DEUXIEME PARTIE. GH. I
Plus loin il est question des funérailles du maître de la loi : « Les fabricants de soie du marché de TEst en avaient employé trois mille pièces de différentes couleurs pour former le char du nirvana qu'ils avaient orné de fleurs et de guirlandes chargées de pierres précieuses (1). »
Cette «grande consommation donne une idée de ce que pouvaient être et la production et l'exportation ; Tune et l'autre étaient favorisées par des conditions économiques qu'il importe d'apprécier.
Les Arabes qui parlent de la Chine, Soleyman au dixième siècle (2 \ Edrisi au douzième siècle (3j, en font un royaume idéal. Nombre considérable de villes opulentes, solfertile partout cultivé*et pas imposé, rêvenus énormes basés sur Ja capitation et sur la consommation du s|^ et du thé, richesse du pays attestée par Tusage d'une monnaie de cuivre dans les échanges, protection du commerce , gouvernement éclairé faisant régner Tordre et la justice, tel est le brillant tableau tracé par les voyageurs arabes. Les historiens chinois, moins enthousiastes, y jettent quelques ombres ; et,s*ils laissent aux règnes, auxquels les Arabes fo^t allusion, tout leur éclat, ils montrent le contraste des temps peu prospères qui les ont précédés ou suivis, et parlent de
(1) Yie tleWmen'Thsang^ p. 350.
(i) Chaîne des chroniques^ p. 38 à 47.
(3) Edrisi, Géographie, t. i, p. 91 et 400.
famines, d'emprunts forcés, de désordres de tout genre, en dehors de la grande révolte de Houang-tchao, cjui fut signalée par les Arabes eux-même^l).
Tout en ne considérant pas comme sans mélange la prospérité dépeinte par lii Arabes, il faut cependant reconnaître que la Chine est le foyer d'où la civilisation rayonne dans toute TAsie. C'est son exopple et son influence qui ont déterminé les peuples nomades de TAsie centrale à adopter une vie sédentaire ; ce sont ses colonies qui ont amené radoucissement de leurs mœurs, et c'est au contact, pour ainsi dire journalier de sa civilisation, qu'ils ont pris le goût du luxe et les habitudes commerciales. Nous ne pouvons oublier qu'une alliance matrimoniale entre une princesse chinoise et un prince de Khotan a *été la source de l'industrie de la soie pour la petite Boukharie et pour l'Asie occidentale. Enfin, le retour si prompt de l'ordre et de Ja prospérité , après les années désastreuses , n'est-il pas lui-même une preuve des grandes ressources que possédait la Chine ?
Nous ne croyons donc pas nous écarter de la vérité en empruntant aux écrivains arabes l'exposé des lois et des coutumes qui régissaient dans FEmpire Céleste
0) Voir le récit qu*ea donne Abou-Zeyd, Chaîné des chroniques, p. 63 et suiv.
Pour tout ce qui concerne rhf&loire de la Chine à cette époque, rhisloire de la grande dynastie' des Thang, par le P. Giubil, offre un vif intérêt.