des reliques du Saint*
(1) Pardessus, Introdtiction aux lois maritimes^ p. 69. * (2) Nous pourrions emprunter plusieurs témoignages au recueil des écrivains islandais que nous allons fréquemment citer ; Scriptd historiœ Islandoncm latine reddiia^ curante sodetate regia antiquariorum septentrionalium, Hafniee, 4S3i-184SI. Voici ce qu'on lit dans la vie d*OIaus le Saint^ tom.' iv, du recueil, p. 4 $3 : « quae res (il s'agit de la prédication du christianisme) bene sucn cedebat; legesenimchristianae Vikensibus multonotioresquam )) incolis borealibus fuerunt^ in bac enim regni parte magna erat » tam hieme quam sestate frequentia mercatorum et Danorum n etSazonum. Ipsi quoque Vikenses saepe mercandi causa ad terras r> cbristianas, Ângliam, Sazoniam, Flamiogiam et Danian^ çom- » meabant ; quidam pirâtics operam dantes in terris christianis » hiemare consueveranl. »
Dans tous les cas, ces étoffes sont très-connues, et tout à fait entrées dans la consommation lorsque les chroniqueurs écrivent Thistoire des dixième et onzième siècles.
A la fin du dixième siècle, Olav, fils de Trygve, quittant la Russie où il avait longtemps séjourné, emmène en Norwége six navires chargés de choses précieuses et rares, et parmi lesquelles on cite les soieries pourpres (1). Le roi se vètissait habituellement de soie (2), et tel était son luxe que pendant son séjoar à la cour de Valdemar, on le vit revenir d'une expédition heureuse avec des navires garnis de soieries en guise de voiles (3).
La reine de Suède, Sigrida, recevant le roi Harold, lui prépare un lit recouvert de soieries (4). Quelques
(4) « Vere incîpiente, Olavus, iter ab Oriente paravit sex du- » cens naves, praeter ires illas quas illi orientem versus duxerunt; » quœ naves tnultis rébus pretiosis, auro, gemmis, eximiis sericis, » coccineis et quibuscumque in septentrione rarissimis, onusf$ » erant.' dTooi.x, p. SI40.
(2) T. X, p. SI90 et 325. Au reste dans ce même récit de la vie du roi Olaus^ fils de Trygve, on voit en Angleterre, un guerrier ' revêtu de soieries pourpres. Tom. x, p. 236.
(3) « Qui cum tali gloria splenderet, insigni quadam Victoria » reportata, Gardos revertisse dicitur, tunique tantamin adnavi- » gando pompam et splendorem osten tasse ut pretiosis bombyci- » nis coccinis loco velorum, ejusdemque generis tentoriis navali- » bus usi fuerint. Quibus rébus intelligi potest quantam in rébus » insignibusinOrientegestismagnificentiamsumpserit. nTono.x. p. 2U.
(4) « Lectus sericis straguUs stratus. »T. iv, p. 24.