DEUXIÈME PARTIE. GH. III. 3S
années plus tard une autre princesse suédoise, Ingigerda, envoie un présent de soieries et de broderies a son fiancé le roi de Norwége, Olav le Saint (1). Mais nous sommes alors au commencement du onzième siècle, et à cette époque les tissus de pourpre et 'de soie sont abondants dans toutes les cours du nord, en Suède, en Norwége, en Danemark (2).
A la fin du onzième siècle, sous le règne d'Olav le Pacifique, le luxe prend un grand essor, et les costumes des Scandinaves copient les riches costumes des
(4) u nia régi Olavo syrma sericum multo auro picluratum et » fascias bombycioas dono misit. » T. v, p. 158.
(2) Olav le Saint, roi en 4017, était ordinairement yélu de soie« t. IV, p. 423 et 124. Lorsqu'il mourut en 1028, son sarcophage fut orné de pourpre, « arcabombyce coccinea obducta veloque purpureo tecta. » t. v, p. 111.
. Sigurd, roi de Upland (Upsal moderne), attendant la visite du roi Olav fait sa toilette : « Pedibus induit péronés e corio Cor- » dubensi quos inauratis calcaribus revinxit, deinde deposuit sa- » gum et tanicam, sericas induit vestes, quibus amiculum cocci- » neum superinduit. » T. iv,p. 78.
Magnus le Bon, roi de Norwége en 1035 et de Danemark en 1042, portait des vêtements de soie et de pourpre, « togam ex pre- » tiossima purpura, indusium bombycinum. » tom. vi, p. 47 et 59 ; elil recevait de ses sujets des cadeaux de soieries, « quod Thrau- » dus régi dédit amiculum praestanlissimum erat veslis bombycina » eximiis pellibus subsuta. » Tom. vi, p. 176.
Harold) roi de Suède, contemporain de Magnus le Bon, portait un manteau de pourpre doublé d*hcrmine, « pallium ex purpura j» phœnicea albis pellibus subsutum. » tom. vi, p. 173.
Enfin il est fait mention de la subucula bombycina^ du roi de Danemark, Canut le Grand, tom. xi, p. 24S.
Grecs : tuniques descendant jusqu'aux talons, longues manches très étroites, chaussuries couvertes de brode;* ries en soie ou en or, etc. (i).
Ce développement de la consommation des soieries dans les pay^ Scandinaves a pour causes : l'introduction du christianisme, et le contact plus fréquent avec les orientaux. Ce sont, on le voit, les mêmes événements qui partout réagissent en faveur du commerce de la soie.
Le christianisme (2), par l'uniformité de son culte, créa des besoins nouveaux. Les riches tissus qui, chez les barbares, étaient montrés comme une çuriositQ. et qui paraissaient, à cause de leur haut prix, réservés aux princes, devinrent nécessaires pour les fêtes de la religion. Tout ëvèque mettait de Taoïour-propre à ce que les églises de son diocèse eussent des ornements et des voiles dont la beauté rehaussât l'éclat du culte : la piété des fidèles correspondait au désir du pasteur.
(4) « Imperanle rege Olavo» diveraoria et compotationum » pômpœ ioBtiluebantur; tune eoUnt ad oslantatioBem eompoiitus » introduci eœpit : alii usorpabant caligas ad pompam magnifice n exornaiaa, qu» eontinuis pHcaturaram ordinibus ad erura ad* » BtriDgebantur; alii Uhias annaUs aureis eireumdabant; tune quon que uBurpatffi sunt tunieœ lalares a latere tœuiis fibulatao, manicis * quinque ulnas loDgis et adeo angusUs ut ope ligularum indu- » eendœ et ad axillam usque plicaturis eorrugandse edeent ; calcei » altiuB revineti toti filis bombycinis variati, quidam aureiB filis » distincti; multusque alius ad pompam eultuB tune invalait. » Tom. VI, p. 4<4.
(%) Il a été introduit en Norwége par Olaue^ fila de Trygve.