DEUXIÈME PARTIE. GH- III
âge ; par elle ces tissus arcivèrent non-seulement en Scandinavie, comme nous Tavons dit, mais aussi dans TEurope occidentale; car les noms paiU eselavoriy pales de Rossie^ drap de Rossie^ apparaissent dans les romanciers français (1).
C'est par le commerce slave que la soie a été connue dans le nord de l'Europe : ainsi l'atteste le mot silk (2) adopté par toutes les langues du nord. Et s'il est vrai qu'en Suède on emploie quelquefois le mot sida à côté de silka^ ce dernier nom est le seul qui figure dans les anciens écrivains islandais (3). D'ailleurs la notion de la soie écrue n'a pu venir que des provinces arabes de la mer Caspienne, et, en la trouvant chez les chroniqueurs de la Scandinavie, nous la rattachons à l'expédition qui mit les Russes à même de se procurer de la soie de l' Aran , la Géorgie actuelle, sur les lieux même de sa production. On peut supposer quel a été notre étonnement lorsque nous vîmes dans une chronique islandaise la comparaison entre une chevelure blonde et la soie jaune (4) : cette connaissance de la soie écrue avait pé-
(4) Francisque Michel « Rechercfœs sur le commerce, la fabrication, etc. T. I, p. 343. A la page 344 est cette citation du même roman, li Romarts d'Alexandre : li cote fu de soie de Vuevre de Rousie.
(%) Silk vient du slave chelk^ d'après Abel Remusat, Journal asiatique^ 4823.
(3) Renseignement que nous tenons de l'obligeance de M . de Goeje .
(4) « Coma (lava instar Bombycis.w Scripta historica Islando^ rum. Tom. vi, p. 409.