‹ Histoire de la soieChapitre 32 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. I

rimpôt du chrysarg^re (1). Il a une valeur, et il est apprécié. Aussi en Orient le métier de marchand n'est pas, comme à Rome, un métier vil : les personnes de la cour, les gens dans une haute position s'occupéht du commerce (2) ; et vraiment cela était dans le génie de la nation grecque. Nous avons montré que, parmi les différents genres de commerce, celui qui avait pour but de fournir au luxe les soieries et les épices, avait toujours été florissant. En Grèce, comme en Syrie, dans toutes les villes où l'industrie de la soie apparut à différentes époques, elle avait été précédée par le commerce des soieries. Dès qu'une contrée, enlevée par les barbares à l'empire d'Orient, était colonisée, la civilisation grecque y pénétrait-, et à sa suite venait le commerce des soieries, qui trouvait dans un peu^ pie nouveau des passions nouvelles à satisfaire. C'est ainsi que Jean Cameniate montre, après la soumission des Bulgares et des Slaves au neuvième siècle, Tagriculture développée dans la Macédoine, le commerce y versant l'or, l'argent, les produits de l'Inde et de la Chine, les étoffes de soie ta è^ 2-np(ùv i;(pâ<y/uiaT«, et il raconte que les Arabes s'emparant, sous le règne de Léon IV le Sage, de la ville de Thessalonique, où les Normands au douzième siècle devaient trouver de la soie, refusèrent les tissus de laine pour n'emporter que

(\ ) Libaoius^ Oratio montra Florent (2) Cod, Theod. lib. xiii, tit. 1, lex21.

*0 HISTOIhB DE LA SOIE-

les tissus de soie et les tissus de lin aussi fins que les toiles d'araignée (1). Après l'expulsion des Arabes, le commerce de Thessalonique reprit son activité , et c'est ce qui arrivait, lorsque lesprovinces d'Asie ou d'Europe se trouvaient délivrées des peuples ennemis qui, des quatre points cardinaux, venaient tour à tour s'abattre sur ce malheureux empire grec pour consommer sa ruine. Constantinople était le centre autour duquel gravitaient les autres villes ; c'était le foyer de tout le commerce. Sa position particulière lui en assurait le béné- * fice; et seule, d'ailleurs, elle a échappé à la souillure d'une invasion barbare. Là, aucune interruption des relations commerciales avec l'Inde et l'Asie orientale : et en réalité cette interruption était impossible. « Il en QSt souvent des besoins factices comme* des besoins réels : dès qu'ils sont évidents et généraux, ils doivent être] satisfaits, et les obstacles disparaissent devant le génie patient et inventif de l'homme. Les sujets des empereurs de Constantinople ne pouvaient supporter la privation de productions depuis longtemps devenues pour eux un objet de première nécessité (2). » Lorsque les communications avec l'Inde et la Chine, par la mer Rouge et par le golfe Persique, furent interrompues, les commerçants grecs ne trouvant pas l'industrie indigène organisée pour leur fournir les soieries en suf-

(1) Script. Byzant.post Theoplianem^ p. îJ65, in-f*, 4685» (t) Pardessus, Introduction aux lois maritimeB, p. 59.

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