DEUXIÈME PARTIS. GH. III
lisation orientale dans ces notions d'agriculture et de commerce qui montrent les Y enèdes de la Baltique (1), si différents des Saxons et des autres Germainsi leurs voisins.
Mais, du dixième siècle seulement» datent les notions historiques sur Test de l'Europe à cette époque; les Varègues-Russes vinrent de la Suède, et éta]^lirent leur domination sur les vastes contrées qui prirent leur nom» Rossie (2). Jusqu'alors, les Slaves qui
habitaient ce pays^ affaiblis par des divisions ou par ces
guerres si fréquentes entre les peuples nomades, n'avaient pas réussi à franchir la barrière que les Khazares au sud-est et les Turcs Patzinaces au sud, opposaient à leur marche vers la mer Noire et la mer Caspienne. A peine arrivés (3), les Russes s'élancèrent sur les fleuves qui descendaient vers la mer Noire, et prirent possession de cette mer sur laquelle ni les Turcs ni les Khazares ne naviguaient. Ils surent se faire craindre et obtenir l'amitié des Patzinaces, maîtres du bas Dnieper (4); sans avoir à les soumettre, ils arrivèrent
{\) Scberer» tom. i, p. 395.
(2) D'c^sson, Peuples du Caïucase, ch. v, et not« 94, a réuni tontes les notions fourid^ sur les AttMes par les éerivàii» du moyen ftge, arabes, grecs, ete.
(3) c( Dès l'année 866 deux chefs Yarègues» Ascold et IHr, princes n de Kiew> parurent danif le Bosphore avec dent eenfsfiavlres; ■ D'Ohsson, p. 232.
(4) Constantin Porphyrogénète insiste sur Timportanee de l'alliance de Tempiro grec avec les Patzinaces, les Russes ne pou-
à leur but qui était d'avoir la libre navigation du fleuve (1), et d'arriver jusqu'à Constanlinople. Depuis lors, le Dnieper devînt la route qui unit les mers du nord à la mer Noire ; et la Russie profita de Tavantage que lui donnait son voisinage de Tempire grec, pour attirer les soieries sur ses marchés.
De sa première expédition contre Tempire grec, •c Aleg revint à Kiew, rapportant des étoffes d'or, d'argent et de soie, des fruits, des vins et toute espèce d'objets précieux (2). » Il avait des soieries en si grande quantité, qu'il en fit mettre, en guise de voiles,
à ses navires.
Ces étoffes précieuses réapparaissent, dans le récit du chroniqueur, à l'occasion de chacun des traités de paix conclus entre les Russes et les Grecs (3).
Mais un fait plus considérable est attesté par les
vant ni pour guerroyer ni pour eommeacer^ oute n6ki[xoM yjkpi^t oSt« 7cp(£Y(jLaT£ia(, venir à la mer Noire sans rencontrer les Patzinaces. De administr, împ.,lib. ii, cap. 2^ p. 69, édit. Niebuhr.
(1) Les Russes partant de Nowgorod,i7cb tou NsiiopYaôaç achetaient à Kiew^ RioaCa^ les canots que les Slaves fabriquaient dans les forêts et apportaient après la fonte cTes glaces dans la ville devenue le point de départ régulier de toutes les expéditions. Constantin Porphyrogénète raconte avec; des détails fort intéressants la navigation du Dnieper. De admirdstr. tmp., lib. ii, cap. 9, p. 74.
{%) Chroniquede Nestor, lom. i, p. as. Traduction de M. Louis Paris,
(3) I5td., p. 44^ 66. Voir aussi p. 80, à Toccasion du baptême d'Olga.