DEUXIÈME PARTIS, CH. I
dpu?iàine siècle, on trouve mentionnée comme prédominante dans la ville de Tyr l'industrie des verreries (1). Pour les musulmans Tyr est une forteresse et une ville maritime de premier ordre où ils construisent et abritent leurs flotte^,
C'est Antioehe qui a hérité du commerce et de l'industrie des soieries. Cette capitale de la Syrie rivalisait
{\) Edrisi, d»QssaGéograpbie> parle du verre excellent de Tyr. — Benjamin de Tudèie (trad. de Constantin l'Empereur. Elzevir 4633, p. 36) dit : « Hic degunt artifices qui vllrum prsesfantis- ■ ^ipaumcoQfîciunt^quod Syrii pomine célèbre est, quodqye in om« » nibus regionibusfit maximi.» — Guillaume de Tyr, lib. xm {(jesta B^per Francos^ p. 835), confirme ce renseignement: « Vilri genus » elegantissimum et in eodem rerum génère facile obtinens princi<* » palum, de arena quas in eadem planitie colIigitur> mirabiliter » conficitur, quod inde ad remolas etiam dilatum provincias, aptam » vasis mirabilibus et perspicuè sinceritate praecipuis materiam « prœbet; undeet nomen urbis loogè ad exteras nationes porfig[<> u tur célèbre etrauUiplici fœnore lucrum accrcscit institoribus. » Il ne faudrait pas croire que la fabrication du verre fût de date récente. La corporation des viirani est très-ancienne dans l'empire romain. Dès les premiers siècles ou faisait du verre à Alexandrie et dans les villes d'Orient comme aussi dans les villes d'Occident, car une inscription, recueillie par Orelli, sous le n» 4299, constate qu'un Carthaginois établi à Lyon élait fabricant de verreries, op/ea? artisvitriœ. Les couronnes récemment découvertes dans la fuente de Guarragai et regardées comme des offrande^ faites par les rois Visigoths d'Espagne à l'église de Sainte-Marie des Cormiers, nous ont conservé des échantillons de ces vitrifications anciennes. M. de Lasteyrie a le premier remarqué les fragments de verre rouge qui sont enchâssés dans les cloisons d*or, comine s'ils étaient des pierres précieuses. Ces couronnes sont maintenant au musée de Gluny.
M. Bock : ®ff{^i(ï;te fcer litutgifc^cn ©ewantet; p. 30, est d*avis
par son luxe avec Constantinople. Des foires célèbres (1) y attiraient, a des époques déterminées, un concours de plus de dix mille commerçants juifs, chrétiens, grecs, arméniens, syriens et égyptiens. D'ailleurs, la position géographique d'Antioche la favorisait tout particulièrement : tandis que Tyr est entourée de montagnes abruptes, tandis que Damas n'est qu'une oasis au milieu de déserts , Antioche est entourée de riches plaines qui se continuent dans la riante vallée qu'arrose l'Oronte. Elle est comme le débouché inévitable de tout le commerce de la Perse et de l'Asie centrale. Aussi, le pays de l'industrie séricicole c'est, sous la domination des Grecs
comme sous celle des Arabes,la Cœlé-Syrie, c'est-à-dire la contrée qui s'étend entre l'Antiliban et le Liban , depuis l'Euphrate jusqu'à la Méditerranée, et parmi les étoffes d'outre-mer célèbres en Europe durant le moyen âge, auprès des pailes d'Alexandrie les trouvères nommeront les draps de Syrie et en particulier les diaspres et les draps d' Antioche (2;.
que la ville de Tyr a conservé ses fabriques de soieries^ Xt^vis f^t ^tiunfiofft . Les mois de Tyrio qu*il prend dans Anastase le Bibliothécaire pour appuyer son opinion, nous ^semblent devoir être exclusivement appliqués à la couleur pSurpre. On conservait à cette nuance sa vieille dénomination de pourpre tyrienne, bien que môme cette industrie tinctoriale eût été transportée à Cons- , tanlinople.
(1) Gibbon parle de celles qui se tenaient à Abyla, tout près d* Antioche. The décline and faîl of the roman empire j liv. xiii. p. 946.
(2) M. Francisque Michel a réuni toutes les citations que pou-