‹ Histoire de la soieChapitre 175 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. III

méthode qui cependant ne se généralise pas dans l'Asie occidentale tonte imbue de ses vieilles routines.

Dorénavant, tout le bassin méditerranéen présente donc des entrepôts d'étoffes de soie, et les négociants juifs qui, durant le moyen âge, en Europe comme en Asie, réunissent en leurs mains les métiers de banquiers et de marchands de soieries, apparaissent dans tous les ports de la Méditerranée.

Les routes suivies par le commerce des soieries en Europe sont indiquées par le cours des grands fleuves. A TEst, ce sont le Volga, le Don et le Dnieper qui unissent le commerce de la mer Caspienne et celui de la mer Noire avec le commerce de la Russie et de la Bulgarie orientale. Plus àTouest, le Danube met en communication Constantinople avec Venise et avec l'Allemagne. Le Rhin est comme la continuation de la route qui traverse la France en suivant la vallée du Rhône et qui va de la Méditerranée à la mer du Nord. C'étaient les routes réservées à loute sorte de commerces.

Deux faits arrêtèrent Texpansion des soieries en Europe et Tempéchèrent de se proportionner à la production de ces tissus : l'Orient s'isolait de l'Occident, et rOccidetit se civilisait lentement.

A voir la facilité avec laquelle les mœurs de l'Europe moderne se sont modelées sur les mœurs orientales, après q^ les croisades eurent ouvert l'Orient,

on ne saurait douter que le commerce arabe, si l'intolérance religieuse n'avait paralysé son élan, ou le commerce byzantin, si la politique des empereurs n'avait créé des entraves insurmontables à son développement, aurait trouvé pour les soieries un débouché considérable.

Il fallut attendre que la civilisation de l'Europe fût née de la force des choses.

Or, au milieu de la barbarie des septième et huitième siècles, au milieu de l'anarchie des dixième et onzième siècles, s'il y eut quelques instants de repos, ces moments furent consacrés aux travaux de l'agriculture, dont les produits étaient nécessaires pour prévenir la famine, et fournir à l'entretien des fabriques de draps et de toiles , que réclamaient les premiers besoins des peuples. Le commerce s'adonna aux objets de nécessité ; les objets de luxe intéressaient un trop petit nombre de consommateurs appartenant pour la plupart à la cour des princes.

Heureusement pour le commerce des soieries, le christianisme, qui, du reste, par ses monastères et ses abbayes contribuait puissamment au développement agricole et au développement industriel dont nous venons de parler, lui vint en aide. Les églises, pour la pompe de leurs cérémonies, pour leur décoration intérieure, appelaient constamment une importation de riches tissus.

Ainsi sont arrivées les étoffes de soie dans la France,

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