DEUXIÈME PARTIE. CH. l
les plus habiles fabricants de soieries et de pourpres qu'on trouve en Grèce. A Constahtinople, continue le même voyageur , il y a près de deux mille Juifs relégués hors de la ville, dans le faubourg de Péra, et qui s'occupent de la fabrication des vêtements de soie ou s'enrichissent par le commerce (1). » Depuis longtemps les Juifs préludaient à ce rôle industriel dans Tempire d'Orient : le code Théodosien montre les fabricants juifs en concurrence avec les gynécées, et cherchant à épouser les ouvrières, afin de les ' attirer et de les affranchir de la dépendance où elles vivaient à l'égard des manufactures impériales (2). Cela était inévitable, le commerce dans toutes ses branches étant exercé par des Juifs (3). Grâce au commerce ils subsistaient, mais leur sort dans l'empire byzantin n'était pas heureux. Les ménagements et la protection que le code Théodosien leur promettait (4) avaient été • illusoires, et le code lui-même avait ouvert la voie aux persécutions en assimilant les Juifs aux hérétiques i(5).
» habitant peritissimi sericarii purpursque artifices. » Itiner. Benj. TuduL trad. de Constantin Lempereur, 4633> p. 20.
(4) « la iis artifices sericarum vestium, multi mercatores ho- » minesque ditissimi. m Itin» Benj, Tudul.^ p. 28.
(2) Lib. XYi, tit. 8, lez 6 : « quod ad mulieres pertinet qaas Ju- » daei in turpitudinis su» duxete consortium, in gynscio nostro 1» ante Tersatas, placet easdem restitui g^Dscio.»
(3) « Inopes, vilibusquecommerciisoccupati. » Lib. xui, tit. 6, lex48.
(4) Voir Godefroy, Faratitlonad cod. Theod., lib. xvi» tit. 8.
(5) Cod. Theod., lib. xvi, tit. 5, lex 46.