DEUXIÈME PARTIE. GH. I
d'extension pour fournir des étoffes à une exportation quelconque; ces pays intermédiaires sont restés tributairesde la Chine d'abord, puis du Khorassan*
A nos yeux, les véritables producteurs de soieries en Asie, ceux qui fournissaient ces étoffes à l'exportation pour l'Occident, ce sont du septième au neuvième siècle les Chinois, et du neuvième au treizième siècle les Arabes.
La Chine, en effet, demeure le véritable pays de la soie (1), et, comme l'observe M. Reinaud, le principal objet du commerce qui se faisait à travers l'Asie, c'é^ tait la soie de Chine (2) .
Avant de rechercher quelques renseignements con* tatant Tabondance de la soie et des soieries dans la Chine, nous avons à noter un fait très-important : c'est que, dès célk époque, la soie jauneest acquise à F industrie et au commerce. Nous en avons la preuve dans le témoignage irrécusable de Théophylacte Symocathe, Parlant des Taugas qui sont voisins des Turcs et qui habitent au delà de la Sogdiane et de la Bactriane, l'écrivain byzantin dit : « Il y a chez eux beaucoup de bombyx qui fournissent une grande quantité de soie de différentes couleurs. Ces barbares portent dans
(4) Epb tS>v ii(XXb>v, dit aussi Ëustathuis, iadiquaot la prééminenee des Chinois dans l'industrie de la soie (passage déjà cité, p. 6ST.
(2) IntrwJku^tion à la Géographie d^Aboulféda^ p. 370.
réducation des vers à soie des soins et une intelligence remarquables (1). »
Ainsi, à peine un siècle s'est écoulé depuis que le ver à soie chinois, le ver à soie à cocons blancs, a été introduit à Byzance, et^déjà Ton trouve lanotion de plusieurs colorations, 7roixtiy)v xp^^^ pour le fil précieux. Le cocon jaune , conformément à la préparation révélée parles moines persans à Justinien, a été dévidé au lieu d'être filé • et le ver à soie qui le produit a été, de même que le ver à cocons blancs, soumis à une éducation régulière. De là, un nouvel état de choses pour l'industrie de la soie.
. A la notion laissée par Théophylacte, se joignent les renseignements que fournissent les géographes arabes du dixième siècle, pour confirmer notre supposition (2) de l'origine occidentale des vers à soie à cdUns jaunes. On lit en effet, dans Alestakry et Ibn-Haucal (3), d'une part, qu'il y a en Arménie des vers à soie vivant à l'état sauvage (4) et fournissant une soie qu'on exporte en
xG) TOioiJTa) à'OvEi TzàXkoi IvaXXaÇ xa\ TroixfXrjv t^v ./^poiàv xexT]^[jL£voi, xriv T£ 7isp\ là TOiooixa ^dioi. çiXotéj^^viav «piXoxfpLiov àoxouaiv o\ pdtp6apoi. Theophil., lib. IX.
(2) Voirlom. i, p. 75.
(3) Nous sommes redevable de ce renseignement à la complaisance de M. de Goeje, qui a consulté les textes arabes.
(4) Il est assez curieux de rapprocher de ce passage d'Ibn-Haucal, signalant les vers à soie sauvages en Arménie, la tradition chinoise qui place dans le Ta-Tsin, une fabrication de soieries faites