‹ Histoire de la soieChapitre 172 sur 184 · DEUXIÈME PArTiE. C^. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PArTiE. C^. III

reproduire la Aftture animée, s'étaient adonnéi i Tomement proprement dit et à l'étude de la flore asiatique ; si les nécensités du commerce elf le contact avec les Euro>péens leur firent transgresser de bonne heure ce principe (1), il n'est pas moins vrai qu'il y a une école arabe dont Tinfluence est surtout évidente dans les des*sins des étoffes qui eurent vogue au quinzième et au seizième siècle. L'art d'entrelacer les feuillages et les fleurs en mille enroulements capricieux» et de reproduire les figures géométriques les plus compliquées résultant de calculs mathématiques, tel est l'art arabe. Au milieu des méandres gracieux et des feuillages finement découpés, les Arabes, et c'est encore là un type qui leur est particulier, plaçaient des inscriptions : tantôt c'est une formule religieuse, à l'imitation des anciennes légendes que les chrétiens brodaient sur leurs vêtements (2) ; tantôt c'est le nom de la personne pour laquelle le tissu est fait, khalife ou grand personnage-, d'autres fois c'est une affectueuse salutation qu'on adresse avec le vêtement (3).

(i) L'origine arabe de tissus sur lesquels sont représentés des animaux, tels que l'étoffe de Saint-Sernin (voiT Abécédaire de de Caumont, p. 255), et les vêtements impériaux de Nuremberg (M. Francisque Michel, U i, p. 82), est attestée par les inscriptions qui sont reproduites sur ces tissus.

(2) Voir notre 4*' folume, p. 248, el-Francisque Michel, i, p. 464 5 u, p. 442.

(3) Dans son rapport sûr la chape arabe de Chlnon, publié dans le Bulletin monumental^ puis isolément, M. Reinaud donne les dé-

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Ces inscriptions arabes dont les caractères étranges ont impressionné nos ancêtres et donné naissance à un genre d'ornementation dit à lettres sarrasinoises fréquemment mentionnédans lescom'pteset inventaires des quatorzième et quinzième siècles (l),ces inscriptions, disons-nous, étaient-elles toujours desimpies fantaisies* de Fartiste ? Nous en connaissons un trop petit nombre pour nous prononcer, mais nous ne pouvons nous empêcher de penser qu'elles ont peut-être été quelquefois ce que nous nommons des marques de fabrique.

La même pensée d'une signature, d'une sorte d'armoirie industrielle, se présente de nouveau à notre esprit quand nous voyons les écussons que dans plusieurs tissus byzantinsles animaux représentés portent sur leurs

tails les plus intéressants sur ces inscriptions arabes qui ont été répétées non-seulement sur les .tissus, mais aussi sur des miroirs, des vases, etc. M. Reinaud rend parfaitement compte du retour symétrique des dessins observés sur les étoffes : pourquoi ne pas appliquer la môme cause aux dispositions singulières de Tinscription qui est double, et se lit d*un côté de droite à gauche et de Tautre de gauche à droite? L'inscription était tissée comme les autres figures^ et faisait sans doute partie du dessin : il fallait donc, pour qu'elle fût traduite' intégralement, que nécessairement elle se reproduisît en double, autrement elle eût été tronquée et informe.

M. Martin a relevé sur une des étoffes qui enveloppaient les ossements de Gharlemagne à Aix-la-Chapelle, une inscriptioa grecque qui nous parait être une imitation de ces inscriptions arabes. Voir les Mélanges d'Archéologie, tom. ii, p. 403, et planche 44.

(4) Francisque Michel, u, p. 424 .

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