‹ Histoire de la soieChapitre 161 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. III

Ce peuple du nord avait trop gardé le goût des expéditions maritimes lointaines pour ne pas explorer le Volga et la mer Caspienne» de même qu'il avait lancé ses bateaux vers le Dnieper et la mer Noire.

Vers Tannée 912, raconte Massoudy (i), les Russes parurent à Tembouchure du Dnieper, achetèrent des Khazares Tautorisationâe traverser leur empire, remon»tèrent le Don jusqu'à Tendroit où il se rapproche le plus du Volga, transportèrent leurs navires jusqu'à ce fleuve, puis pénétrèrent dans la mer Caspienne etexer^* cèrent d'affreux ravages dans les provinces musulmanes qui entourent cette mer.

En 043, suivant Ebn-el-Ethir (â), les Russes firent une nouvelle expédition dans la mer Caspienne, et, remontant le Khur (rancien Cyrus) s'emparèrent de Berdaa où ils séjournèrent une année.

>i les plus éloigoées du pays des Slaves, sur les côtes de la mer » de Roum^ et y vendent des peaux de castor et de renard : » Tempereur grec se contente de prélever un dixième sur les M marchandises. Les marchands russes descendent aussi )e fleuve »' des Slaves (le Volga); traversent le bras qui passe par la ville )) des Khazares, où lé souverain prélève sur eux un dixième^ puis » ils entrent dans la mer de Djordjan. » Reinaud, IntrodiLCtion à la Géographie d'Aboulféda, p. 59.

(1) M. de Frœbn a donné le texte de ce passage de Massoudy» avec une traduction, SBnîfojjta u'i unb aubcrcr, etc., p. 842. — Voir aussi M. Reinaud, Introduction à la Géographie d-Abou1féda, p. Î97; et d*OhssoD, Peuples du Caucase, p. 405.

(t) D*Ohsson donne le récit de cette seconde expédition des Russes, mais sans doute sans suivre littéralement Tauteur arabe. Peuples du Caucase, p . 4 09 et suiv •

On comprendra pourquoi nous insistons sur les communications que les Russes ont eues avec la mer des KhazareSy si on se rappelle que c'est autour de cette mer que se faisait le plus grand commerce de soie et de soieries asiatiques (1). La ville de Berdaa que nous venons de nommer était un centre séricicole très-important.

« Berdaa, dit d'Ohsson, est environnée à plus d'une journée de distance, de jardins, de vergers et de maisons de plaisance. Aussi abonde-t-elle en fruits de toute espèce qui sont la plupart d'une qualité supérieure comme les châtaignes, les noisettes, les figues dont elle fait un commerce considérable ainsi que d'autres fruits de la terre. Elle produit d'ailleurs une grande quantité de soie, ce qui provient de ce que les mûriers y sont une propriété communale ; et sa soie s'exporte dans le Fars et le Khouzistan (2). »

Recevant de la mer Noire les pourpres et les brocarts grecs, se procurant par la mer Caspienne (3) les soieries asiatiques et la soie, la Russie devint un véritable entrepôt des riches tissus de l'Orient, durant le moyen

(4) Voir ch. I, p. 76 et suiv.

(2) D*Ohs6on, diaprés Ibn-Haukal . Peuples du Camase^ p. 409.

(3) On cite encore fréquemment comme une preuve des relations qu'eurent Jes Arabes avec les Russes et les Boulgars^ la quantité de monnaies arabes (surtout en argent^ car l'or était gardé par les peuples intermédiaires) trouvées dans le Jutland, la Suède^ la Poméranie. — Voir ce qu'en dit M. de Frœhn, I&n-

. Fozzian's, etc., p. 78, not. 39.

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