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dans les rapports entre les divers Etats de TAsie centrale^ donnent la raison de la brusque et longue interruption que Ton remarque postérieurement dans les relations directes entre l'empire grec et Tempire chinois.
Dans la seconde moitié du huitième siècle, en effet, les Thou-fan, ou Tubétains, réussirent à s'emparer des riches contrées situées entre les monts Bolor et la Chine, contrées soumises aux Turcs et aux Chinois, et dans lesquelles ils faisi^ent depuis longtemps de fréquentes invasions. La route centrale, celle qui avait été ^ toujours^laplus fréquentée, se trouva ainsi interceptée. En même temps l'autorité des rois de la dynastie des Thang s'affaiblit ; des guerrejs entre les diverses tribus turques, et des révoltes contre la suprématie des empereurs chinois rendirent l'accès de la Chine difficile et périlleux. Plus tard, après l'expulsion des Tube tains de l'Asie centrale au neuvième siècle, les relations de l'empire grec avec la Chine ne furent pas reprises, parce que le commerce de TAsie se trouva tout entier à cette époque entre les mains des musulmans; parce que d'ailleurs les Khazares s'étaient faits les pourvoyeurs de l'empire grec et qu'il devenait inutile de braver les dangers d'une longue route. Il faudra attendre la fin du onzième siècle pour trouver dans l'histoire de la Chine l'arrivée d'une ambassade grecque.
Il est remarquable que les relations commerciales en-
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tre l'orient et l'occident de l'Asie, quels qu'en soient les intermédiaires, tendent constamment à être reprises et maintenues. Quelques-unes de ces nombreuses guerres dont l'histoire des Turcs renferme le récit fastidieux, prouvent elles-mêmes l'importance que les peuples de l'Asie centrale attachaient à ces relations» Ainsi de Guignes donne pour cause à une guerre qui éclate au huitième siècle entre les Ouigours et les peuples du Haraschar la tentative faite par ces derniers pour établir une communication directe avec la Chine à travers le désert de (robi (1 ).
Les besoins commerciaux sont plus puissants que les inimitiés politiques ; les blocus et les prohibitions douanières n'ont eu pour résultat chez les peuples modernes que de surenchérir les objets sans empêcher le luxe de se les procurer. Au neuvième, au dixième, au onzième siècle, malgré l'anarchie qui désola la Chine, malgré la lutte continuelle entre les Hoei-hou ou Ouigours et les Hakas ou Khirghiz, malgré les guerres des Musulmans avec les peuplades de l'Asie centrale, malgré les discordes intestines dans l'empire des Khalifes, des caravanes transportèrent les soies et les soieries à travers l'Asie et les livrèrent à l'empire grec.
Un seul changement doit être noté entre le corn* merce des soieries tel qu'il existait au huitième siècle
(4) De Guignes^ Histoire des Huns, tom. ii, p. 476.
et le commerce des soieries du dixième siècle, c'est que la majeure partie des soieries dont on trafique au dixième siècle, ne sont plus des soieries chinoises. L'industrie de là soie a progressé et s^est développée dans les contrées soumises aux Arabes ; et, en raison des difficultés qu'offrent les transactions commerciales avec Textrême Asie, ce sont les soieries et les soies du Kborassan, du Djordjan, du Tabaristan et de la Perse qui alimentent le commerce et se substituent aux produits chinois.
Avant de suivre ce développement de Tindustrie de la soie chez les Arabes, nous devons Tétudier dans TAsie centrale. Là, depuis le quatrième siècle, époque à laquelle nous avons vu les vers à soie introduits dans le Khotan, Tindustrie séricicole napas cessé de progresser. On est frappé, lorsqu'on lit les voyages de Hiouen-Thsang et les renseignements géographiques laissés par les écrivains de la dynastie des Thang, du contraste entre Fabondance des soieries dans les royaumes de l'Asie centrale, et leur rareté dans lesroyaumes au sud de rHinialaya. Le savant pèlerin boudhiste reçoit du roi de Kao-tchang , royaume situé au nord de la petite Boukharie, cinq cents pièces de satin et de taffetas (1); il reçoit du Khakan des Turcs , campé à Sou-tche , près du lac Issikoul, cinquante pièces de soie (2), tandis que le roi de KabouF lui offre en présent cinq piè-
(4) Vie de Hiouen Thsang^ p. 40.
(2) Ibid,, p. 68.