II. Î
nétré si tardivement en Occident, et il y a une si grande différence entre cette soie nouvelle et celle que les écrivains latins nous ont décrite dans les premiers siècles de notre ère ! Au reste, la soiene'dégénérait pas ; on TassimilaitencoreàTor, car autrefois les poètes nommaiente^A^*^ veux d'or cette chevelure blonde rousse si aimée des Orientaux.
Tout en admettant qu'on ait pu importer de la soie pour broderies en Russie, nous n'hésitons pas à éloigner toute idée de tissage (1) , d'autant qu'il faut aller dans rhistoire de Russie jusqu'au dix-huitième siècle pour
(4)11 y a dans les chroniqaes islandaises un passage qui a donné è M. Francisque Michel la pensée que peut-être on avait tissé la soie ea Suède. Voir Becherches sur le commerce^ etc., tom. i, p. 444. Les mots fœmina quœ telam bombydnam tex^xii^ se trouvent, t. m, p. 478, Scripta historica Islandorumj dans le récit d'un voyage que fait Thornstein, factotum du roi Olaus, fils de Trygve. Un voyageur et surtout un négociant est toujours porté à orner de merveilleux le récit de ses voyages. Nous regardions donc comme une invention (analogue du reste à celle du bâton enchanté queThomstein place dans ce mémo récit) cette vision d*ane femme tissant de la soie dans une espèce de caveau, un tumulus, où une autre femme remuait un berceau, et nous repoussions Tidée d*une industrie séricicole en Suède, tant que dés renseignements plut certains ne Tauraient pas appuyée. Toutefois nous avons voulu vérifier le texte même, et, sur notre prière, M . de Goeje ayant eu Tobligeance de relire le passage, nous a écrit : « Tom. iit, « p« 478, il n*y a que le mot filer (guevef^ wewen). » Le texte dit donc simplement Tune des femmes filait et Tautre agitait un bei^ Aeau. Combien nous nous estimons heureux, nous qui dans nos recherches, voulons avant tout découvrir le vrai, d*avoir rencontré ^aide et protection chei les savants dont l'obligeance amicale égale la science !