II
Les lois de Justinien ne leur avaient pas été plus favorables (1). Aussi du quatrième au dixième siècle la situation des Juifs demeure-t-elle très-précaire : si on a quelques égards pour eux, c'est qu'ils sont riches et qu'ils rapportent au fisc. Pour avoir la mesure de cette bienveillance, il n'y a qu'a lire ce décret par lequel les Juifs sont admis à faire partie de la curie des villes, et qui porte cette singulière restriction , qu'ils auraient les charges, mais non les honneurs et les privilégesde l'emploi (2).
Au dixième siècle la situation des Juifs dansl'empire grec dut s'améliorer, grâce à l'influence croissante des Italiens. Les Juifs occupaient, en effet, depuis plusieurs siècles un rang important à Venise et à Gènes (3). Mêlés dans les entreprises commerciales des Vénitiens, ils se hâtèrent et furent les premiers à profiter des privilèges que la république de Venise obtint dans l'empire grec. C'était le moment où la consommation des-étofles de soie devenait plus considérable, bien que leur prix demeurât très-élevé (4). En même temps, le gouvernement byzantin perdait de sa force et voyait,
(4) Bédarride, Les juifs en France^ en Espagne et en It^Uie, p. 48. (î) Justin, noveU; Gonstit. u, nov. 474 .
(3) Bédarride, p. 406«
(4) C'était, dit M. Bock, à Rome et à Amalfi que Ton venait acheter pour 1* usage du culte catholique les riches tissus de TOrient^ et on les payait fort cher. Saint Benoit^ abbé de Wearmoath, reçoit du roi Egfrid l'offre d*une large étendue de terrain en