‹ Histoire de la soieChapitre 17 sur 184 · II · texte numérisé non relu

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kt HISTOIRE ht, LA SdIE.

Lft faelltié d'«diporter même des éloffds prohibées, facilité ^'fttàit rêfloontrée Lyitpt«iid à l'épo^ dé sa pt^mière ambassade est expliquée par le priTilége que les lois reconnaissaient aux ambassadeurs étrangers (1). Constantin YII Porphyrogénète était alors sur lé trône de Byzance, et ce prince, soucieuit de fiiire respecter les lois et de réprimer les abtis, jaloux surtout d'acquérir de la renommée chez les autres nations, u'atifttit pas soUffiM't qu'un atnbassadeuf fût molesté. Au moiiietit du second voyage de Luitpraud^ c'est Nicéphore i^hodds qui régnait à Constatitinople. Guerrier avant tout, cet empereur abandonnait l'administration à son entourage , ne demandant qu'une chose, del'argent pour continuer la guerre contre les Bulgares et les Arabes. Son atàriee qui le conduisait à spéculer sur les blés (â) dans un teinps de fiimine lui a été assez souvent reprochée i

Si nouiS insistons iut les caractères de quelques-uns des empereurs grecs^ c'est que leur influence sur le commerce et l'industrie, aux difiTérentes époques que nous étudions, était toute-puissante, c'est que le mot éélèbre d'un monarque moderne, l'Etat c'est moi, a été constamment vrai pour les despotes qui ont occupé le

A GoUfliàiltincf^lej que csi «sage de doutaer les étefiés élait une mesare ^éDérale pour tout le commerce.

(f) Ge <tiie TAmbasdadeur apporte da dehors est sujet à Timpôt, ee qii*lt émpdHëda loi romain deil sortir en libre fraûchise. Basilic., lib. lvi, tit. 4, §8.

(2) 2oilar;; AmûlBê, p. t#9| in-f'^ 46S7*

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trône de Byzanee. Quelques eonsidérations sur Tadministration de l'empire byzantin ne sont pas i^n horsd'œuvre, et nous avons dit au début de ce chapitre que nous aurions à rechercher si dans les conditions économiques faites à Tindustrie de la soie ne sa trouvait pas une des causes de son impuissance.

Rappelons tout d'abord combien était grande la mi^ sère dans les provinces de l'empire byzantin, L'impul-sion donnée par Justinien avait été suivie s sous tous les règnes on retrouve le goûjt des dépenses et d'un luxe inouï, la prodigalité pour les édifices, le besoin d'argent soit pour acheter la retraite des barbares qui à l'Orient comme à l'Occident ne -cessèrent d'attaquer l'empire, soit pour soutenir des guerres contre ces envahisseurs. De là les impôts eroissants, les exactions fis* cales et administratives-, de là la vénalité des charges, la corruption de la société et la misère. Lorsqu'à ces causes d'imposer les contribuables l'empereur ajoutait l'avarice, non-seulement il y avait misère, mais il y avait aussi manque de sécurité. Ainsi, au commencement du neuvième siècle, sous Nicéphore, le successeur de l'impératrice Irène, le commerçant n'avait plus le droit d'avoir une fortune : dès qu'il avait gagné quelque argent, on le lui enlevait par ordre de l'empereur (1).

(1) Zonare, Annal., lib. XV, tom. ii,p. 413, raconta l'hUtoire d'un marchand qui est appelé à la cow, et auquel Nieéphere,

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En dehors de ces conditions excepiion«lIes, le commerçant des villes n'avait pas une position bien enviable. Il était comme tous les notables, comme tous les citoyens riches, appelé dans la curie. Or, qu'est-ce qui donne mieux la mesure de la misère générale que la loi qui rend la curie responsable des impôts de la province et exige qu'elle paye pour tous, lui laissant ensuite le soin de répartir l'impôf et la charge douteuse de le percevoir? puis cette autre loi qui menace le décurion de la confiscation de ses biens et même de l'esclavage s'il essaye d'échapper aux charges ruineuses résultant de son titre v 1 ?

