‹ Histoire de la soieChapitre 54 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. II

T'Asie, les Arabes se trouvèrent nécessairement mêlés dés le principe à ces expéditions maritimes ; les Persans et les Egyptiens s abstenaient alors de tout comm erce 'maritime et abandonnaient aux Arabes Texploitation des mers qui environnent T Arabie. Après que les GrjBcs eurent été dépossédés par les Persans de leur prédominance dans le^ mers asiatiques, les Arabes conseç||èrfnt leur même rôle commercial, de sorte que aé tout temps, les navires et les marins arabes ont paru sur les côtes de T Asie méridiwiale et ont suini les progrès de la navigation ver§ TEst.

C'est entrer dans le sujet de notre second chapitre que d'esquisser les relations maritimes, au moment de la toute-puissance des Arabes, entre les différent^ contrées que baignent les mers dé Tlnde et de la Chine; caria Chine, grand centre de production de soie et de soieries au moyen âge, les livrait nonseulement au commerce par terre, du coté de ses frontières occidentales, mais aussi au commerce par mer. Le commerce maritime des Arabes nous intéresse donc, en le limitant toutefois à ce qui concerne rimportation des soieries chinoises wi Occident. Constatons d'ahc^rd que ces relations maritimes avec la Chine prennent dès le début un caractère parti-* culier : elles s'établissent en dehors de Tadion du gouvernement. Elles profitent, il est vrai, de la grande réputation qu'acquiert le nom arabe dans tout l'Orient,

af^ès la destruction du royaume de Perse ; mais elles sont Toeuvre de Vesprit commercial privé (1).

Les Mille et une Nuits, que leur origine soit persane ou arabe (2;,.jiépeignent parfaitement et les craintes qu'avaient inspirées ces mers lointaines et la persévérance de ces navigateurs, qui ne cessaient de remplacer par de Nouveaux navires ceux que les naufrages avaient détruits. Qui n'a pas lu dans le voyage de Sind-bad, les étonnants exploits de ce gigantesque oiseau de proie, le Rokh ? Faut-il rappeler ces montagnes aimantées qui, attirant les clous des Mvires. en disjoignent les ais et deviennent cause de leur perte ? ces monstres marin» que par le son des cloches on cherche à éloigner du bâtiment (3), monstres de tradition déjà ancienne, puisque Néarque, pour les écarter, faisait sqpner de la trompette ? ces trombes, ces typhons, ces volcans sous-marins (4)

(\) Sluwe : î^ic ^anbel «jûije bec 9lrabet, p. 294 .— Les khalifes arabes n*out pas cherché à maintenir des 0ottes dans les mers asiatiques comme dans la Méditerranée. Ainsi, malgré le succès qu*avait eu une expédition maritime faite par Omar contre le Sind, on ne voit- plus celle tentative se réitérer: c'est par terre que sous le khalife Vand, Mob'imme'd, fils de Cassens, conduit son armée vers l'Indus. Voir M. Reinaud, fragments arabes et pei'sans, p. 99. 482, 491.

-, (t) M. Reinaud, In^rodt(c/ion à la géograhie d'Abovlf^da, p. 135.

(3) Reiffton des voyages faits par les Persans et les Arabes dans Vlnde et àla Chine, tom. I,p. 8, édit. in-42.-La relation dont M. Reinatjd donne le texte et la traduction est intitulée Chaîne des chroniques.

J)EU]L.1ÈME PARTIE. Cit. M. 119

dont ies récils tiennent du merveilleux i' « Ce aonl probablement les dangers qu'offrent les mers orientales, observe M. Reînaud (1), qui ont fait penser A quelques docteurs musulmans qu'uTi homme de bon sens ne peut pas songer à se mettre en mer et que toute personne qui s'embarque devrait être privéede ses droits civils. »

On les bravait cependant, et si quelque chose peut rendre plus étonnante la hardiesse des navigateurs arabes, c'est l'imperfection de leurs navires. « H part de l'Oman, dit Abou-Z«yd (2\ des hommes pour les iles où,- croit le cocotier ; ils apportent avec eu\ des outils de, charpentier et auti gués ; ils coupent le nombre de c< est nécessaire et quand le bois est s< en planches. En même temps ils tll

({) Introduction à la géographie iTAboitlféda, p..i79. Ces dangers n'étaient souveat que trop réeU. Le 37 juillet 1S6t, toul [écemmenl, ua typhon a causé d'immetiseg dég&U à Wampoa al ï Canton.

(!) ChaiJie des chroniques. Relation des vayayes , tom. i, p> 136. Vuir aussi les détails fournis par Albjrouiiy, dans la tradiiclion des fragments arabes et persans, par M. ReiDaud, p. 184.

Ces lies sont Ibs lies Laqaedives et Maldives sur lesquelles Cosmas avait d^jà signalé l'existence de nombreux cocotiers. Le fil fali avec les fibres se nommait hanhar. M. Reinsud, InlTVi^aetion à la géographie d'Aboulféda, p. 339. — Marco Polo parle de ces navires : • Ces néa qui ne sont pas clones avec des pointes eu fer, n mais cousus avec .des dis qu'on tire des noccM (fYndfs (noix > de l'Inde) . * iàil. de la Société de géographt», p. 3B .

IfO lllSTOlKli DE LA S(HE. -

eocolk'i' et en font des cordes qui sfervent à coudre ces planches ensemble. Avec les planches on forme le corps du navii-e et les mâtures ; avec les feuilles on tisse les voiles; aVcc les fibres on fait les câbles, d Les trous des sutures et *les interstices des planches sont calfatés à l'aide d'huile de jioisson (1). Le fer est soigneusement écarté jlans la construction du navire, par suite de la frayeur qu'inspiraient les montagnes aimantées.

On nous pardonnera ces détails si l'on considère que cette navigation dans les mers de l'Asie, quelque restreinte qu'elle ait été dans ses résultats, estrf'œuvre

irabes. Elle est l'histoire du commerce

s ce commerce les soieries se retrouvent

e temps Quelles épices.

I trop pauvre pour acheter un bateau, 'en loue un ; ou bien il part pour le compte de quelque riche capitaliste (2); et quel magique attrait ont pour lui ces riches contrées orientales ! Ecoutons-le : « Les mers de l'Inde et de la Chine recèlent dans leur sein la perle et l'ambre; et leurs montagnes fournissent des pierreries et des mines d'or. Les animaux portent à leur bouche de l'ivoire; la terre produit l'ébène, le bois de Brésil, le bambou, l'aloès, le camphre, la mus-

H) ChainedescliToniqueB, p. U6; el Introduction à la glograpkie d'Aboulféda,^. 4H.

(S) Slûwe, p. 391 .

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