‹ Histoire de la soieChapitre 164 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. III

avoir la première trace d'une industrie dans cet empire.

Les renseignements, malheureusement bien peu nom^ breux et trop concis que nous venons de passer en revue , ne laissent aucun doute sur la consommation croissante des étoffes de soie en Europe depuis le règne de Cbarlemagne jusqu'aux croisades. Nous ne voulons pas terminer cette seconde partie de l'histoire de la soie sans avoir recherché quelles variétés offraient alors les tissus soyeux. Constantinople , marché parfaitement approvisionna, est le lieu le plus propice pour cette étude. La reine du Bosphore n'est-elle pas d'ailleurs la ville où les soieries se consomment en plus grande quantité p

Nous ne prendrons pas les soieries dans les costumes des riches citoyens ; ce que nous avons dit précédemment des Byzantins est encore vrai pour les Byzantins du moyen âge, et nous ne saurions imiter la naïve admiration des chroniqueurs des croisades, tout émerveillés de ce luxe si nouveau à leurs yeux. C'est à la cour de Byzance que nous nous arrêterons : elle nous offre un double attrait, car elle est le type sur lequel se sont modelées les cours de l'Europe moderne, et son cérémonial a été copié par le cérémonial français du quinzième et du seizième siècle.

A voir le soin avec lequel Constantin Porphyrogénète(l) note tout ce qui concerne le cérémonial delà

(•) Dans son livre, De Ceremomis aulœ byzantinœ.

cour I)yzantine, on ne peut douter de Timportance que les Grecs du Bas-Empire y attachaient. L'ordre des processions, la place que chacun doit occuper dans le cortège, les costumes que chaque dignitaire doit revêtir, tout est décrit avec de minutieux détails par le royal écrivain; et, pour nous, nous lui en exprimons une grande reconnaissance, car seul il nous parle des tissus en usage à Byzance durant le moyen âge.

Il faut, en narrateur impartial, avouer que le tableau de ces processions tracé par Luitprand est loin de ressembler à celui qu'a laissé Constantin. Sans regarder la foule déguenillée qui borde la route suivie par le cortège, voici ce que Tévêque de Crémone dit de la procession, irpoéXeuaiç, à laquelle il assiste : « Les grands qui accompagnent Tempereur à travers cette multitude de gens du peuple à pieds nus, étaient revêtus de grandes tuniques usées jusqu'à la corde ; leurs habits de chaque jour eussent été bien plus convenables. Aucun de ces seigneurs n'aurait pu faire dater de son aïeul le vêtement qu'il portait. Personne n'avait de l'or, personne n'avait de pierreries pour ornement, si ce n'est l'empereur (1). » Mais, tout en acceptant quelques dé-

(4) « Sed cl optimales sui, qui cum ipso por plebeiam et discal- » ceatam muUitudiDem ipsam transieruDt^ magnis et nimia ve- » tustate ricnatis tuDicis erant induli; salis decenlius quolidiaûa B veste induli procédèrent. NuUus est cujus atavus banc novam » haberet. Nemo ibi auro, nemo gemmis ornatus erat nisi ipse

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