‹ Histoire de la soieChapitre 41 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. I. Si · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. I. Si

drap de serge, de brocart, de tabis, de taffetas (\). Les villes de Nyan-si et Pe-thing font un grand commerce avec les Arabes, et les Hakas envoient une escorte audevant des marchands arabes, afin de les protéger contre les Hoei-hou (2). « La ville de Ghagfaan (Kou-tche) , dit Edrisi, située sur les bords occidentaux du lac de Ghaghan, est jolie et abondante en ressources et en productions. On y fabrique des étoffes de soie, et Ton peut s'y procurer de riches vêtements formés de fourrures; les marchands turks en importent considérablement dans le reste du pays des Turks (3). »

(4) Voiries détails donnés sur ce peuple à cheveux blonds, aux yeux bleus et au teint blanc, par Yisdelou, Supplément à la £ibliothéque orientale de d'Herbelof^ p. 78, et par Klaprolh, Tar' bleaux historiques de l'Asie^ p. 468 et suiv.

(t) Nous ne répétons pas l'histoire de ces merveilleux brocarts fabriqués par les Arabes, et dont une seule pièce formait la charge de vingt chameaux. Il en est question dans Klaprolh, Tableaux kistoriqy^Sy et dans Visdelou, Bibliothèque orientale. Il y a, évidemment, confusion, et, au lieu d*uije pièce de brocart, il faut lire une tente en brocart. C'est ainsi que, dans l'énumération des trésors des khalifes Mostanser, il est dit : a On distinguait, surtout, » une tente ^pelée la grande rotonde, soutenue sur une seule co- » lonnc qui avait 65 coudées de hauteur, 6 2/3 de diamètre et 20 » de tour. La tente avait 50 coudées de circonférence: elle était » formée de 64 pièces d^étoffes, qui s'attachaient les unes aux aun très avec des boucles et des agrafes. Il fallait cent chameaux » pour porter les diverses parties de cet édifice, avec les cordes, » les meubles et tous les ustensiles accessoires. » Quatremôre, Mémoires historiques sur V Egypte, p. 384 .

(3) Edrisi, Géographie^ trad. de M. Amédée Jaubert, t. ii, p. 245. Bien jiu'Edrisi ait écrit au douzième siècle, nous emprun-

Et, un peu plus loin, ce même géographe nous montre cette exportation atteignant des contrées plus orientales et plus septentrionales encore {i).

Entre les Hakas et les Ghinpis sont les Ouigours. Chez ce peuple, au dire d'un ambassadeur chinois, Vam-ye-te qui les visite au dixième siècle, les brocarts et les étoffes brodées sont réservés pour les riches vête- ments; les taffetas servent comme monnaie dans les échanges. « On y achète, dit-il, un bon cheval pour une pièce de taffetas simple^ et dix pieds de ce môme taffetas suffisent pour en avoir un méchant pour le service, mais bon à manger (2). » Or, ces Ouigours, c'est la nation forte, nombreuse, bien gouvernée (3), que les géographes arabes désignent sous le nom de Taghazghaz (4), et dont ils placent Tempire entre le Khorassan et la Chine. Ils appartenaient à la grande famille des Hoei-hou, que Ton trouve établie, du huilons, sans scrupule, les renseignements qu'il fournit. Nécessairement, ces renseignements s'appliquaient à une époque précédente, et ce n'est pas faire violence à la vérité historique que d'y chercher rélat de l'Asie aux dixième et onzième siècles^

(4 ) « Le roi des Kimakis revêt des vêtements tissera d'or. . . Les » plus considérables d'entre les habitauts s'habillent d'étoffes de » soie de couleur rouge et jaune. » Edrisi, Géographie^ tom. ii, p. 923.

(2) Supplément à la Bibliothèqvs orientale de d'Eerhelot^ par Visdelou et Galand, p. 437.

(3) Expressions de Massoudy, d'après M . Reiuaud .

(4) Reinaud, lniToducti(m à la Géographie d'Ahmlféda^^.Z^^» — Klaproth^ Tableaux historiques de VAsic, p. 229.

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tiéme au treizième siècle dans les contrées de TAsie centrale, depuis le lac Aral et le Jaxartes jusqu'aux frontières chinoises. Leurs relations continuelles avec la Chine et avec l'empire arabe, et la civilisation avancée de quelques-unes de leurs tribus (1), expliquent comment ils ont maintenu à la fabrication et au commerce des soieries une certaine activité. L'influence que les Arabes, maîtres dès le huitième siècle du Ma- Warào'n nahr et du Khorassan, c'est-à-dire de tout le pays compris entre la mer Caspienne et le mont Bolor, ont eue dans la généralisation des habitudes commerciales est très-remarquable. Môme avec les Ghozzes (les Kou-szu des Chinois), cette tribu turque nomadequi, sous la conduite de Seldjôuk envahira la Perse, la Syrie et l'Asie Mineure, un commerce est établi. La ville de Djordjania*, sur IrfDjaihoun (l'Oxus), devient un marché important où les habitants agricoles et manufacturiers duMà-Warào'n nahr et duKharizin achètent les pelleteries, les bestiaux, les esclaves que les Ghozzes amènent à travers les steppes du Kharizin septentrional (2). « Pjordjania, dit Edrisi, est l'entrepôt du commerce des Ghozzes^ et c'est de là que partent les caravanes destinées pour le Djordjan; anciennement,

(4) Une branche des Ouigours est devenue célèbre par son alphabet. Klaproth.^p. 4S5.

(2) D'Ohsson, les peuples du Caucase^ p. 447. — Ibn-Haocal : Géographie^ trad. par Ouseley, p. 240. — Reinaud, Introduction à la géographie d*Aboulféda^ p. 36aet366.

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