‹ Histoire de la soieChapitre 40 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. I

ces de soie unie (1); et les rois indiens ne pourront lui donner que des étoffes de coton (2).

Evidemment, cette différence provient de ce que Ton produit de la soie et des soieries dans TAsie centrale. Nous ne voulons certainement pas placer llnde en dehors du rayonnement du commerce des soieries. Nous avons montré les étoffes chinoises apportées vers le haut Indus, et répandues ensuite dans les contrées que baignent llndus et le Gange. Elles figurent encore, mêlées avec les soieries de TAsie centrale , parmi les marchandises exotiques rares que les négociants livrent au luxe des Indiens des bords du Gange, et nous ne nous étonnons pas de les trouver dans le Kanyakoubja, au dire de Hiouen-Thsang (3) . Mais nous constatons que les soieries n'étaient pas produites dans Flnde au septième siècle, et que les tissus indigènes, d'après les renseignements des mêmes voyageurs, sont des tissus de coton, de laine fine et de soie sauvage, Kiaoche'ge{i). Nous remarquons, en outre, que postérieurement au septième siècle aucun nouveau renseignement ne vient modifier ceux du pèlerin chinois ^ il n'est question, ni de soie indienne, ni de soieries indiennes dans le commerce que font les Arabes avec l'Inde du septième

(1) Vie de Hiouen Thsang^ p. 75.

{%)lhid., p. 101 et 545.

(3) Mémoires sur les contrées occidentales^ p. Î43. — Voir, sur la carte, la position du royaume de Kanya-koubja.

(4) Ibid,, p. 68.

au douzième siècle* Nous pouvons donc, avec quelque raison, limiter la marche du ver à soie chinois de Test vers Touest, entre le 33* degré et le 43« degré de latitude.

Mais entre ces limites quelle rapide extension prend rindustrie de la soie en quittant la Chine ! Dès le septième siècle les satins et les taffetas abondent dans le royaume de Kao-lchang, àHami, à Kouscham (1); les habitants de Kou-tche se vêtissent d'étoffes de soie brochée (2); ceux de Khashgar excellent à fabriquer de riches tapis (3). a Dans le royaume de Khotan, les habitants sont habiles à filer la soie et à en fabriquer de belles étoffes ^ peu de personnes portent des vêtements de laine ou de peau . le plus grand nombre se

vêtit de soie ou de coton (4). » Si nous interrogeons les écrivains postérieurs à Hiouen-Thsang , nous voyons au neuvième siècle chez les Hakas, comme chez les Turcs du septième siècle (5), les étoffes de soie être d'un usage général ; les femmes se vêtissent de

(1 ) Docume7its géographiques som la dynastie des ^hang, traduct. de M. SlaD. JuiieQ, à la fin de la vie de Hiouen-Thsang, p. 3S2.

(2) Mémoires sur les contrées occidentales^ p. 4.

(3) Doc^ments géographiques y p. 396.

(4) Vie de Hiouen-Thsang, p. 40.

(5) Hiouea-Thsang montre, à la cour du Khakau, SOO officiers velus de brocart. ViedeHiouen Thsang^ p. 55; et ou se rapelle le luxe des soieries chez Dizaboul.

Page 1