‹ Histoire de la soieChapitre 157 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH* III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH* III

Et puis, partout où TEvangile était prêché^ les noms de J[érusalem et de Rome étaient répétés avee respect : le pieux mouvement, qui poussa^ durant le moyen âge, les chrétiens vers les villes où Jésus-Gbrist et les apôtres avaient souffert, était un mouvement catholique, c'est^ à'dire universel. Pour le nord de l'Europe comme pour tout rOccident, les pèlerinages vers Rome et vers Jé« rusalem devinrent une conséquence de la conversion des peuples (1). Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'activité qu'ils imprimèrent aux relations entre les mers du nord et la mer Méditerranée.

En outre, la présence à Constantiriople d'un corps de mercenaires Scandinaves, désignés sous le nom de Varinges (2) et la mention fréquente des voyages que les marchands Scandinaves faisaient dans Tempire grec (3), attestent combien étaient fréquentes les relations entre

(4) Voir, t. lu, p. 44, t. VI, p. 277.

(2)T.ii, p. 7.

(3) Tom. VI, p. 344.

Aux voyages des marchands on peut ajouter les grandes expé^ ditioBS maritimes que les ro» Scandinaves ont conduites dans la Méditerranée. Nous bous sommes demandé, eu Usant dans k tome VI, les prouesses de Harold le Sévète (1 045*4 0&6) qui sé^jounia eu Russie et à Coustantinople et parcourut lu Médi terranée*en tous sens, puis dans le tome vu, la grande expédition de Stgurd, fils de Magnus am pieds qus/ tû les chroniques françaises et arabes n'avaient pas souvent attribué aux Normands^ des in- GursioDS faites par les Scandinave! ^ et se les avaient pas ainsi tous désignés sous la môme dénomiBafion à'hommes du Nord,

les peuples du nord et les Grecs, les premiers consommateurs de soieries au monde.

Si les expéditions maritimes ont aidé au développement du commerce des soieries entre l'Orient et le nord de TËurope, il faut cependant remarquer que la route par terre, à travers l'Europe orientale, fut la véritable route de ce commerce. La Russie (1) (le royaume des Gardes^ disent les écrivains Islandais), devintà dater du dixième siècle un véritable royaume Scandinave (2).

Après ce que nous avons dit de l'importance des fleuves pour les relations commerciales, il est facile de se représenter les directions prises par le commerce du nord pour se rendre dansFAsie occidentale.

«Les parties septentrionales de la Scandinavie étaient habituellement en relation avec la Biarmie, appelée depuis Permie, située sur le rivage de la mer Glaciale. Ce pays, autrefois le siège du grand empire des Tschoudes^ communiquait avec les contrées de la mer Noire par la Bulgarie, soit que les commerçants se rendissent dans le marché de Boulgar, soit que les Bulgares arrivassent

(4) Voir tome iv, p. hti, l'histoire d'un marchand auquel Olaus le Saint donne ordre d'acheter des soieries^ des peaux, de ^a^ ganterie. — Voir aussi tome x, p. 484^ l'histoire d'un marchand russe, qui vend des soieries aux pourvoyeurs des rois de Suède et de Norwége.

(5) Les Russes étaient d'origine suédoise. Ils établirent leur domination, vers la fin du neuvième siècle, sur les vastes contrées occupées par les Slaves el lesTschoudes et qui dès lors furent réunies sous un même nom, Rossie.

DEUXIÈME PARTlEi- CH. III. 329

chez les Permiens avec lesquels ils faisaient des échanges sans se parler, attendu la différence du langage et le manque d'interprètes (1). >»

Cette route, la plus orientale, c'est le Volga qui, par son affluent la Kama, rattache le nord de la Russie à la mer Caspienne, Nous ne pouvons, faute de renseignements, affirmer que les tissus d'Asie suivaient quel* quefois ce long trajet ; le fait est cependant très* probable.

Boulgar, la limite du monde connue des Arabes, du côté de l'Europe orientale (2) , était une ville trèssouvent visitée par les négociants mahométans au neuvième siècle. Les géographes arabes du dixième siècle parlent longuement des relations qui existèrent entre les Bulgares et les Arabes (3). « Suivant Massoudy,

(\) Pardessus, Introduction auœ lois maritimes, p. 74.

(%) Au-dessus de la mer Noire et de la mer Caspieune, les géographes arabes ne placent qu'un continent très-limité, comme le prouvent les cartes reproduites dans Y Introduction à la géographie à^Ahoulféda^ par M. Reinaud. Ils connaissent très-bien les. pays parcourus par leurs négociants jusqu'à Boulgar, mais ils sont très- vagues pour les contrées plus au nord. Les commentateurs ont plus d*une fois disserté sur les pays nommés Yisson, Youra, etc., etc.. placés au nord des Russes et des Bulgares, sans éclaircir leur situation. Voir Frœhn, s^n^Bros^tau'e unb anbctcr %xcAtx^tx\éiU, p. 205. Saint-Pétersbourg, 4823.

(3) D'Ohsson, dans son Etude sur les peuples du Caucase^ a réuni, chapitre iv et note 28, les renseignements fournis par les Arabes sur les Bulgares. — M. Frœhn a publié dans le livre dont nous venons déparier, le texte et la traduction du voyage dlbn-Fozzlan qui fit partie d'une ambassade, envoyée en 921 , par le khalife

Page 1