DEUXIÈME PARTIE. CIÏ. III
tails qui dépeignent Tavarice de Nicéphore, il faut tenir compte de la disposition d'esprit de Luitprand, si mécontent de la cour de Bvzance. Laissons de côté le
règne exceptionnel de Nicéphore, et, pour être vrai, prenant dans leurs beaux jours, les habitsràpés des dignitaires byzantins, représentons-nous une de ces solennités du temps de Basile ou de' Constantin, éclairée par le soleil de TOrient.
Les riches tapis et les soieries pavoisent les fenêtres ou couvrent le sol, les vases en or et en argent sont étalés ou suspendus devant les maisons, les tleurs -sont répandues à profusion, les arbres odoriférants bordent les rues (1). Dans le cortège, les chevaux s'avancent enharnachés et couverts de housses brodées où étincellent les pierreries; les bannières, oXa{xouXa,d'or et de cendal (2), miroitent au soleil ; les soieries, les pourpres
» solus Nicephorus^ quem imperalia omameota ad majorum per- » sonas sumpta et composita fœdiorem reddiderunt. Per salutem » vestram quae mihi mea carior exstat, una vestrorum: pretiosa » vestis procerutn centum horum et eoamplius pretiosior est. » Apud Muratori, Scriptor, rer, Ital., u, col, 479.
(1) Voir Constantin Porphyr. De Ceremoniis^ p. 46.
Voir la description du retour triomphal de Basile^ après une
expédition en Asie Mineure. » '0 Bè ïna^'/oq t7)ç TidXswç jîpoîJToi- (xdcaaxo xol-zol^x^olç T7)V 7:6Xiv (ij:b 1^5 yj^^^i Ttépmrjç [xé)(^pt x^ç xaXx^ç dtTub odi(pV7)ç xal ÔÊvBpo>w(6avou xa\ {JLepa(vr)ç xai poBtov xat Xoittwv dtvOéwv, àXkd -^i xat oxapafidcYYiwv Bià<popwv xa\ asvBiç xat ::oXuxàv8r)X(ov waaixa); xa\^ Y^ Tïaaa cptXoxaXrjÔsfaa xaxÉaTpwxodtvOEaiv. Const. Porphyr.
(ï) BaaiXixov <pXa{jLouXov )(^puao«pavxov aevBèç. Be Ceremonii& , p . 516 et passim .
et les fourrures mêlent pour former les costumes leurs teintes si variées. Au luxe extérieur, répond la décoration des églises et des palais (1) : les tapis de Perse, les plus riches soieries façonnées, les pourpres, y servent de tentures, de rideaux ou de tapis.
Chaque grande fête de Téglise, Noël, Pâques, etc., chaque réception d'ambassadeurSi l'entrée triomphale des empereurs, les brumales (2) des membres de la famille impériale, étaient des occasions de renouveler ces cérémonies, et de faire étalage de ces richesses. C'était d'ailleurs une coutume générale en Orient (nous l'avons trouvée chez les Arabes) que d'exposer ainsi
les draps d'or et de soie pour faire honneur aux personnes que l'on recevait ; et nous la verrons de l'Orient passer dans les mœurs européennes après les croisades (3).
Les étoffes n'apparaissent pas dans Constantin Porphyrogénète uniquement pour ces jours de grande solennité ; elles sont mentionnées à propos des vêtements qui doivent former l'approvisionnement ordinaire du vestiaire impérial (4).
(4) Voir Reiske, Commenter . , Const. Porphyr. DeCeremoniis, t. Il, p. ô'TS.éclit. Niebuhr.
<â) Voir Reiske, Und.^ p. 706. Oa nommait Brumales, les fêles des membres de la famille impériale, comme les jours de naissance, etc*.
(3)' Francisque Michel, Eecherches sur le commerce^ etc., tom. u>p. 430.
(4) Const. Porphyr., De Ceremomis^ p. 465 et suiv, — Une