A part quelques riches fen[iilles des villes, le commerçant cherchait en vain dés consommateurs dans les provinces A La centralisation était complète; l'empire c'était ConstanKnople, et tout était sacrifié pour sauvegarder ou em^Uir la capitale. Les provinces, accablées d'impôts, payaient sans avoir même la consolatioii-de voir une partie de leur argent employée à améliorer les routes, ou à favoriser l'agriculture et l'industrie. Elles

, lui posant la main sûr la léle, «emaode combien il possède en or. —Cent livres, ieprend le marchand.— Tu n'as pas besoin de tant d'or, répond Temperettr. Cela dit, il s'empare de la somme ap-

. portée, puis il fait compter au marchand seulement dix livres; mais il l'invite à dîner. '•

(0 Tout ce qui a rapport à Tadminislratioltnnunicipale dans les villes de l'empire romain a été discuté et exposéifcvec un lalenl très remarquable par M. Wallon dans le chapitre cinquiètie du V tome III, Hisioite de r^ficlavage dam V antiquité.

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payaient pour qu'on les débarrassât des Barbares qui déjà les avaient pillées ; elles payaient pour qu'on recrutât des troupes mercenaires qui venaient les traiter en pays conquis ; enfin, épuisées , dépeuplées, elles avaient encore à satisfaire la cupidité des agents du fisc auxquels la faiblesse du gouvernement ou de hautes protections garantissaient 1- impunité. Faut-il rappeler que les publicains,pour la perception des impôts, employaient leurs esclaves et même les esclaves d'autrui (i ) ? Feronsnous remarquer, auprès desabus et malversations inévitables avec un pareil mode de perception, abus que la loi signale et s'efforce de réprimer, combien était fâcheuse l'habitude d affermer les impôts (2) ? Le contribuable était abandonné, avec une protection illusoire, p*ar l'Etat qui n avait en vue que de tirer de l'impôt le plus grand

(1) Digest. lib. xxxix, Ut. 4. Tous les agents des publicaios formaient ce que Tédit nomme la famille, famiîia publicanorum. — On lit dans les Basiliques^ liv. lvi, lit. 4 : « Familia publi • » cani non servi tantum ejus intelliguntur, vemm ctiam et li- » beri et servi alieni quiipsi in eo vectîgali ministrant. •

(2) Ulpien définit ainsi le publicaio : pvJblicani dicuntur qui pu^ blica veetigalia habent œnducta. Digest. lib. xxxix, lit. 4^ ch.42.

Ce même titre du Digeste nous apprend qtie tous l^s trois ans on renouvelait l'adjudicatibn du revenu des douanes; et que si TeDchèrd pour le bàH'nouVeau^ ne montait pas au chiffre deTadjudrcation précédente, on forçait les mêmes personnes de garder leur baiPau prix ancien. Inévitablement les exigences du gouvernement vis-à-vis des fermiers et des percepteurs devenaient la source de rigueurs et de mesures vexatoires vis-à-vis des administrés.

profit^ au fermier adjudicataire qui à son tour, voulait bénéficier, système dont l'histoire moderne (1 ) nous montrera les tristes effets sur le commerce et l'industrie.

(( Le trésor est à sec et i tout prix il faut le remplir. Alors commencent les ordres de poursuivre, les lois spéciales destinées à déjouer les artifices des contribuables contumaces; alors aussi l'imagination des agents fiscaux est excitée à trouver des ressources nouvelles, et de nouveaux impôts sont inventés (2). »

La création d'impôts nouveaux (3), chaque fois que l'épuisement des finances l'exigeait, n'est pas le seul point de ressemblance entre l'histoire des temps modernes et l'histoire de l'empire grec : les mêmes causes engendrent les mêmes effets. C'est toujours la lutte entre les besoins impérieux de l'Etat et la stérilité croissante de la fortune publique ; lutte envenimée par les concussions, le désordre et la prodigalité soit des administrations financières , soit des intermédiaires entre le trésor et les contribuables.

Et, au milieu de la misère générale, aucune classe

(I) A la fin du règne de Louis XIV, la corporation des ouvriers en soie de Lyon eut è payer dee sommes énormes pour.affermer ou racheter les offices qui étaient créés, et dont rexcreice par des éfrangers eût amoindri ses privilèges.

(f) M. Âlb. de Broglie : VEglise et l'Empire romain, tom. ii, p. S43.

(3) Nous rappellerons que plu«ieur8 fois les empereurs eurent recours à TimpÂt nommé, Allelengyon ou Solidarité des contribuer blés. On le voit encore en vigueur sous Basile II, au onzième siècle.

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