DEUXIÈME PARTIE. CH
dans la désaflfection des provinces, un symptôme de démembrement de l'empire; le négociant, plus libre, trouva avantage à suivre les inspirations des Wnitiens et à organiser des manufactures.
Gardons-nous toutefois d'exagérer l'importance de cette fabrication ; elle ne parait importante que par comparaison avec celle des siècles précédents. Le commerce des soieries a, en effet, toujours offert des bénéfices trop faciles pour que le commerçant eût intérêt à favoriser rindus trie. Les négociants juifs qui étaient les intermédiaires entre l'Asie et l'empire grec, ne cédèrent qu'à contre-cœur à la force des événements lorsqu'ils se firent fabricants. Tant qu'ils l'avaient pu, ils avaient empêché que cette concurrence ne fût établie, et certainement ils avaient contribué à empêcher le développement des fabriques de soieries à Constantinople, en restreignant l'importation de la matière première.
Pour le comprendre, jetons un coup d'œil sur le commerce de l'empire byzantin au moyen âge.
Dans ce commerce, la vraie source des revenus, c'est le commerce extérieur. Le marchand de soieries (1),
échange de deux] pièces de soieries qu'il rapportait de Home :
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(«) Les marchands de soieries (qui l'aurait pensé?) ont eu aussi leur monument épigraphique. Nous avons pris dans le re-
le puissant capitaliste qui étend ses relations jusqu'à la Chine, tel est le contribuable solide, celui qu on pressurera indéfiniment, sans qu'il, trouve pénible
cueil des ioscriptions latines de Orelli^ tom. i, p. 28S^ Tinscription suivante, qui est intéressante à plus d'un titre :
N®4368. — Veneri verse felici Gabinœ | A. Plutius Epaphroditusaccens. vel. at. negotiator sericarius templum cum signo aereo Qffigie Yeneris item signis aereis IV. IIII. dispositis in Zotecis et | balbis aereis et aram aeream et omni cultu a scia sua pecunia fecit^ cujus ob I dedicationem divisit decurionibus sing. X . V . item VI . vir. aug. sing. X .111 . item Taber | narls intra murum negotiantibus X . 11 . et HS . X . M . N . rei public, gabinor. Intulit. ita ut ex | usuris ejusdem summae quod annis lll . K. Octobr. die natalis Pluliae verae | filiae suae decur. et Vl vir. aug. publiée in tricliniis suis epulentur. Quod si | facere neglexserint tune ad municipium Tusculanor. HS X . M . N . perlineaat. | quae confestim exigantur loco dato decreto decur. | dedicata idibus MalS . L. Venulelo Aproniano H . L. Sergio Paulo II . Cos. Gabiis.
Cette consécration d*un temple accompagnée de largesses^ ces dons de cinq deniers à chaque décurion^ de trois deniers à chacun des six augustales^ de deux deniers à chaque boutiquier, cette fondation de mille sesterces faite .entre les mains des magistrats pour que la rente soit employée^ chaque année, à un repas douné le jour de la naissance de sa fille, tous ces détails de Finscription Plutius sont caractéristiques et très-instructifs, tant sur les mœurs du temps que sur la constitution de la corporation des marchands de soieries.
La famille Plutia était probablement à la tête d'un grand commerce, car une autre inscription, n* 4274, parle d'un Plutius, marchand de pourpre, habitant la rue Toscane, purpurarto de vico Tusco : cette rue nous est déjà connue par Tépigramme de Martial (voir notre 4*"^ vol., p. At^), elle était le quartier des négociants en habits, vestiarii.