‹ Histoire de la soieChapitre 28 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. I. Ô · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. I. Ô

Toutefois on voit par ces citations, et c est une observfition sur laquelle nous insistons, qu'au douzième siècle seulement, cette amélioration de Tindustrie grecque est sérieuse. Préparée par la sage administration de quelques-uns des princes de la dynastie macédonienne, elle ne se serait cependant pas dévelo{^ée et aurait été de nouveau étouffée au onzième siècle sous les abus et les vices du gouvernement byzantin^ si quel*

quea circonstances exceptionnelles ne l'avaient favorisée.

Parmi ces causes nous devons placer en premièf e

ligne riufluence que les Vénitiens acquirent dans l'empire byzantin. Dès la fin du dixième siècle Dan-? dolo les moptre favorisés par des privilèges très-importants à Constantinople (1). A la fin du onzièine siècle Alexis Comnène, par reconnaissance pour quelques services militaires, « affranchitde tous droits leurs marchandises dans toute retendue de l'empire romain, en sorte qu'ils purent faire librement le commerce, et, loin d'avoir à donner une obole pour

ScBumifi^ dans les Mémoires de la Société de Géographie, tom. iv, p. 834.

J/importance commerciale des îles de rArchipel remonte à la plus haute antiquité : il n*cst besoin que de rapporter les noms de Délôs, Crète, Saraos, Rhodes, Eubée. Nous aurons bientôt à parler du grand développement de l'industrie de la soie dans l'île de Chypre, sous la domination des Lusignan, industrie qui commençait déjà au temps d'Ibn Haucal, géographe arabe du dixièmç siècle, car il nomme la soie parmi les produits de Ttle.

0) Dand. an 99?, €hron,^ p, 223.

satisfaire, soit à un tribut commercial, soit à tout autre impôt, ils demeurèrent complètement en dehors de la domination romaine (!)• » C'est à cette époque qu'il est question de fabriques entretenues à Constaiitinople par les Vénitiens (2), et de boutiques appartenant aux Amalfitains (3).

Il faut tenir compte aussi des nombreux industriels et commerçants grecs qui, fuyant devant l'invasion turque, quittèrent l'Asie Mineure au onzième siècle pour se réfugier en Europe.

Enfin le grand mouvement des peuples occidentaux qui affluent durant toute cette période, en pèlerinage vers Jérusalem, dut donner une impulsion considérable à la fabrication des soieries dans l'empire grec et au commerce de ces étoffes:

Les centres de la fabrication, ce sont Constantinople et Thèbes.Et, une chose à remarquer, c'estque l'industrie de la soie dans les deux villes est presque totalement entre les mains des Juifs. « A Thèbes, dit Benjamin de Tudèle(4), il y a environ deux mille Juifs qui sont

(4) T^v l(i7cop{av o&Tcôv &Qf^\t.ioii Inoir^ati h néusouç xatç uTcb x^v IÇoiSdiav Tci)(ia(u>v /^((>pai( &aze à^txtaç l(inopeuéa6ai xa\ xoxdi x6 oStoiç PouXïjxbv (i7)Tè piv uTcàp xo[i(JLÉpxiou ?! ftepaç Tivbç £?anpa^éa)ç Ttj) ôij- (jL6ai(i> e?axopi^o[iiv7)ç izipsy^iiyt df)(^pi xa\ d66Xou Ivbç, dlXX' IÇ<o izàtrr^ç Eivai p(t)(iafxY]( IÇo\S(7ioiç. Ânn. comm. Àîeœ., lib. yi, p. 162.

(2) Muratori^ Ant, ital. tom. i,p, 900. Diplôme de ]*an 4090.

(3) Tob< î% Mikfriç Iv Kiovoxavrivo^TcoXei Ip^aanipCa xaté^ovra^. Ann. comm. Alex, lib. vi, p. 46f •

(4) « Hic bis mille circiter degunl Judœi^ eorum qui in Grœcia

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