II
on ne saurait douter que le commerce arabe, si l'intolérance religieuse n'avait paralysé son élan, ou le commerce byzantin, si la politique des empereurs n'avait créé des entraves insurmontables à son développement, aurait trouvé pour les soieries un débouché considérable.
Il fallut attendre que la civilisation de l'Europe fût née de la force des choses.
Or, au milieu de la barbarie des septième et huitième siècles, au milieu de l'anarchie des dixième et onzième siècles, s'il y eut quelques instants de repos, ces moments furent consacrés aux travaux de l'agriculture, dont les produits étaient nécessaires pour prévenir la famine, et fournir à l'entretien des fabriques de draps et de toiles, que réclamaient les premiers besoins des peuples. Le commerce s'adonna aux objets de nécessité ; les objets de luxe intéressaient un trop petit nombre de consommateurs appartenant pour la plupart à la cour des princes.
Heureusement pour le commerce des soieries, le christianisme, qui, du reste, par ses monastères et ses abbayes contribuait puissamment au développement agricole et au développement industriel dont nous venons de parler, lui vint en aide. Les églises, pour la pompe de leurs cérémonies, pour leur décoration intérieure, appelaient constamment une importation de riches tissus.
Ainsi sont arrivées les étoffes de soie dans la France,