DEUXIÈME PARTIE. CR. III
Malheureusement Técrivain se contente d'indiquer le nom du tissu ou du vêtement, sa couleur, son genre d'ornementation : pas un mot de la nature du tissu, ni de la matière qui le compose.
Il est évident que chaque étoffe demeurait affectée à un usage spécial, de telle sorte qu'il suffisait de hon>* mer le vêtement pour que les contemporains connussent rétoffe dont il était fait; les noms étaient le plus souvent les mêmes et pour le vêtement et pour le tissu, et celui'-ci, suivant sa destination prévue d'avance, était fabriqué d'une longueur déterminée (1).
L'habitude, chez les Arabes et chez les Grecs qui ont emprunté aux Arabes tant de noms de tissus (2), de
partie de ces étoffes étaient destinées à faire des présents. li est asses curieux de lire dans Constantin, p. S30, que la personne qui recevait un vêtement en cadeau, devait B*en revêtir de suite; et de trouver ches les Arabes la môme prescription & propos du khilah^ vêtement d'honneur donné par lé khalife. DoKy, DicHonna/îre des noms des vêtements chez les Arabes^ passim.
(4) Enumérant les vôtemeuts qu'il faut acheter, en outre de ceux qui étaient fabriqués dans le gynécée^ Constantin dit qu^on prendra des pièces de six aunes, de sept aunes^ de huit aunes, de neuf aunes^ de dix aunes de longueur. *I(Aat(a li dhf6pa< djtb tou fépou BsxdXiay ivvaXta, oxTdcXta, sTcxaXCa, eÇaX(a, p. 473.
(2) Nous avons déjà cité comme empruntés aux Arabes le mot (tevdeç, d'où dérive le nom cendal (Voir sur cette étoffe du moyen Age, les recherches de M. Francisque Michel, tom. i, p. 498 et suiv.), les mots x«<^^iov, (j.oX/^a(jLiov, •^o£œta. Nous ajouterons axa» pafxorff (^^ t aoiiQ <i*ua manteau et d'un tissu fréquemment mentionnés par Constantin Porphyrogénète. Ce mot dont les roman» ciers ont dérivé escarimant (Francisque Michel^ Recherches sur le commerce^ etc., tom. i, p. 246) nous parait en effet être com-
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désigner par un même mot ce que nous nommons vêtement, manteau, pièce d'étoffe, cojiverture, etc., et de plus l'absence de toute indication sur la matière pre^ mière, laissent place à toutes les conjectures, quand on veut essayer de comparer à nos étoffes modernes les étoffes du moyen âge. Il en est des noms donnés aux tissus* par les Byzantins, et des noms donnés par les Arabes (1), comme des noms adoptés (2) par les trouposé du mot aapxvixov^ et du mot arabe mamdjcun que M. Dozy traduit ainsi : « habit à manches et à corps courts, cousu de drap » sans doublure en dedans et sans doublure en dehors. » Dtc^ic/nnairedes noms des vêtements ^ etc., p. 430.
(1 ) Ces noms dérivaient souvent du nom de la ville où Ton fabriquait rétoiïe^ comme Ispahani de Ispàfian ; ou même du nom d*une ruc^ comme âtabi qui vient d*otâbyiah, nom d'un quartier de la ville de Bagdad. Voir Dozy, Dic^. des noms^ etc., p. 436.
(2) Nous notons ici quelques-uns de ces noms qui sont des noms arabes francisés ; on trouve sur chacun d^eux les détails les plus complets dans les Recherches sur le commerce^ la fabrication et Vusage des étoffes de soie^ par Francisque Michel, et le Dictionnaire des noms des vêtements chez les Arabes^ par Dozy, ouvrages déjà si fréquemment cités par nous.
Siglaion de Tarabe Siklatoun (Fr. Michel, i, p. 233).
Tabis de Tarabe AfoM {id. i, p. 244).
Nac ou nakhj qui est le mot arabe lui-même (ibid.y i, p. 264, Dozy, p. 220 note).
Barracan^ qui est le mot arabe (Dozy, p. 68, Fr. Michel, ii, p. 34).
Bougra7î, Boqueranf^ que Reiske dérive de Tarabe abvkeram (De CeremoniiSf ii, p. 530, édil. Niebuhr) et que M. Francisque Michel fait venir de Bokhara, nom d'une ville de Tartarie (t. n, p. 29).
TireSf qui nous parait être le mot tiraz (Fr. Michel, ii, p. 3« 4, 430).